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Afrique - 13 avril 2021

Cameroun > Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (Tian): Le plaidoyer de la société civile pour la signature et la ratification

Une brochette des organisations de la société civile éprise de paix, chapeautée par Wilpf Cameroon s’est réunie ce lundi 12 février à Yaoundé pour une conférence de presse à cet effet.

 Le Cameroun s’est toujours présenté comme l’un des pays qui n’admet d’aucune façon ce type d’armes, la signature et la ratification du Traité de Pelindaba étant une preuve, ce qui est à saluer.  Cependant, les efforts du Cameroun sont à parfaire, à la fois pour renforcer la sécurité mondiale et montrer sa solidarité aux nombreuses victimes d’armes nucléaires. Pour ce faire, nous demandons au gouvernement ce jour de signer et ratifier le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (Tian).

a lancé Sylvie Jacqueline, la présidente de Wilpf-Cameroon  dans son discours de circonstance

Elle était accompagnée des Organisations de la société civile à l’exemple  du Coordonnateur de la « Cameroon action network on small arms (Cansa) », le Directeur exécutif de la « Cameroon youths students forumfor peace (Camyosfop) », le Coordonnateur de « Cameroon for a world beyond war », les membres du comité « société civile pour la revue et la mise en œuvre du plan d’action national de la résolution 1325 », les membres de la plateforme des « femmes camerounaises pour des élections pacifiques et l’éducation à la paix », les membres de la plateforme des « femmes  pour le dialogue national ». Dans le sillage de cette demande, la présidente de Wilpf Cameroon a cité  Setsuko Thurlow, prix Nobel de la paix en 2017, l’une des survivantes du bombardement d’Hiroshima qui s’est produit quand elle avait 13 ans, et qui a écrit le 18 juin 2020 au président de la République du Cameroun.

 Monsieur le président de la République, je vous écris en tant que survivante de la bombe atomique d’Hiroshima. Nous, survivants de la bombe atomique, exhortons tous les dirigeants du monde à réfléchir aux souffrances catastrophiques infligées par les armes nucléaires et à s’engager à les éliminer de toute urgence.

a-t-lu comme extrait de ses écrits

Se glissant dans ce trou d’air, Wilpf Cameroon et ses partenaires, en organisant la conférence de presse de ce jour, tenaient à rappeler à Paul Biya que cette demande attend toujours une solution. Pourtant, il faut le préciser, au niveau national, le Cameroun a adopté en 2016 une loi nationale sur le régime des armes et munitions qui inclut l’interdiction des armes nucléaires. Avec ces avancées, on peut comprendre qu’il ne reste au Cameroun que de continuer dans la suite de son action vis-à-vis du Traité de Pélindadaba, en signant également le Tian. Actuellement le Traité compte 52 Etats parties, et est entré en vigueur au mois d’octobre 2020. Il ne de demande qu’un soutien mondial plus accru. En y adhérant, le Cameroun aidera à renforcer la norme mondiale contre l’utilisation et la possession d’armes nucléaires par n’importe quel Etat et apporter une contribution importante à leur élimination totale, car ces armes nucléaires ne peuvent pas être utilisées en conformité avec le droit international humanitaire et doivent faire l’objet d’une interdiction complète.

Le Tian en question

Le Tian est le premier accord multilatéral établissant un ensemble complet d’interdictions applicables à l’échelle mondiale. Il a été adopté le 7 juillet 2017. Il est entré en vigueur le 22 janvier 2021. Au 1er mars 2021,  54 Etats avaient ratifié le Tian ou y avaient adhéré  et 86 l’avaient signé. Le Cameroun,  quant à lui n’a ni signé ni ratifié le Tian. Pourtant, la signature et la ratification du Tian par le Cameroun, comme l’affirment les Organisations de la société civile (Osc), iraient dans le sens de son long et fier engagement en faveur du désarmement nucléaire. Devenir partie au Tian est une étape simple mais importante que chaque Etat peut et doit prendre pour contribuer à mettre définitivement fin à l’ère des armes nucléaires. En Afrique, le Benin, le Botswana, les Comores, la Gambie, le Lesotho, la Namibie, le Nigeria, l’Afrique du sud, ont signé et ratifié le Tian.

Dans la catégorie du Cameroun qui n’ont ni signé ni ratifié ce Traité, on peut citer le Burkina Faso, le Burundi, le Tchad, le Djibouti, l’Egypte, la Guinée Equatoriale, l’Erythrée, l’Ethiopie, le Gabon, la Guinée, le Kenya, le Liberia, le Mali, la Mauritanie, l’Île Maurice, le Maroc, le Rwanda, la Sierra Leone, la Somalie et  le Soudan du sud. Il faut préciser par ailleurs que le Cameroun peut signer le Tian au siège de l’Onu à tout moment, conformément à l’article 13.  Toute personne qui doit le signer devra être en possession d’un instrument de pleins pouvoirs signé par le chef de l’Etat, le chef du gouvernement ou le ministre des Affaires étrangères. Au cours de cette conférence de presse qui tenait lieu de plaidoyer, il y avait les représentantes des ministères de la Justice et des Relations extérieures. Les exposés de circonstance ont été menés tour à tour par le Dr Yves Patrick Ango et Guy Blaise Feugap, le Directeur des programmes à Wilpf-Cameroon.

Léopold DASSI NDJIDJOU

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