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Afrique - Afrique - 20 août 2021

Cameroun > Tchabal Mbabo: La conservation en ligne de mire

C’est la recommandation faite  à la suite d’une étude  réalisée sur la riche biodiversité de ce massif forestier.

L’objectif assigné aux chercheurs  par l’association Forêt et Développement Rural (Foder) et son partenaire Traffic, visait à réaliser une « étude de référence »  en vue de soutenir le Projet d’Appui à la Conservation et à la Gestion Participative du Massif Forestier de Tchabl Mbabo.

Les  résultats rendus publics le 27 juillet 2021 à Yaoundé , révèlent que ce massif forestier  de plus 105 milles hectares, situé dans la région de l’Adamaoua,  à cheval entre les départements du Faro Et Deo et de Mayo Banyo , précisément dans les arrondissements de Kontcha et Banyo en continuité avec le Parc National de Gashaga-Gumti au Nigéria voisin, regorge une large variété d’espèces fauniques, aviaires amphibiens batraciens et végétales qui méritent d’être conservées.

Ici, les chercheurs ont répertorié et identifié entre autres : 328 espèces d’oiseaux, parmi les 26 espèces migratrices, 16 espèces inféodées aux forêts de montagnes ; 12 espèces menacées ; 25 espèces de mammifères (notamment les babouins), dont 7 mondialement menacées ; 26 espèces d’amphibiens qui appartiennent à 9 familles ; 14 types de reptiles  appartenant à  8 familles ; 118 espèces végétales dont 90 ligneuses ; 28 types d’herbes  repartis en 93 genres et 48 familles botaniques  ont également été répertoriées.

MENACES SUR LES RESSOURCES 

Comme  la plupart des communautés Autochtones et locales qui vivent dans des régions riches en ressources naturelles, les populations locales du massif forestier de Tchabal Mbabo , exploitent abondamment cette biodiversité. Toutefois, soulignent les chercheurs, au fil des générations, l’exploitation des ressources naturelles a engendré plusieurs menaces liées  principalement au braconnage et  à l’utilisation non durable des pâturages. Des activités humaines  qui ont entrainé la dégradation de  la biodiversité avec des répercutions sur l’environnement affirme l’étude.

Pour préserver cet espace forestier, le ministère des forêts et de la faune avait dans les années 2000, engagé le processus de classement de la zone, mais la population et les élites locales s’y étaient farouchement opposées ; elles craignaient d’être mises à l’écart de l’exploitation des ressources de leur terroir  :

«Nous avons l’expérience des parcs nationaux  dans la République , les riverains sont restés les plus pauvres ; allez dans l’Extrême Nord allez dans le Nord voir ceux qui sont tout autour. Ces populations ont été abandonnées à elles- mêmes. »

lance  Sa Majesté Hamadjoda Bello, Lamido de Lompta.

Il précise également que eu égard à la présence des terroristes de Boko Haram dans la région, les réserves sont devenues des refuges pour ces malfrats, puisqu’à l’intérieur de ces espaces il n y a pas de population, explique-t-il en substance.   Mais pour autant l’autorité traditionnelle  n’a pas abandonné le massif à la merci des prédateurs ; des mesures ont   été prises sur le plan local pour préserver cet espace et ses ressources.

« Les chefs locaux ont formellement  interdit les feux de brousse  dans le massif.»

a-t-il indiqué.

Face à cette opposition le ministère des forêts et de la faune avait  décidé en 2008 de suspendre le processus. Depuis lors, aucune étude de référence n’a été réalisée pour actualiser les données sur la richesse de la diversité biologique du massif de Tchabal Mbabo. Le lancement du  projet d’appui à la conservation et à la gestion participative du massif forestier de Tchabal Mbabo (Mftb) visait donc à mettre en lumière  la nécessité d’attribuer un statut de conservation à cette zone :

«  Cette étude doit être perçue comme un signal très fort que nous lançons à l’endroit des administrations pour pouvoir engager des procédures visant à protéger ces espèces endémiques »,

explique Justin Kamga coordonnateur de Foder.

« Quand vous regardez par exemple certains batraciens endémiques  que l’on  retrouve essentiellement dans la zone de Tchabal Mbabo, et quand on jette un coup d’œil sur la classification de l’Uicn, ce sont des espèces qui sont en danger. Donc pour nous, cette zone mérite plus d’attention aussi bien par les pouvoirs publics, que  les populations  et les partenaires pour protéger cette riche biodiversité »

a-t-il encore poursuivi.

L’étude, a elle aussi suggéré que l’on attribue un statut de conservation au massif forestier de Tchabal Mbabo, car au-delà de la préservation des ressources naturelles, ce statut va permettre : le renforcement des stocks de carbone dans le massif, l’atténuation des effets des changements climatiques, la procuration des revenues aux populations locales avec au bout du compte l’amélioration de leur niveau de vie conclut l’étude.

 Selon l’Atlas du Domaine Forestier du Cameroun édition 2020, le pays  compte à ce jour, 37 aires protégées pour une superficie d’environ 5 millions d’hectares.

Ebénizer DIKI

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