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Cameroun > Université de Yaoundé II : Le Pr Fogué accuse Minkoa Shé d’avoir volé de l’argent aux étudiants

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Selon Alain Fogué Tédom, au lieu de doter l’Université de Soa d’un logiciel de test anti-plagiat, Monsieur le Recteur a préféré mettre en place un important réseau de fraude.

De l’avis du Professeur Fogué, sans en avoir reçu mandat ni du conseil de l’université chargé de « coordonner l’organisation générale des actionnaires et des programmes proposés par les Établissements » ni du Conseil d’administration, qui est l’organe suprême de l’université, le professeur agrégé de droit Adolphe Minkoa She a, à sa prise de fonction, instauré à l’université de Yaoundé 2 SOA, par une circulaire, un test anti-plagiat avant toute soutenance de thèse.

Alain Fogué souligne que cette initiative aurait pu être saluée si elle avait un fondement légal et si elle était saine. Force est de constater que l’éminent juriste a engagé cette opération de test anti-plagiat sans aucun fondement juridique. Plus grave, le Recteur Minkoa She a fait du fameux test un instrument de règlement de compte académique en plus d’être une grosse escroquerie financière au profit d’un gang.

Le militant du Mrc déplore le fait que le Professeur Minkoa She a préféré mettre en place un important réseau de fraude au logiciel anti- plagiat d’une université étrangère dont le point d’encrage était le décanat de Sciences Économiques de l’institution dont il a la charge, au lieu de doter l’université de Yaoundé 2 Soa d’un logiciel de test anti-plagiat.
A ce « péage illégal » devenu un marché captif pour son gang, le Recteur Minkoa She organisait le racket des candidats à la soutenance des thèses. Ceux-ci se voyaient délester d’importantes sommes allant de 75.000 Fcfa à plus de 300.000 Fcfa, qu’ils payaient à travers un réseau bien huilé en ligne par carte bancaire.

En effet, sous prétexte d’échecs répétés, parfois imaginaires, au test, le gang faisait payer plusieurs fois aux malheureux étudiants.
Comme indice de l’arnaque, Fogué affirme que certains candidats ont été admis à soutenir leur thèse à l’université de Yaoundé 2 Soa avec un taux de plagiat de 40%, d’autres à 30%, 20% et les candidats à qui le Recteur Minkoa She voulait régler les comptes, à 10%. L’accusateur cite le cas de Thierry Okala Ebodé qui, pour atteindre ce fameux seuil de 10% punitif, a déboursé plus de 200.000 FCFA.

Le Professeur Alain Fogué Tédom soutient que dans les pays développés où on trouve dans les universités plus de bibliothèques que de 4×4 Prado sur les parkings des Recteurs, le taux moyen du test anti-plagiat admis est compris entre 15 et 20%.
Autre élément pour comprendre qu’il s’agissait bel et bien d’un péage dressé sur les chemins des pauvres candidats en violation des lois et règlements qui organisent l’université camerounaise, les tests faits en dehors du réseau n’étaient pas acceptés alors même qu’il existe des logiciels de test anti-plagiat gratuit en ligne.

Cette affaire d’escroquerie au test anti-plagiat orchestrée par l’homme du “New Deal Académique” a finalement tourné en scandale au sein de l’université de Rouen lorsque l’administration de cette honorable institution a découvert que son logiciel recevait un nombre anormalement élevé de thèses à évaluer et qui, toutes, étaient testées à partir d’un même mot de passe. Suite à cette découverte, l’université de Rouen a pris des sanctions notamment contre un enseignant d’origine africaine mêlé à cette escroquerie internationale.
Au final, dans cette affaire, l’argent ” braqué” aux étudiants de l’université de Yaoundé 2 Soa n’était pas reversé à l’université de Rouen où étaient pourtant réalisés les tests dont les résultats manipulés permettaient au gang de taxer autant de fois que voulu leurs victimes.

Nul ne sait où est passé l’argent volé aux victimes du Grand Prof. Afin de bien mesurer l’ampleur de cette escroquerie scientifique, outre les montants exigés, largement supérieurs aux frais universitaires réglementaires, il faut souligner que des centaines de candidats ont été contraints de payer et parfois plusieurs fois ces montants. Il est surprenant que malgré ces faits dont on ne peut pas dire qu’ils ne sont pas connus des services de renseignement, l’on ait prorogé, au-delà de sa date de départ en retraite, le séjour de Monsieur Minkoa She à la tête de l’UyII.

Ces faits graves qui ont porté atteinte à l’honorabilité de l’université de Yaoundé 2 Soa à l’université sœur de Rouen en France et qui ont abouti au vol des étudiants auraient dû normalement conduire à conclure à son inaptitude morale pour gérer une université, et même toute autre structure aussi bien publique que privée.

Fogué signale qu’il est urgent que ceux qui sont en charge de l’université camerounaise, notamment ceux qui officient à la Primature et qui agissent en lieu et place du Minesup pour protéger ces forfaitures, ordonnent l’ouverture d’une enquête. Il est prêt à coopérer à cette enquête.
Pour conclure, Alain Fogué propose que les membres de ce dangereux gang restituent aux pauvres candidats en thèse l’argent qu’ils leur ont volé. Ils doivent également répondre de leur forfait devant la justice dans l’intérêt de la gouvernance universitaire.

Antoine Bivana


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