Par Pierre Laverdure OMBANG
Le « tchoukouri » est un produit utilisé en cuisine autrefois pour préparer des soupes, du fait de l’ accès difficile au sel de cuisine. Aujourd’hui, cet ingrédient est sinon le plus demandé et recherché dans une grande partie du grand-nord du Cameroun. Les tenancières de gargote , renseignent que il est le plus demandé par les consommateurs de ce bouillon de viande de poule très communément appellé « Poulet tchoukourisé » au rendez dans tous les lieux de beuveries et même de rencontre gastronomiques traditionnelles.
Alors que le changement dans les habitudes alimentaires est en bonne voie et que les mets locaux retrouvent progressivement la confiance des consommateurs et leur place dans les assiettes en milieu urbain. Une note du sous – préfet de l’arrondissement vient alerter sur la consommation du poulet dit ”Tchoukourisé”. Une sorte de menu du terroir fait a base de poulet et de potassium traditionnel appelé communément tchoukouri.
Dans son communiqué Souaibou Zourmba, le sous-préfet de l’arrondissement explique que la fabrication de cet ingrédient très prisé par les populations de son arrondissement serait faite par ”certains individus en y ajoutant de l’engrais qui est un produit toxique pour les humains dont la consommation expliquerait ”les maladies rénales dont souffrent de plus en plus les populations de yagoua ”. Tout en demandant aux fabricants de cesser de faire ce mélange , celui invite ” les populations à la prudence quant à l’achat de ce produit qui est de nature à altérer leur état de santé ”.
Cependant , le « poulet au tchoukouri » encore appelé « poulet tchoukourisé » gagne de plus en plus du terrain. Ce plat très prisé à même bénéficier en effet, de l’appui de Inades-Formation, une organisation non gouvernementale très connue dans son programme de promotion de la consommation des mets locaux, tant en ville que dans les campagnes, afin d’accompagner la production à une échelle plus grande de nos vivres et soutenir la souveraineté alimentaire en Afrique.
Dans un article publié sur ce plat ,l’ONG assure avoir ” mené des actions d’information et de sensibilisation en direction des producteurs, transformateurs, consommateurs et des partenaires au développement. Et la sensibilisation porte des fruits !”
Le « tchoukouri » qu’il présente comme autrefois utilisé par nos mamans du village pour préparer leurs soupes, du fait de leur accès difficile au sel de cuisine. Aujourd’hui, cet ingrédient est recherché par les tenancières des gargotes qui ont pour activités parallèles, la vente du bouillon de viande et du poulet au « tchoukouri ».
Expliquant que cette nouvelle tendance, pour les consommateurs, trouve leurs justifications nombreuses. dans le fait que le « tchoukouri », sel traditionnel extrait des tiges de mil brûlées, est naturel et plein de vertus. Ici on lui accorde même le pouvoir scientique de lutter contre les vers intestinaux et de faire baisser le taux d’alcool, donc de fait ” indiqué pour les personnes qui souhaitent prolonger les soirées avec leurs invités et amis ; d’autres estiment que non seulement le « tchoukouri » permet d’avoir un poulet bien cuit, donc facile à digérer, mais il remplace valablement le sel de cuisine et surtout le cube maggi dont les méfaits sont aujourd’hui décriés.”
Sauf que avec la consommation abondante de ce plat aux vertus thérapeutiques toutes trouvées et donc prisé par les populations de l’extrême -nord et même au delà n’est plus qu’une seule habitude alimentaire mais un rituel désormais. Ce qui prouve en effet pour certains, que ce met local retrouve progressivement la confiance des consommateurs et sa place dans les assiettes en milieu urbain et à encore que besoin totale de l’adhésion des populations urbaines à ce souci de souveraineté alimentaire.
Maintenant reste à sensibiliser sur la qualité du produit fabriqué pour la réalisation de ce plat ” hautement ” traditionnel ” qu’est le ” Poulet Tchoukourisé” dont l’imagination ”debordante ” des camerounais véreux pousse à ajouter à sa fabrication de l’engrais hautement toxiques pour les humains que nous sommes.