LA UNE Opinion Politique panorama 6 avril 2020 (0) (754)

Cameroun > Sdf: La descente aux enfers

Partager

La haute juridiction à la vérité, va simplement officialiser la victoire du parti au pouvoir, le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (Rdpc) qui a remporté la totalité des 13 sièges en compétition.
Cela est connu et certain depuis le 02 avril dernier du fait du rejet par le Conseil Constitutionnel des 12 recours en nouvelle annulation de ces élections introduits par le Social Democratic Front (Sdf) qui était en lice dans toutes les circonscriptions concernées.
Cette juridiction qui avait annulé à l’initiative du Sdf les premières élections organisées dans ces lieux le 09 février 2020 notamment parce qu’elle a jugé que de nombreux électeurs avaient été privés de la possibilité de voter, a finalement estimé que les nouvelles réclamations du parti de la balance qui affirme avoir constaté les mêmes faits, voire pire sur le terrain le 22 mars 2020, n’étaient pas justifiées.
Conséquence, le Sdf n’a remporté aucun des 13 postes de députés en jeu dans ce qui a longtemps été pour lui un fief électoral, et son nombre de députés à l’Assemblée Nationale reste bloqué à (05) cinq, contre (18) dix-huit dans la précédente législature.
Le taux de participation à ces élections est de 09,5% avec des circonscriptions dans lesquels moins de (1000) mille personnes ont voté, inclus le vote des soldats déployés sur place, sur des dizaines de milliers attendus à l’instar du Lebialem dans la région du Sud-Ouest. Dans un arrondissement comme Batibo, qui compose avec Mbengwi la circonscription de Momo –Ouest dans la région du Nord-Ouest, seuls 120 votes ont été enregistrés sur les dizaines de milliers attendus.
Les groupes armés séparatistes qui combattent les forces de défense et de sécurité camerounaises dans les régions anglophones en proie à une grave crise sociopolitique sans précédent depuis octobre 2016, avaient menacé de représailles toute personne qui allait voter.
Le Sdf peut donc légitimement croire que sa nouvelle défaite électorale est liée à la faible participation des électeurs et particulièrement ceux qui pouvaient lui être favorable.
Mais, le parti et singulièrement ses candidats ne pouvaient ignorer que la participation serait faible à cause de la situation de crise qui prévaut sur le terrain.
C’est pourquoi une certaine opinion y compris des militants du parti avaient pensé à tord ou à raison que l’annulation des élections organisées le 09 février à certains endroits considérés autrefois comme des bastions du Sdf, relevaient plus d’un arrangement politique qu’autre chose, dans le but de donner des sièges supplémentaires à cette formation politique afin de lui permettre d’être en capacité de constituer un groupe parlementaire à l’Assemblée Nationale.
Par ailleurs, il ne fallait pas forcement s’attendre à un miracle comparativement au score réalisé par le candidat du Sdf à la dernière présidentielle du 07 octobre 2018 dans ces régions, alors même que le contexte de l’époque sur le terrain n’a véritablement connu aucun changement.
En tout cas, cet autre échec électoral coûtera cher aux finances, du parti relativement au financement public annuel des activités des partis politiques qui est attribué au prorata des résultats électoraux les plus récents, notamment des législatives et les municipales.
De même, la décente aux enfers du Sdf aura une incidence sur les finances de certains hauts cadres du parti qui s’étaient habitués à un certain train de vie grâce à leurs positions dans des institutions du fait de leurs qualités d’élus.
Au finish, les calculs politiques restent et demeurent de simples probabilités.


Partager

Leave a comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *