Afrique LA UNE Société panorama 3 juillet 2020 (0) (203)

Cameroun > Terrorisme en pleine capitale: Explosion d’une cocotte piégée au rond point Damas à Yaoundé

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C’est la troisième explosion artisanale que des mains criminelles posent dans la cité capitale. Si les deux premières n’ont blessé ni ôté aucune vie humaine, cette fois-ci, on compte au moins trois blessés dont un grièvement et les deux autres un peu moins.


Après les deux premières, les fouilles policières sur personnes et dans les véhicules s’étaient intensifiées.

Pour l’heure la police n’a donné aucun résultat de cette opération coup de poing dans la citadelle de Yaoundé. Avec cette nouvelle déflagration, les forces de l’ordre de 2eme ou de 1ere catégorie pourront être mises à contribution pour dénicher ces hommes et femmes du mal.

Une victime de l’acte terroriste.

Il est de plus en plus plausible que la piste terroriste soit envisagée comme le suspectait déjà la police aux deux premières explosions. Mais quels terroristes ? Ils sont dans le Septentrion, précisément Boko Haram autour du Lac Tchad et à la frontière extrêmement-niord Ouest avec le Nigeria. Les séparatistes du Noso? Eux, ils veulent l’indépendance de l’ex Southern Cameroons. Pourquoi donc venir au coeur de la République faire des attentats? A quoi servirait une telle psychose? Peut-on enfin envisager des guerres des clans souterrains pour s’accaparer du pouvoir d’Etat? Aucune de ces trois pistes n’est à exclure, même le phénomène du grand banditisme n’est pas en reste.

Je suis au niveau du rond-point Damase à attendre un taxi pour la Barrière. D’un coup, on entend une explosion. La fumée s’échappe derrière des petits box de vente de médicaments, appareils électroniques…je suis juste en face. Les gens paniquent et courent dans tous les sens. Les policiers derrière moi abandonnent leur poste et courent, à leur tour, voir ce qui se passe. Deux personnes blessées à ce moment. Une maman et un jeune homme. On a d’abord cru à une explosion de gaz. Il s’agit d’une explosion de bombe artisanale d’après les éléments des forces de l’ordre. Je tremblais jusque dans les cheveux. Prise de panique, j’ai directement pris le premier taxi en dépôt pour la maison.

Raconte un témoin de la scène.
Une victime de l’acte terroriste


Comme on le voit, le coeur de la capitale bat la chamade. On voit bien que c’est une opération mesurée, cadencée, qui va crescendo. Qu’en sera-t-il s’il y aurait une autre explosion? Une des guerres les plus difficile à mener est précisément celles en zones urbaines. Cette attaque deborde le cadre de la police et interpelle la vigilance de tous.
En de telles circonstances, le concept d’Etat_Nation doit revêtir ses lettres de noblesse.

Aucun renseignement ne sera de trop ou de moins au moment où la police a vraiment du pain sur la planche. Toute personne ou objet suspects doit attirer l’attention de tous. Yaoundé n’a jamais connu cela même au moment des enfantillages de la démocratisation. Paul Biya disait fort à ce propos. “Quand Yaoundé respire, le Cameroun vit”. C’est donc le Cameroun qui semble attaqué, cette fois au coeur des institutions.
Léopold DASSI NDJIDJOU.


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