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Cameroun > Transport ferroviaire: Eséka défraie à nouveau la chronique

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La capitale départementale du Nyong et Kellé a été le théâtre d’un déraillement de train hier(lundi,5 octobre 2020). Aucune perte en vies humaine n’a été enregistrée.

L’incident s’est produit aux encablures de la brigade territoriale de gendarmerie d’Eseka peu après la gare routière de la ville éponyme. Informée, la direction générale de Camrail a rendu public, en début de soirée, un communiqué dans lequel il est mentionné

qu’un incident impliquant un train qui transportait des billes de bois est survenu ce lundi, 5 octobre 2020 aux environs de 15h et 20mn au PK 150+500(entre les gares d’Eseka et d’Hikoa Malep). L’incident, qui n’a causé que des dégâts matériels, a conduit à la dégradation de la voie sur une distance de 400 mètres”.

D’après la hiérarchie de cette entreprise, cet imprévu n’a eu aucun impact sur la circulation des trains voyageurs. Dans le même temps, les équipes techniques de Camrail sont à pied d’œuvre afin de rétablir, au plus tôt, les circulations et une enquête interne a été ouverte. Question de déterminer les causes de la survenue de cet incident. Pour mémoire, la ville d’Eseka avait été, le 21 octobre 2016, le théâtre d’une catastrophe ferroviaire suite au déraillement d’un train de voyageurs partant de Yaoundé pour Douala.

Cette tragédie avait coûté la vie à 79 personnes et avait fait plus de 600 blessés selon chiffres officiels contenus dans les conclusions du rapport d’enquête, qui avait désigné la Cameroon railways(Camrail) comme le principal responsable. Entre autres causes énoncées la vitesse excessive 96km/h dans une portion de voie où la vitesse est fortement limitée à 40km/h. Les raisons de ce dépassement étaient liées au non-respect de certaines règles de sécurité par l’entreprise. En outre, le train no152 mis en circulation présentait des anomalies et des défaillances techniques.

Rappel des mesures qui avaient été prises en 2017 lors du bouclage du rapport d’enquête présenté au Chef de L’État

Ayant pris connaissance des conclusions des travaux de la commission d’enquête, le président de la république avait prescrit des mesures ci-après :

L’audit de la convention de concession signée le 19 janvier 1999 entre L’État du Cameroun et la société Camrail et deux avenants conclus en 2005 et 2008.

L’ouverture des discussions entre les partenaires au sein de Camrail pour une plus grande présence de l’État dans la dite société et une meilleure prise en compte des préoccupations sociales, notamment l’activité du transport voyageur.

La création, à brève échéance, de la société de gestion du patrimoine du chemin de fer prévue dans ladite convention qui sera chargée de l’entretien du réseau ferré, ainsi que des projets de modernisation et d’extension de la voie ferrée.

La prise des sanctions appropriées à l’encontre des responsables, dont l’implication est reconnue dans le rapport d’enquête.

La transmission à la justice du rapport d’enquête pour qu’elle tire les conséquences de droit. Le Chef de L’État avait prescrit au gouvernement de prendre des mesures nécessaires à la mise en exécution diligente des directives susmentionnées. Mesures qui, jusqu’ici, restent lettres mortes.

Serge Aimé Bikoi


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