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Afrique - Afrique - 7 janvier 2022

Cameroun > Taxe sur les transferts Mobiles: La lettre du collectif des consommateurs au président de la République

Le collectif dénonçe avec la dernière énergie l’adoption par le Gouvernement de la taxe « aveugle » de 0,2% sur les transferts d’argent (dépôt et retrait).

Par Pierre laverdure OMBANG

Dans déclaration sur la conjoncture internationale et ses répercussions sur le marché intérieur et la taxation de 0,2 % sur les transfert adressée au président de la République du Cameroun. Le collectif des organisations des consommateurs (coc) s’inquiètent quand à l’avenir.

 » Dans votre message à la Nation, le 31 décembre 2021 vous avez appelé les camerounais à garder espoir, à ne pas sombrer dans le pessimisme. Certes, la pandémie du Codiv-19 n’a pas eu raison de nous mais allons-nous survivre à la vie chère et faire face à l’inflation galopante généralisée ?

Monsieur le Président de la République,
Dans votre adresse, vous reconnaissez que : {je cite} « la pandémie a entrainé un renchérissement du fret maritime avec pour incidence immédiate une inflation du coût des produits de premières nécessités. » {Fin de citation}. Pour juguler cette situation, vous avez instruit le Gouvernement de réduire de 80% le montant du fret maritime à intégrer dans le calcul des droits de douane. Cette mesure qui est une reconnaissance des sacrifices des entreprises face à cette conjoncture n’est malheureusement pas suffisante pour absorber les surcoûts induis par la pandémie ; selon le Groupement Inter Patronal du Cameroun-GICAM.
Excellence Monsieur le Président de la république,
Il n’y a pas que l’Etat et les entreprises comme agents économiques dans la société. Il y a aussi et je dirais même surtout les consommateurs. Mais c’est avec étonnement que nous constatons qu’aucune mesure n’a été prise en direction des ménages.

Le consommateur est donc abandonné à lui-même en cette période critique livré à la merci des entreprises et des commerçants sans foi ni loi. Résultat : le consommateur subit depuis des mois une hausse irrégulière des prix des produits de première nécessité et de grande consommation ; mais aussi l’indisponibilité des stocks desdits produits dans nos marchés et le Cameroun profond.

Le Ministère du Commerce, administration sectorielle chargée de la régulation de l’approvisionnement du marché en produits de grande consommation semble impuissant face à la situation. Au de-là de la propagande sur les autorisations d’importation, on n’a pas de visibilité sur la stratégie réelle d’approvisionnement du marché local en terme de couverture du territoire national.

Le Ministère du Commerce a opté pour la fuite en avant en se limitant à dire que l’inflation tourne autour de 2% c’est en dessous du seuil des critères de convergences de la Commission monétaire des États de l’Afrique Centrale (3%) d’une part et que les prix homologués restent en vigueur. Mais face au blocage administratif forcé des prix, la réalité est implacable : tout est de plus en plus rare et chère sur le marché et la fraude se généralise.

Plus de 380.000 cas de fraudes recensées dans les marchés en 2021. Cependant, les sanctions administratives éventuelles prises par le Ministère du Commerce semblent couvertes du sceau du secret. Ce qui en limite l’effet dissuasif et pédagogique.
2022 pourrait être l’année la plus difficile que le consommateur camerounais ait connu. Selon nos enquêtes, le Groupement des Industries Meunières du Cameroun(GIMC) et le Syndicat Patronal des Boulangers du Cameroun-SPBC sont décidés à revoir à la hausse respectivement, le prix de la farine et du pain. Aussi le sac de farine de 50 Kg passerait de :
19 000 à 22 000 Fcfa (farine de beignet)
19 500 à 22 500 Fcfa (farine de pain)
20 000 à 23 000 Fcfa (farine de pâtisserie) Soit une augmentation de 3000 Fcfa/sac de 50 Kg. Le prix de la baguette de pain de 200g passerait entre 175 et 200 Fcfa.

Mais, cette valorisation semble pourtant être justifiée et qui nécessite une attention particulière urgente du Gouvernement de la République en réunissant tous les acteurs autour de la table.

