Home Opinion Politique Cameroun > Universitaires du ventre: La faillite des intellectuels organiques du régime Biya
Politique - 6 jours ago

Cameroun > Universitaires du ventre: La faillite des intellectuels organiques du régime Biya

Lors de la clôture, le 8 octobre dernier, du colloque national sur la question sociale au Cameroun, le rôle de l’intellectuel dans la société camerounaise a été questionné par des participants.

Universitaires inféodés ou opposés au régime en place ont croisé le verbe et se sont jeté la responsabilité du mal développement, qui règne, depuis des années, au Cameroun. Loin de toute culpabilisation de tel ou de tel autre producteur de savoirs, le statut des intellectuels organiques mérite d’être interrogé à l’aune de leur contribution ou non à la lutte contre les maux sociaux.

L’expérience des années antérieures et contemporaines matérialise l’implication des universitaires dans le champ administratif et, singulièrement, dans le système gouvernant en place. Intégrés dans l’arène politique pour produire des savoirs, des savoirs-faire et des savoirs-être, des universitaires se muent en intellectuels organiques. C’est une catégorie d’intellectuels offrant des connaissances à la classe gouvernante et tirant des dividendes de cette besogne. Mais au lieu que ce labeur serve les intérêts du système gouvernant en place et puisse permettre à la société de sortir de la nasse du sous-développement, ces intellectuels organiques sont cooptés et inféodés au gouvernement. Alors que le peuple de pauvres s’attend à ce que les intellectuels jouent un rôle fondamental dans la lutte contre la récession économique, la paupérisation ambiante et le sous-développement, ils deviennent, tout juste, des faire- valoir, des valets et des laquais politiques au service du parti au pouvoir et de la classe gouvernante au mépris des préoccupations populaires.

A quoi ont donc servi, depuis des décennies, les scribes et les intellectuels organiques quand on sait que le Cameroun croupit toujours dans le creuset du mal développement? Sans prétention à l’exhaustivité, bien d’universitaires ont été nommés à des positions de pouvoir et d’autorité dans la classe dirigeante. Mais qu’ont-ils fait substantiellement pour développer le pays? Qu’ont-ils fait pour épargner le bas-peuple des tares sociétales, telles que la mal gouvernance, la corruption, la prévarication, le népotisme, le sectarisme, le favoritisme, l’inertie, etc? Ils sont donc nombreux, ceux qui ont été nommés, à plusieurs reprises, par le chantre du régime en place, mais qui ont été contraints au mutisme et qui ont été pervertis par le macro système maffieux extro- déterminé à partir des trajectoires exogènes du développement occidental.

Tous ces intellectuels organiques appartiennent à la catégorie des savants, dont le substrat scientifique a été capté au service d’un régime ayant appauvri les masses populaires. Ces universitaires, au départ savants, se sont, tous, mués en politiques et sont, contre toute attente, pervertis. D’où le problème crucial de l’enrôlement de l’élite intellectuelle par le politique, qui tient en respect et qui confine des universitaires au mutisme. La preuve, dès que tout universitaire est intégré au gouvernement, il cesse de débattre dans l’Agora. Ils sont astreints à la discrétion. Ces intellectuels organiques sont, depuis des lustres, devenus des conseillers du prince, mais dont le peuple n’a, jusqu’à l’heure actuelle, escompté les fruits et les produits, en termes de satisfecit général.

Fort au contraire, le peuple s’empêtre dans un misérabilisme ambiant, dans une paupérisation outrecouidante et dans une crise chancelante. A quoi nous servent donc ces intellectuels organiques qui pullulent dans la nasse gouvernante ? Alors que le chantre du système sollicite et recrute davantage les universitaires se transformant, ipso facto, en intellectuels organiques, le Cameroun s’enlise, paradoxalement, dans le mal développement. Il y a, à l’heure actuelle, une conjonction de crises sociale, sécuritaire, culturelle, économique, politique et environnementale qui aiguillonnent les sentiers de la vie courante.

Mais qu’ont fait les intellectuels organiques du régime de Yaoundé pour contribuer à la résolution de cette nomenclature de problèmes ? Adossés à l’idéologie dominante du système gouvernant en place, tous ou presque se préoccupent plus du carriérisme, de l’opportunisme et du pouvoirisme. Ils mènent davantage des actions qui s’inscrivent dans la dynamique de courtisanerie, dont l’enjeu est d’œuvrer, sans vergogne et sans scrupule, pour la pérennisation du régime en place.

Serge Aimé Bikoi

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