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Afrique - 10 décembre 2021

Cameroun > Sérail: Maurice Kamto le cauchemar

C’est Chaqueta pratiquement une tradition chaque fois que le leader du Mouvement pour la Renaissance tousse.

Hier au cours de sa traditionnelle rencontre avec les gouverneurs des régions pour sécuriser les festivités de fin d’année et surtout la Can Total Energie2021, le leader du Mrc a occupé une place de choix dans le speech de circonstance du ministre de l’Administration territoriale.

Expulsé de Douala dans les conditions qu’on sait, suivi de son point de presse au siège de son parti à Odza à Yaoundé, l’évocation de Maurice Kamto au cours de cette réunion sécuritaire indique à souhait que les pouvoirs publics biaisent quelque part la vérité sur les capacités réelles et inavouées de cet homme politique. Paul Atanga Nji comme à l’accoutumée dans les pratiques dépréciatives du pouvoir vis-à-vis de l’opposition, commence par indiquer qu’il est politique hors-jeu et qu’en plus il n’a pas les moyens de faire quelconque bagarre.

« Avant d’entrer dans cette salle, on m’a signalé qu’un homme politique, président de parti politique qui aurait déclaré dans certains médias qu’il est prêt pour la bagarre. Je ne connais pas de quelle bagarre il parle. Mais je voulais aussi dire qu’il faut avoir au moins les mains et les pieds pour faire la bagarre. Les mains et les pieds pour faire la bagarre ce sont les députés à l’Assemblée nationale, les sénateurs au Sénat, les maires dans les communes et les conseillers régionaux dans les régions », dit-il, croit-on savoir pour le railler comme il est de coutume.

On se souvient que le chef de l’Etat en février de l’année dernière, alors que le Mrc avait appelé au boycott des élections couplées, législatives et municipales, le chef de l’Etat avait mobilisé le concept de petit parti.

Atanga Nji reste fidèle à cette posture et va plus loin en indiquant que lorsque « vous n’avez pas cette représentation politique, je dirai que vous êtes politiquement hors-jeu, et si vous faites de l’agitation ça veut dire que vous voulez tout simplement perturber l’ordre public ». Cette sortie du patron de la sécurité intérieure du pays suscite deux interrogations. Est-il en train de signifier que toute manifestation de parti politique qui n’a pas d’élu est une agitation politique ?

Ou bien met-t-il en garde tout parti politique de s’engager dans quelconque manifestation au cours de la période de la Can au Cameroun. La première question revient précisément à savoir ce que peut le Mrc aujourd’hui, le « parti hors-jeu ». A ce niveau Atanga Nji avoue tout de même que cette formation politique peut servir le vent et la tempête au pouvoir, mais ajoute que la réplique sera décuplée par rapport à l’initiative.

« A celui-là qui dit qu’il veut la bagarre, je veux être une fois de plus être clair. S’il veut nous servir le vent, nous allons lui servir la tempête, s’il veut nous servir la tempête, nous allons lui servir la Tsunami. Je voudrai que ce massage soit bien compris », martèle le Minat. Il va plus loin dans ce sens en confiant que le rouleau compresseur ne va plus s’arrêter quand il aura commencé. Faut-il intégrer la lourde condamnation des militants du Mrc mercredi dernier dans ce sillage ?

Au-delà de tout ce qu’on peut dire, Maurice Kamto qui est « politiquement hors-jeu », préoccupe au plus haut point les autorités si on en juge par la taille de la mobilisation des instruments de sécurité pour le contenir dans la ville de Douala. A son siège le vendredi 3 décembre 2021, le leader du Mrc soulevait un pan de voile sur ses capacités, visiblement amusé d’entendre dire que son parti est fini. « Qu’on nous laisse tenir un seul meeting dans quelconque endroit du Cameroun et on verra », a-t-il lancé comme une sorte de défi à l’endroit des autorités publiques.

La Can ou la fin des activités politiques ?

A la deuxième interrogation, celle de savoir si le Minat interdit toute manifestation politique au Cameroun au cours de cette période, on est enclin de répondre par l’affirmative. Sans l’avouer explicitement, Atanga Nji laisse comprendre que la Can n’est pas une période de joutes politiques. Il demande de ce fait à ses collaborateurs de prendre les responsabilités qui sont les leurs.

« Je voulais être clair, messieurs les gouverneurs des régions, pendant le déroulement de la Can 2022, aucun écart de comportement ne sera toléré, les Camerounais veulent la Coupe d’Afrique des Nations qui leur a été donnée par le chef de l’Etat. C’est un moment festif. C’est un moment de joie. Ce n’est pas un moment de joutes politique », prescrit-il comme une sorte de guide.

Dans le même sens, il se fait plus précis en leur demandant « d’encadrer les populations, les hommes politiques, les leaders d’opinion ». Pendant cette Can, poursuit-il, « les étrangers viennent chez nous, nous allons donner la meilleure image de notre pays ». Comme pour adresser la principale menace identifiée par le pouvoir, le Minat réitère : « Je dis bien ceux qui parlent de bagarre, ils doivent avoir les mains et les pieds prêts ». Kousséri absent du speech de « l’envoyeur des serpents affamés », aura donné plus de poids à l’évidence que Maurice Kamto est une préoccupation cauchemardesque pour le pouvoir.

Léopold DASSI NDJIDJOU

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