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Afrique - 29 avril 2021

Cameroun > Succession : Frank Biya n’a pas besoin de des  »Frankistes »

Âgé de 49 ans, si  Franck Biya veille néanmoins à ne rien trahir de ses intentions. Très discret, il fuit les médias et n’a jamais accordé d’interview. Son entourage s’applique également à démentir toute ambition politique.

Lors de l’élection présidentielle camerounaise de 2011, où il apparaît régulièrement dans les meetings politiques de son père. Il était déjà pressenti comme candidat à l’élection présidentielle camerounaise de 2018 mais ne se présente pas.

Très discret à l’image de son père , certain lui prête en cela une qualité pour succéder à son père . Le fait d’être le fils de président donne t’il à Frank Biya un gage pour diriger le Cameroun après son père ? Discrétion rime t’elle avec maîtrise des arcanes du pouvoir et du pouvoir ? La politique c’est bien plus que ça !

Qui est Frank Biya ? 


Emmanuel Franck Biya suit sa scolarité au Cameroun. Il étudie ensuite à l’Université de Californie du Sud (Usc) de 1989 à 1994, où il obtient un Bachelor double cursus en sciences politiques et en économie. Il effectue ensuite un stage de formation au sein de la Beac (Banque des États de l’Afrique centrale) à Yaoundé, qui porte sur la régulation monétaire des banques commerciales en Afrique Centrale.

Une Carrière professionnelle peu éloquente …

De 1997 à 2004, Emmanuel Franck Biya devient partenaire de l’entreprise d’exploitation forestière I.N.G.F. L’entreprise fera par ailleurs l’objet de critiques en 2003 pour abattage d’arbres en zone hors-limites de concession forestière. En cause, un périmètre de zone d’abattage mal légiféré[2]. En 2004, il fonde la société d’investissement Venture Capital plc.

Dans le cadre du sauvetage de Camtel, l’une de ses sociétés financières rachète des titres de créances Camtel en 2005 puis les revend avec plus-value en 2006 au gouvernement. Des associations dénoncent une opération d’enrichissement sur le denier public[3], des accusations auxquelles aucun tribunal ne donna suite.

Lors de l’élection présidentielle camerounaise de 2011, il apparaît régulièrement dans les meetings politiques de son père. Il est pressenti comme candidat à l’élection présidentielle camerounaise de 2018 mais ne se présente pas.

En 2021, de multiples articles de presse parlent de groupes qui le promeuvent comme potentiel remplaçant de son père à la tête du Cameroun. Emmanuel Franck Biya est le fils aîné de Paul Biya et de Jeanne-Irène Biya, défunte épouse du président camerounais. Il est marié et père de quatre enfants.

Imagination et rêve des Frankistes ….en quête de légitimité?

Faisant exception à la règle, à 47 ans, Franck Emmanuel Olivier Biya, le fils aîné du président camerounais, ne semble pourtant et visiblement  pas séduit à l’idée de succéder à son père à la tête du pays. Là où les fils de présidents se servent du cric paternel pour gravir les échelons dans la gestion des affaires, le premier fils de Paul Biya ne semble pas tenté par le pouvoir. Il fuit l’échiquier politique, ses combines, ses coups bas et ses jeux d’alliances. Plus encore, il n’a ni fonction ministérielle officielle, ni mandat électif et n’est membre reconnu d’aucune section du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (Rdpc, au pouvoir).

Si la succession de père en fils semble plus que jamais d’actualité avec celle récente du fils d’Idriss Déby Itno , après la.mort de son père ,  en Afrique centrale, l’idée du remplacement du père par son fils ne paraît pas si saugrenue que cela.  Les cas en sont légion , Ali Bongo au Gabon, Joseph Kabila en Rdc, sont tous des fils de présidents, devenus chef à la place du père après avoir été associés au plus près de la gestion étatique. D’autres sont sur le même chemin comme Teodorin Obiang Nguema, bombardé vice-président de Guinée-Equatoriale avec rang de chef d’Etat,  ou  encore Denis Christel Sassou Nguesso au Congo. Tous sont plus ou moins avancés sur la voie de perpétuation de cette règle salique de dévolution du fauteuil du patriarche à son fils.

Pour ma part, je ne pense pas vraiment qu’il soit dépourvu d’ambitions. Franck Biya a des ambitions politiques mais il sait les masquer derrière la timidité et la discrétion qu’on lui prête.

évalue Mathias Owona Nguini, analyste politique à la Fondation Paul Ango Ela de géopolitique en Afrique centrale, basé à Yaoundé

Si Franck Biya était intéressé par le pouvoir suprême, il ne serait pas en train de vivre très loin du pouvoir. Il serait à l’école du pouvoir, comme les autres fils de chefs d’Etat, qui occupent des postes clés.

ajoute cet observateur averti de la scène politique camerounaise et journaliste Magnus Biaga

L’affaire des titres Camtel, une belle casserole.


Tout est parti de la titrisation de la dette du Cameroun évaluée selon un audit rendu public en 2004 à plus de 1400 milliards de F cfa. L’État était débiteur non seulement des agents publics pour les salaires impayés, mais aussi de ses fournisseurs et des entreprises publiques, dont la Cameroon Télécommunications (Camtel). Cette dernière lui réclamait alors plus de 80 milliards de F cfa. Selon un accord signé en 2005, l’État s’engageait par conséquent à payer selon un échéancier précis : 24 milliards par versements mensuels de 200 millions en 105 mensualités jusqu’en 2015. Le solde, 56,7 milliards devait faire l’objet de titres négociables. Ainsi sont nées les obligations à coupon zéro. En paiement de la dette de la Camtel, 56 000 titres d’une valeur faciale de un million de F cfa chacun sont émis, dont la maturité était prévue entre 2011 à 2017.

À la suite d’un accord signé en 2005, Afrione Cameroun, société détenue par Franck Biya, acquiert  9400 titres préalablement mis à disponibilité d’une autre société détenue par le même Franck Biya, Sfa Ingénierie. Cette acquisition est réalisée à titre de nantissement après « main-levée » de Sfa. L’argent frais qui résulte de la transaction permettra à Camtel d’anticiper le remboursement du prêt de 4,7 milliards que lui avait consenti Sfa Ingénierie. Après avoir acquis les 9400 titres de Camtel, la société Afrione Cameroun va négocier et obtenir du ministère des Finances, émetteur des obligations, un paiement anticipé de celles-ci. Le procédé est dénoncé par une association locale qui saisit l’Assemblée nationale dans l’espoir d’obtenir la création d’une commission d’enquête parlementaire. En vain.

Afrione aurait pu attendre que les 9400 titres dont il était détenteur lui rapportent à maturité en 2014 un peu plus de 12 milliards de Fcfa. En sollicitant un paiement anticipé huit ans plus tôt, elle n’en a récolté que 6,58 milliards après décote en valeur faciale.

plaident les soutiens du fils du président camerounais

Ni Franck Biya, ni les dirigeants de Camtel et encore moins ceux de la Caisse autonome d’amortissement n’ont réagi à la suite de cette affaire.

La réalité …


Franck Biya n’affiche officiellement aucune ambition politique. Si on peut lui reconnaître sa discrétion , et son influence  auprès de son père, il reste fidèle à ses habitudes prenant  soin de s’entourer d’amis d’enfance et de proches, issus pour la plupart des milieux économiques et financiers. Une qualité qui lui donne de  de contrôler le pouvoir et non de l’avoir pour lui .

Armand Soussia

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