Ces opérateurs avancent comme prétexte la pandémie du Covid-19 qui a réduit la production des entreprises ; les changements climatiques en Amérique du Nord et en Europe ; la surtaxassion du blé à l’importation, à 380 euro la tonne par la Russie qui contrôle 57% de la production mondiale ; l’ augmentation du frêt maritime ; l’élargissement du Programme d’Évaluation de la Conformité avant Embarquement des Marchandises Importées – PECAE qui vient alourdir les procédures d’importation; les promesses non tenues de la subvention par l’Etat du prix du sac de farine soit 1000 Fcfa à rembourser au meuniers par sac acheté et l’augmentation des intrants dans la fabrication du pain, etc…

Quand on connait la place que non seulement le pain mais la farine occupe dans l’alimentation des camerounais, la perspective d’une augmentation du prix de ce produit hautement sensible, est une persécution de trop contre le pauvre consommateur final qui suffoque à l’agonie. Quoi qu’abandonnés à eux mêmes, les leaders d’associations de consommateurs citoyennes ne peuvent rester sourds et muets face à cette situation.

Dans le même ordre d’idée, nous dénonçons avec la dernière énergie l’adoption par le Gouvernement de la taxe « aveugle » de 0,2% sur les transferts d’argent (dépôt et retrait). En effet et contrairement à la doctrine fiscale séculaire qui distingue le revenu, le capital et la dépense, la nouvelle taxe sur les transferts d’argent s’applique sur le revenu, le capital, le chiffre d’affaire et même la consommation. Ce qui ouvre la voie à toutes les incongruités. Imaginez un employé qui reçoit son salaire par transfert d’argent. Alors son salaire est déjà taxé, le pauvre va voir sa maigre paye être à nouveau ponctionnée ! Nous sommes là en plein dans un cas de double voire triple imposition ce qui est inacceptable.

Est-ce au pauvre consommateur seul de renflouer les caisses de l’État ?
De manière concrète, voila ce qui va se passer :

  • Vous mettez de l’argent dans votre porte monnaie électronique vous payez la taxe ;
  • Vous retirez votre propre argent vous payez la taxe :
    Montant de l’opération Taxe à prélever (retrait et envoi
    5 000 Fcfa pour 160 Fcfa
    10 000 Fcfa pour 195 Fcfa
    13 500 Fcfa pour 327 Fcfa
    25 000 Fcfa pour 400 Fcfa
    1 000 000 Fcfa pour 2 000 Fcfa
    3 000 000 Fcfa pour 3 200 Fcfa
    5 000 000 Fcfa pour 4 600 Fcfa
    Non ! Non ! et Non ! C’est trop !!!

Nous ne saurons continuer notre propos sans attirer l’attention du Gouvernement de la République sur la menace d’une augmentation imminente à venir des produits brassicoles par les entreprises du secteur réunis au sein de la Cameroon Alcohol Producer’s Association-CAPA ; cette dernière hausse fondée sur la loi des finances 2022. Cette augmentation de trop qui oscillerait entre 100 et 150 Fcfa par bouteille après une augmentation forcée et illicite de mars 2019 nous parait inacceptable.

Excellence Monsieur le Président de la République,
Nous sommes d’avis avec vous lorsque vous déclariez le 31 décembre 2021 : {je cite} « nous devons nous atteler à réduire nos importations et accroitre le volume de nos exportations en augmentant la production locale si nous voulons relever le défi de la croissance » {fin de citation}. Toutefois il est évident que l’augmentation de la production n’est qu’une partie de la solution parce qu’il ne faut pas seulement produire, il faut aussi s’assurer que les camerounais soient en capacité de consommer.

Malheureusement, le maigre pouvoir d’achat du consommateur camerounais ne lui garantit pas mieux que sa survie. Il y a donc nécessité et urgence de prendre des mesures appropriées pour relever le revenu des ménages pour leur garantir un juste accès aux biens et services de première nécessité et de grande consommation en cette période de pandémie de Covid-19 et de conjoncture économique difficile. Pour préserver la paix et la cohésion sociale que nous chérissons tous et sans laquelle aucun développement n’est possible.

Afin d’éviter une menace de la paix sociale dans notre payspar des soulèvements populaires et les troubles sociaux de toutes natures, nous suggérons et proposons au Gouvernement de la République de :

  • Mettre sur pied un cadre de concertation urgente entre le gouvernement, les entreprises de plusieurs secteurs de notre économie, les administrations sectorielles et les associations de consommateurs ;
  • Réduire d’avantage le train de vie de l’Etat. »

Une conférence de presse pour l’occasion sera donnée ce vendredi 7 janvier 2022 à Yaoundé à l’hôtel Mirador où cette déclaration sera dite devant la presse nationale et internationale par le porte parole du collectif des consommateurs du Cameroun , Simon Kaldjob .

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