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Cameroun > Traitement Covid-19: l’homologation des médicaments traditionnels doit attendre

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C’est la quintessence du communiqué de presse rendu public le 14 août 2020 par le Conseil scientifique des urgences de santé publique (Csusp).

Le 24 août dernier, le ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie, a ouvert une série de consultations et de concertations relatives à l’évaluation du plan national de riposte sanitaire depuis sa mise en œuvre, ainsi qu’aux perspectives en rapport avec les grands défis auxquels le Cameroun pourrait faire face dans les prochains jours. Recevant tour à tour les différents acteurs engagés dans cette guerre contre le coronavirus, Manaouda Malachie s’est entretenu avec les membres du Conseil scientifique des urgences de santé publique le 25 août 2020.

L’essentiel du travail des membres de ce Conseil dans le cadre de la lutte contre le coronavirus est, entre autres, basé sur l’évaluation des médicaments traditionnels. C’est à ce titre que dans son communiqué rendu public le 14 août dernier par exemple, le Csusp fait savoir qu’il a siégé ce jour-là en visioconférence et la réunion portait principalement sur les propositions de traitements à base de plantes (Médicament traditionnel amélioré) faites par de nombreux tradipraticiens pour lutter contre la pandémie à coronavirus.

Reconnaissant le rôle important que joue la médecine traditionnelle en Afrique et au Cameroun dans la gestion des maladies en général et la maladie à Covid-19, le Conseil a tout de même indiqué qu’à ce jour, aucun traitement n’a fait preuve d’efficacité et n’a été approuvé pour le traitement de la Covid-19.  Par conséquent, 

Il est important d’évaluer la non toxicité et l’efficacité des différents produits présentés par nos tradipraticiens et inventeurs de Médicament traditionnel amélioré (Mta) afin d’assurer la sécurité des populations. Pour ce faire, le respect des procédures règlementaires et d’éthique en vigueur s’imposent.”

Pour que cela soit possible, le Csusp a recommandé la mise en place d’un répertoire des tradipraticiens de santé/inventeurs et d’un registre des remèdes à base de plantes présentés par ces derniers pour la prévention et la prise en charge de la Covid-19 par les instances règlementaires (Impm, Dpml, Dosts, Dros). A ce titre, le tradipraticien de santé qui souhaite mettre à la disposition du grand public un produit à base de plantes doit être muni d’une autorisation de mise sur le marché délivrée par la Commission nationale en charge du Médicament traditionnel amélioré du ministère de la Santé publique. Ce qui oblige donc désormais les tradipraticiens à suivre une procédure selon la situation dans laquelle ils se trouvent.

Laboratoires spécialisés

Primo, dans le cas où quelques évaluations du médicament traditionnel ont déjà été menées par des institutions règlementaires (Impm, Lanacome, universités), à fournir au moment du dépôt du dossier de demande d’accompagnement technique et financier : des preuves et des informations permettant de classer le médicament suivant son niveau de développement ethnobotanique des plantes associées, source des plantes, méthodes de récolte et d’extraction du médicament, des preuves de l’étude toxicologique, la preuve de la capacité de production massive de la matière première et la preuve de la standardisation du traitement. Secundo, dans la situation où le médicament a été utilisé chez les patients, il est recommandé aux tradipraticiens de décrire le profil clinique et/ou le diagnostic de la Covid-19 (Rt/Pcr ou test antigénique) des patients reçus et traités, la preuve de la guérison clinique et biologique le cas échéant, et de produire les documents y relatifs à l’instance désignée par les autorités compétentes pour l’évaluation et le suivi clinique.

Tercio, dans le cas où des évaluations préliminaires du médicament n’ont pas encore été faites, à fournir des échantillons du produit en quantité suffisante en vue de les évaluer dans des laboratoires spécialisés compétents sur le plan biochimique, de la toxicité et de la qualité. Ce n’est que comme ça qu’on pourra aboutir dans les prochains jours, à l’homologation d’un protocole de traitement des Médicaments traditionnels améliorés contre le coronavirus.

Rostand TCHAMI


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