Home Santé Afrique Cameroun > Vente illicite des médicaments: La stratégie gouvernementale de riposte en 6 mesures
Afrique - 6 jours ago

Cameroun > Vente illicite des médicaments: La stratégie gouvernementale de riposte en 6 mesures

En réitérant les caractères illicite, dangereux, morbide et fatal de la vente et de la consommation des médicaments de la rue, le ministre de la Santé publique a annoncé, le 12 octobre dernier, une phase répressive d’ici peu.

Le médicament, élément déterminant de la chaîne des soins, sa qualité est requise pour garantir une prise en charge adéquate des populations. Mais la criminalité pharmaceutique n’a cessé de prendre des proportions inquiétantes dans le monde et en Afrique Sub-saharienne en particulier, au point de devenir un réel problème de santé publique. Selon l’Organisation mondiale de la santé, 116 000 décès en Afrique subsaharienne seraient dus à la consommation des faux produits.

Au Cameroun par exemple, les dépenses en santé relatives à l’achat des médicaments dans la rue en 2012 s’élevaient à 33 milliards 200 millions Fcfa soit 0,7% des dépenses en santé au cours de la même année. Un réel manque à gagner pour l’Etat et un danger pour les consommateurs car ces médicaments n’ont aucun effet bénéfique et pire encore sont nocifs voire mortels.

A l’occasion de la célébration de la journée africaine de lutte contre le faux médicament le 12 octobre dernier, le ministre de la Santé publique a profité de l’occasion pour interpeller les camerounais à une prise de conscience collective et à plus de responsabilité.

Une interpellation qui entre en droite ligne avec le thème dont l’intitulé est « la lutte contre le faux médicament, une responsabilité de tous ». En invitant les uns et les autres à jouer pleinement leur rôle pour définitivement juguler ce phénomène, Manaouda Malachie a révélé les différentes stratégies déjà élaborées par le gouvernement.

Il s’agit de : l’élaboration d’un Plan national multisectoriel de lutte contre le faux médicament et le trafic illicite des produits pharmaceutiques (Plan-lufaumed) dont les acteurs clés de la mise en œuvre sont les administrations en charge de la santé humaine, la santé animale, la justice, l’administration territoriale, la décentralisation, la sûreté nationale, la gendarmerie nationale, le commerce, des douanes, des finances, du transport, de l’environnement ainsi que les organisations professionnelles de la santé qui bénéficieront de l’accompagnement d’Iinterpol et des partenaires au développement ; l’amélioration continue de la disponibilité et de l’accessibilité du médicament de qualité pour répondre à la demande des populations ; la sensibilisation et l’information des populations sur les méfaits liés à la consommation des médicaments d’origine et de qualité non contrôlées et sur l’illusion du « moins cher » entretenue autour du médicament de la rue.

Agence africaine du médicament

Parmi ces mesures figurent aussi : la réglementation et le cadrage de la distribution des produits pharmaceutiques ; le développement d’un système d’assurance qualité pour garantir la qualité des médicaments du circuit licite de distribution et dont les principaux piliers sont :

l’obligation d’homologation des médicaments avant leur mise sur le marché, leur contrôle de qualité par le Laboratoire national de contrôle de médicaments et d’expertise (Lanacome), l’inspection des établissements pharmaceutiques pour s’assurer de la conformité de leurs activités aux normes et bonnes pratiques, la pharmacovigilance qui permet la notification des effets secondaires des médicaments et l’examen de ces derniers en vue d’actions appropriées, la surveillance du marché pour éviter la circulation de faux médicaments dans le Syname, le contrôle à l’importation des médicaments en relation avec les services de douanes et enfin la répression par :

des opérations de saisies/destructions des médicaments de la rue sous la coordination de la Délégation générale à la sûreté nationale (Dgsn) ; des opérations judiciaires à l’encontre des acteurs de ce trafic ; la fermeture de quelques établissements clandestins ; la ratification de la loi portant création de l’Agence africaine du médicament ; l’engagement dans le processus de ratification de la Convention Medicrime.

Rostand TCHAMI

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