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Cameroun > Révélations: Comment la tribu des « bouffeurs » de la République prépare Franck Biya pour succéder à son père

Contrairement aux apparences, l’après Biya se prépare fatalement, non seulement dans les rangs de l’opposition, mais aussi et surtout, au sein de sa propre famille politique, le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (Rdpc).

Par panorama papers
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Par René Mbarga

En 2020, qui avait bien pu laisser fuité le document ultraconfidentiel intitulé : «Stratégie de conservation du pouvoir au Cameroun, de générations en générations par le régime Biya-Rdpc». Nonobstant la mise au point du secrétaire national à la communication du Rdpc, Jacques Fame Ndongo à l’époque des faits ; la polémique continue d’enfler au moment où l’on prête à Paul Biya l’intention de passer Étoudi à son fils.

Contrairement aux apparences, l’après Biya se prépare fatalement, non seulement dans les rangs de l’opposition, mais aussi et surtout, au sein de sa propre famille politique, le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (Rdpc).

Dans le liminaire d’un fameux document Top secret, protocole des sages, on avait pu lire : « Chaque membre de notre tribu doit faire initier à qui il devra transmettre ce protocole sous la forme d’héritage confidentiel à circuler de père en fils pour l’éternité »

Et dès l’article 1 : « Nous avons la chance de faire partie de la tribu des initiés nationaux car, nous sommes une composition de toute les tribus.

Article 2 : Notre conservation du pouvoir exige que nous nous fassions remplacer par nos descendants. Et pour cela ils doivent être presque les seuls dans les grandes écoles ouvrant à la gestion politique du pays. »

En lisant ces fragments du document, il ressort clairement que l’admission, ces dernières décennies des fils des pontes du régime Biya à l’Enam et dans les autres écoles de pouvoir telles que : l’Emia, l’Iric et cetera… procède d’une stratégie savamment organisée, pour favoriser la reproduction sociale et in fine le grand remplacement dans différentes strates de la haute administration voire au sommet de l’Etat, tout court. On a par exemple comme Préfet dans le Nord, un certain Christian Sadi. Comme sous-préfet à Edea, un fils Fame Ndongo ; et à Dibombari Jean-Philippe Ngo’o Mebe.

Opposer les tribus, les unes aux autres…
Article 3 : « Les régions du Centre et du Sud renferment une multitude de groupes ethniques. Cependant, nous devrons tout faire pour que la communauté nationale les considère comme un seul groupe ethnique : « Les Bétis », « Ekangs » ou les « Bulus ». Ces trois mots doivent être imposés comme des synonymes. Notre tactique doit consister à faire croire aux Bétis qu’ils sont bénis par la providence du fait de la présence d’un grand nombre des leurs parmi nous. Les Bétis sont les plus grandes victimes de notre politique. Il y a de fortes chances qu’ils soient perçus à l’avenir comme un groupe ethnique des voleurs, des pilleurs de la République. L’ethnie des paresseux et de ceux qui trichent aux élections. Pour que les Bétis ne nous soupçonnent pas et ne se révoltent pas contre nous, nous devrons inventer un complot bamiléké qui les menace individuellement et collectivement. Ce qui nous permettra de faire diversion et de détourner leur attention. L’aliénation des Bétis par les affirmations selon lesquelles ils détiennent le pouvoir et que les bamilékés veulent s’en emparer est une priorité pour nous.

Pas de Président nordiste…

Dans le subconscient de toute la communauté nationale : « Nous devons tout faire pour que le Grand Sud du pays intègre que le grand Nord forme un grand groupe ethnique et est musulman dans sa majorité. Que l’idée d’une revanche des Nordistes hante à jamais les âmes des nôtres ! Evitons tout éloge médiatique qui pourrait donner l’impression qu’un nordiste est capable d’exploits intellectuel. Les favoriser dans l’accès aux écoles de formation. Le prétexte de l’équilibre régional est un moyen sûr d’entretenir ce mythe du nordiste incapable. Tout politicien visible du grand nord doit entrer en alliance avec nous ou disparaitre. On a cette chance que le bien-être des peuples du grand nord reste le dernier souci de leur élite ! Nous avons la chance qu’ils ne soient pas comme les bamilékés nos ennemis imaginaires. Nous devons tout faire pour qu’un nordiste n’accède pas au pouvoir avant au moins trois générations. Alors que la peur du bamiléké n’est qu’une pure tactique de conservation du pouvoir, la peur d’un pouvoir nordiste est réelle ! Et nous devrons considérer l’éventualité d’un pouvoir nordiste comme un péril grave. Vis-à-vis des autres citoyens, les nordistes doivent être perçus comme des êtres incapables d’évolution politique et intellectuelle, « des moutons » pour être plus précis. Aussi longtemps que possible, nous devrons éviter l’émancipation politique et intellectuelle des nordistes. Pour cela, nous devrons veiller à ce que les élus politiques nordistes soient toujours illégitimes. Frauder aux élections est le moyen le plus sûr. Ceci est rendu possible par l’absence du sens d’honneur et de dignité chez le nordiste. Ils n’ont pas assez d’intelligence pour s’étonner de ce qu’ils nous votent à 100% par endroit mais leur localité reste dans la misère totale. Nous devrons faire perdurer cette situation. Il faut tout faire pour que les nordistes ne prennent jamais conscience de ce qu’ils seront les premiers bénéficiaires d’une décentralisation poussée ou du fédéralisme. Même le dernier d’entre eux devra être convaincu que le changement de régime signifiera sa perte.

