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Médias - 2 semaines ago

Cameroun > Une presse menacée: Des patrons complaisants, divisés et corrompus

Alors que plus d’une centaine de journalistes camerounais ne perçoivent pas de salaire depuis un an, voir plus. Le secteur de la presse au Cameroun subit de plein fouet à l’évidence une crise financière sans précédent et se trouve confronté à une crise de la formation et du professionnalisme qui nuit gravement à l’éthique journalistique et à la qualité de l’information.

La Fédération internationale des journalistes (FIJ), première organisation mondiale de la profession, s’alarmant d’une « presse en déliquescence et de l’impact de la crise sur les travailleurs des médias. Elle enjoint le gouvernement à réagir immédiatement en mettant en place des mesures concrètes pour soutenir le secteur. »

Plutôt …

Dans un communiqué publié, à l’occasion de la journée internationale de la presse ; les patrons de presse annonçaient à l’unanimité presque, une marcher sur Yaoundé ce 03 mai 2021 pour exprimer leur mécontentement face au régime. Un programme qui va rapidement prendre une curieuse tournure.

Le Syndicat Nationale des Journalistes du Cameroun décrit une presse ayant atteint son point de saturation. Et dresse un sombre bilan de la situation dans les médias camerounais et des journalistes. Depuis 2019, de terribles crises ont éclaté au sein des chaînes de télévision privées, conséquences inévitables de l’émergence anarchique d’un type de médias lancé depuis les années 2000 par des opérateurs privés, qui ont investi dans le secteur « sans respecter les critères d’investissement à long terme », dénonce la FIJ.

Selon des informations qui nous sont parvenues, plus d’une centaine de journalistes et travailleurs des médias au Cameroun n’ont pas reçu de salaire depuis près d’un an et d’autres risquent de perdre leur emploi.

Si l’on dénonce également la manière « obscure » avec laquelle le gouvernement contrôle la publicité publique. L’ambiguïté et l’inégalité dans sa distribution aux journaux, malgré les promesses du gouvernement d’adopter des normes transparentes dans leur répartition, ne diffèrent pas des pratiques qui prévalent depuis des années, avec un “contrôle politique continu des institutions de presse et leur dépendance éditoriale”. « Le manque d’empressement dans la gestion de la crise évidente de la presse et le vide organisationnel qui ne respecte pas les normes internationales relatives à la liberté de la presse et à la liberté d’expression semblent indiquer que le gouvernement du camerounais a pris la décision de museler voir d’éliminer le secteur de la presse privée 

La complaisance …

”Ils marchent parce que ces 03 dernières années, l’aide publique à la presse privée est passée de 300 millions à moins de 90 millions de FCFA. Enfin, ils marchent parce qu’ils, les journalistes, sont intimidés et emprisonnés à tour de bras comme de vulgaires bandits. Quelle honte pour un grand pays comme le Cameroun. Maltraités et déconsidérés par le gouvernement, les directeurs de publication ont décidé de dire trop c’est trop. Ils préfèrent désormais mourir pour le bien de tous. Peut-être ce 03 mai 2021, il y aurait des morts par « bousculade » comme ce fut le cas en 1990. Mais pour les patrons de presse, il s’agirait d’une mort dans la dignité. Ce d’autant plus que si cette marche venait à être interdite par l’autorité administrative, ils auraient décidé de braver cette interdiction pour manifester leur droit constitutionnel : manifester.”

écrivait très enthousiaste ,un  journaliste camerounais pour apporter son soutien à ses patrons de presse qui entendaient marcher pour faire bouger les lignes .

Que du Bluff …

Très rapidement, ceux qui voyaient en la marche prévue à l’occasion de la journée symbole de la liberté de la presse, une brise de rupture dans les habitudes d’usages du gouvernement à l’endroit de la presse vont déchanter.  Les patrons de presse se rétractent et parlent de ”dialogue permanent” et ou ne parlent plus d’une même « bouche. »

Alors que des faits très proches, laissent voir sur ce que c’est que la pratique du journalisme au Cameroun. Très proche de nous encore, l’alerte récente et toute chaude du SNJC condamnant une barbarie inexplicable et appelant les journalistes à se tenir prêt pour le mot d’ordre qui sera incessamment lancé afin que cesse définitivement des voies de fait sur les hommes de médias. Et se rapprochant, notamment à la situation de violence vécue par les équipes de la télévision Canal 2 International, victimes collatérales de rixe opposant des agents de la commune de Yaoundé 5e et des conducteurs de moto taxi. Le cameraman de canal2, Bertrand Tsasse, copieusement battu par les agents de cette mairie. Sa caméra cassée et confisquée par les mêmes agents qui lui ont promis la mort, ainsi qu’aux autres membres de l’équipe, chauffeur et journalistes.

Des éléments qui au fort de leur retentissent devraient pourtant stimuler la  revendication annoncée  , mais que neni ! Visiblement celà n’aura  impacter en rien sur ses patrons de presse dont les préoccupations semblent être ailleurs qu’ à l’avènement de  l’expression d’une véritable liberté de la la presse. 

” Chers membres du Repac. Vous êtes qui vous êtes. Vous venez d’où vous venez. Vous avez vos convictions. Ne laissez pas ceux qui vous attaquent pour vos idées ébranler vos convictions. Ne laissez personne. Continuez d’avancer en respectant les règles républicaines. Ne vous Retournez pas. Vous méritez le soutien de toutes personnes visiblement douées de bon sens.” ceci ne valant que pour du beurre. Pour les patrons les enjeux sont ailleurs, lesquels donc ?

Division, infiltration et corruption

Une nouvelle version de patron de presse est apparue, celle dite du collectif de communicateurs républicain et patriotes (CCRP) qui va plutôt pondre une déclaration alambiquée, s’offusquant de la démarche des patrons du REPAC qui prévoyaient porter leurs revendications au premier ministre, chef du gouvernement Joseph Dion Nguté, ceci après une marche sur le boulevard du 20 mai de Yaoundé.

Cette nouvelle version de patron qui va trouver dans cette démarche annoncée plutôt par le REPAC, une attitude ” irresponsable visant simplement à dévoyer la presse camerounaise (…) qualifie de déraisonnable toute tentative visant à instrumentaliser la presse (…) condamnant vivement les desseins et les sirènes du chantage préjudiciable au bon fonctionnement de la presse (…) ” affirmant son soutien total aux institutions de la République et au président Paul Biya.

Que du rire !  C’est cette presse que nous avons …

Pierre laverdure OMBANG

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