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Opinion - Politique - Une - 19 novembre 2020

Cameroun > tyranie: Atanga Nji decapite 10 millions de nordistes

“Dix millions de nordis0tes »
Atanga Nji guillotine le mouvement
Il y a eu le mouvement onze millions d’inscrits sur les listes électorales de Cabral Libii.

Un tremplin et la suite est connue. Voici Guibai Gatama avec le « mouvement dix millions de nordistes ». Echaudé, le pouvoir craint-il un séisme grandeur nature dans le septentrion au point de zigouiller ce fœtus ?
« Est nul et de nul effet pour défaut de déclaration, objet des activités contraires à la Constitution et de nature à porter atteinte à l’unité nationale, à l’intégration nationale et au principe de de coexistence pacifique entre les composantes sociologiques de la Nation, le mouvement dénommé 10 millions de nordistes , ayant pour promoteur et porte-parole Monsieur Guibai Gatama », apprend-on de l’Arrêté du ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, signé ce 18 novembre, constatant la nullité de « dix millions de nordistes » et portant interdiction de ses activités.

Le patron de l’Administration camerounaise va plus loin en circonscrivant un champ élargi où il est interdit à ce mouvement de s’exprimer. Ainsi, sur toute l’étendue du territoire national, demeurent interdites toutes activités, publications, réunions et manifestations initiées ou soutenues par le mouvement « dix millions de nordistes », tout groupement apparenté ou poursuivant un but similaire ou toute autre personne s’en réclamant. En ce qui concerne les contrevenants à cette mesure d’interdiction, « ils sont passibles de poursuites judiciaires selon la réglementation en vigueur ».

Déjà comme pour palier à la cause, le Minat a déjà instruit les gouverneurs, les préfets et les sous-préfets de « l’application stricte » de cet arrêté.
« Dix millions de nordistes », tué dans l’œuf ?
Puisées à bonnes sources, des données concordantes indiquent toute la surprise du mouvement qui ne comprend pas la motivation de la décision du ministre de l’Administration territoriale. Ici, on crie fort que ce mouvement est un « think-thank », une sorte d’officine à porter la pensée à maturation en faveur du Grand nord. Ce n’est donc pas une association, « puisque le mouvement ne dispose d’aucun siège, ni d’aucun bureau, ni de cartes de membres ».

Il s’agit, confie-t-on ici, « d’une plateforme sur la place virtuelle qui ne peut initier ni des marches, ni des protestations et autres ». Une autre source se demande si aujourd’hui un Camerounais lance un « mouvement des mangeurs de taro », le ministre se verra obligé de l’interdire. Toute chose qui épaissit l’incompréhension des sympathisants de ce mouvement qui sont désormais interdits même de publication sur la toile sous peine de poursuites judiciaires.

Du côté des pouvoirs publics, il est indéniable que le mouvement « dix millions de nordistes » est suspecté d’être l’incubateur d’un projet politique qui couvre toutes les trois régions du septentrion du pays. Même si aucun acte probant ne permet de le dire de manière péremptoire, la sortie du mouvement de Guibai Guatama au sujet du pourcentage des admis originaires du Grand nord au concours de l’Enam, a plongé le sérail dans toute la stupéfaction qu’on peut imaginer.

Il en a suffi pour que le ministre Joseph Anderson Le en charge de la Fonction publique et de la réforme administrative commette un communiqué explicatif qui au lieu de calmer les tensions a plutôt raviver la polémique. Des 30% de places attribuées aux trois régions, il en revenait, toujours selon les affirmations de « dix millions de nordistes », qu’en réalité ce n’est que 17% qui étaient accordé à ces trois régions. L’affaire est désormais devant les instances judiciaires selon certaines sources.

L’autre paire de manche à confusion servi par le mouvement au pouvoir, a porté sur la place et le nombre des ressortissants du grand nord au sein de la diplomatie camerounaise. Ces deux exemples suffisent à dire combien ce mouvement, sans l’affirmer ouvertement jetait le gouvernement dans une crise de nerf qui ne dit pas son nom. Son interdiction aujourd’hui, peut-être bien compris comme une mesure palliative pour couper l’herbe sous le pied d’un géant qui est en train de naître, en pleine construction d’un capital de confiance dans cette partie du pays.

Il va sans dire que des gros bonnets au sérail sont accusés peu ou prou, comme étant les véritables instigateurs de ce mouvement qui par ses sorties fédèrent à n’en point douter le ressentiment des trois régions sur ses questions de développement. Politique et développement ! malin celui qui saura distinguer ces deux pelures d’un tout. En attendant, la réplique du mouvement est scrutée.

Léopold DASSI NDJDJOU

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