Afrique LA UNE Société panorama 17 août 2020 (0) (262)

Cameroun > Terrorisme: La psychose des bombes gagne Yaoundé

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Vendredi dernier une autre bombe artisanale a explosé dans un bar à Yaoundé, Antacky bar à Bata Mokolo. Etat des lieux 48 heures après.

Une scène infernale”, “l’apocalypse”, “la terreur”sont des expressions qui reviennent dans le vocabulaire des riverains qui se remettent peu à peu de la déflagration “d’un engin artisanal fait de batterie de moto, de chutes de fer de 14 sciés, des clous, des tuyaux et autres” , subrepticement glissé à la véranda d’Antacky bar.

L’étonnement est général car tous racontent que les tenanciers de la buvette prennent un soin particulier à nettoyer l’espace chaque jour et que ce matin-là, rien de suspect indiquant un quelconque corps étranger n’avait été relevé selon les dires du propriétaire. Il se reposait, indique ses voisins immédiats alors que son fils était au service. A la mi-journée, une forte explosion va secouer Yaoundé 2, de la Carrière à l’hôpital central, de Tsinga à la Cité verte.

Sur les lieux, le bar et les habitations alentours baignent dans une fumée épaisse qui charrie l’odeur de caoutchouc ou de plastique brûlé. Au début, tous pensent qu’il s’agit d’une explosion du compteur électrique. Il n’en est rien car au fur et à mesure que la fumée s’estompe, les outils du mal sont visibles comme indiqué précédemment. Des sources concordantes font état de deux blessés graves qui seraient sortis en fuyant après l’explosion. Personne ne donne aucun détail précis  sur la gravité de leur blessure.

Alors que le propriétaire et son fils sortent du bar, on se rendra compte, avouent les témoins,  que ce dernier a perdu l’usage de son ouïe. Le propriétaire, comme la foule massée devant l’établissement, perdu lui-même sur ce qui se passe. Il a suffi peu de temps, rapportent les témoins oculaires, pour que tout Yaoundé administratif et sécuritaire soient sur les lieux: du gouverneur au sous-préfet, et les principaux corps des Forces de Défense et de sécurité. Nos sources auprès des différentes autorités ont indiqué qu’il était précipité ou prématuré de livrer à Panorama papers la situation de l’enquête.

Toujours-est que c’est la police scientifique qui pour l’instant pilote le dossier, à la lumière des différents éléments prélevés sur le théâtre de l’explosion. Le bar est toujours scellé pour l’instant.En réalité, il s’agit d’une déflagration violente qui a émietté les chaises en plastique et a sauté le plafond. Il est donc loisible de penser que s’il n’y a pas eu de mort sur le coup, c’est tout simplement parce qu’il n’y avait pas grand monde dans la bar. La preuve est que le tenancier se reposait alors que le fils était seul à la manette. Plusieurs tentatives de le joindre par téléphone ont été infructueuses, lui qui habite la ville de Soa. 

Peur sur la ville

A la périphérie comme au coeur du marché Mokolo à Yaoundé, le témoignage du ressentiment des sauveteurs et commerçants rencontrés, est unanime: la peur. La peur de ce qu’on ne voit pas, la peur de ce que la seconde d’après sera. Sur le coup, tous avouent avec une once d’amusement avoir fui pour sauver leur peau bendredi dernier, piqués par l’épouvante. Ils avouent avoir pensé  à une attaque ou à quelque chose de pire. Non loin du bar sinistré, les riverains confessent être torturés par une peur bleue de la suite.

Ces derniers ont demandé dans cette veine aux forces des sapeurs et autres de procéder à une fouille minutieuse du quartier.Tout un programme, autant le dire. Comme on le voit, la psychose étreint les Yaoundéens qui doivent désormais apprendre à vivre en tenant compte de la probabilité d’une bombe dissimulée quelque part. L’autre versant de l’histoire qui alimente cette peur généralisée, est le silence ou l’omerta des Forces de sécurité.

Les explosions des bombes artisanales  se succèdent et déchaînent des vagues d’indignation sans que les autorités clarifient devant l’opinion ce qui se passe une fois pour toute. Il y a eu Tsinga Dubaï comme coup de semonce. On a attendu, rien. Dans ce sillage, sont venues les bombes artisanales de Melen et d’Emana, heureusement désamorcées par les Forces de sécurité. Comme il n’y a jamais deux sans trois, les mains maléfiques qui posent les bombes, ont jeté leur dévolu sur le Rond-point Damas, où on a enregistré les premières blessures graves.  Débats d’usage, protestation, critiques réunions de  sécurité et appel à le vigilance de la population. Terminés au sein de l’opinion, presque personne ‘nevsnen preocupe plus.

Vendredi dernier, en droite ligne avec les craintes exprimées par Le Messager suite aux événements de Damas, les entrepreneurs du mal sont montés d’un cran en se rapprochant de “Yaoundé populaire” pour mieux semer la peur: Mokolo. Le poumon économique de la capitale. Cela commence à trop bien faire ! Les bombes qui explosent à qui mieux mieux dans la ville siège des Institutions, traduisent une situation de menace au coeur de notre sécurité. Il est donc impératif dès lors, d’apporter des éclairages sur un certain nombre de points.

Quelle est l’intelligence derrière cette flambée des explosions? Le deuxième point  est la sensibilisation à outrance de la population dans les comportements à risque à éviter, pour ainsi dire ce qui convient de faire au quotidien. Pour l’instant Dieu merci, on ne déplore aucune perte en vie humaine. La question la plus stressante est la suivante: Où et quand aura lieu la prochaine explosion? Et avec quelle amplitude? Plus que jamais, la nécessité d’une implémentation effective et quotidienne du concept Armée-Nation, s’impose. Il faut pour cela avant toute communiquer.
Léopold DASSI NDJIDJOU


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