Les Bassas aiment l’argent et les strapontins ministériels

En son article 35, ce protocole des sages énonce que : « Les Bassas sont inoffensifs dès qu’on leur tend un poste de gouvernement. C’est la même chose quand on leur donne l’argent. Pour sacrifier les vœux de la jeunesse en dispersant leur voix à une élection. Nous devrons savoir qu’ils ne sont pas capables de se battre pour une cause pendant longtemps. Ils se trahissent très facilement. Les divisions de l’Upc en sont une preuve. Ceci est un atout pour notre conservation du pouvoir. »

Pour l’Est, nous devrons leur faire croire qu’ils sont de l’ethnie Béti et tous les principes à appliquer aux nordistes restent valables pour eux.

L’élite politique…

Nous devrons veiller à ce que l’élite politique des autres soit toujours illégitime. Pour ce faire, nous devrons faire admettre nommé à un poste de responsabilité représente son groupe ethnique. Mais ne jamais nommer quelqu’un qui a la sympathie des siens. Toujours nommé celui qui est détesté par les siens. Tout élu devra être illégitime. Pour cela, nous devrons, même dans nos propres rangs, favoriser la victoire du moins populaire afin qu’il nous doive sa victoire. Il n’existe pas un moyen plus sûr pour obtenir la fidélité. Du chef de service au ministre, on ne doit jamais nommer quelqu’un qui a des soutiens politiques non fabriqués par nous-mêmes.

Pas d’anglophone à Etoudi…

Article 26 : « Gardons à l’esprit que les accords auraient été passés entre la France et l’Angleterre, accords par lesquels cette dernière renonçait à toute revendication historique sur le Cameroun anglophone. Et d’autres accords auraient été passés entre le Cameroun francophone et la France pour que jamais un anglophone ne devienne Président de la République de ce pays. C’est dans cette optique que la victoire de Ni John Fru Ndi fut détournée en 1992 sans que l’Angleterre ne trouve à dire. »

Article 28 : « Les anglophones se plaignent de leur marginalisation, mais avec le soutien de la France, la menace est moindre ».

Fort à propos, on se souvient déjà qu’à l’initiative de Tibor Nagy, l’ancien Monsieur Afrique de l’administration Trump, une réunion informelle s’était tenue au conseil de sécurité de l’Onu, le lundi 13 mai 2019, au sujet de la crise anglophone. Malgré la détermination de ce dernier à mettre à mal le régime de Yaoundé : « la guerre civile qui se déroule dans les faits »dans les parties occidentales du Cameroun, « où, fondamentalement, les anglophones se battent pour leurs droits (…) et où, malheureusement, le gouvernement n’a pas répondu d’une manière qui apaise les peurs des Camerounais »

Sans le soutien formel de Paris, Washington qui s’était heurté au parapluie diplomatique de la France avait dû rebrousser chemin. Ceci étant, c’est en désespoir de cause, que l’ex locataire du bureau ovale Donald Trump avait le 1er Novembre 2019, frappé du poing sur la table en excluant le Cameroun de l’Agoa African Growth and Opportunity Act au prétexte que de graves violations des droits de l’homme étaient commises par le régime de Paul Biya au Noso.

Au sujet de la crise qui fait de nombreuses victimes, dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, il est écrit blanc sur noir : « D’ailleurs, Dieu a plusieurs fois détruite la race humaine pour la reconstruire. Donc dans cette guerre de notre parti politique contre les anglophones, le nombre de morts ne doit pas compter. Seuls comptent les vivants actifs ».

Article 30 : « Il faut éviter toute forme de pitié pour les anglophones de la part des francophones. Comme les bamilékés, les anglophones doivent être suspects devant chaque francophone. L’élément de culture anglaise devra disparaitre. Surtout chez les anglophones du Nord-ouest. Les anglophones du Nord-ouest sont essentiellement bamilékés. Ceux du Sud-ouest sont sawa et autres…Mais, nous devons les empêcher d’en prendre conscience. »

S’agissant des dualas : « Les douala (la tribu des Mbo majoritaire dans le Moungo est totalement inoffensive. Nous le noyons alors dans douala vue comme tribu) sont inoffensifs dès qu’on leur accorde quelques faveurs en leur disant que Douala c’est le chez eux, pour les conserver avec nous, nous devons veillez à ce qu’ils ne deviennent jamais détenteurs de mandat électif en gagnant des élections. Nous devrons toujours les imposer à la tête des structures afin que le peuple les perçoive comme d’éternels assistés ».

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