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Circulation des produits cosmétiques non-homologués > Cameroun: Un serpent de mer difficile à esquinter

Suite à l'annonce des sanctions lourdes contre l'honorable Nourane Fotsing et d'autres promoteurs des produits cosmétiques, diététiques et des compléments alimentaires, la Directrice des entreprises Nourishka, par ailleurs députée Pcrn du Wouri-Est, a décidé, après avoir été reçue le 11 août 2022, de se conformer à la loi, en souscrivant à la procédure visant à faire valider ses ingrédients de beauté.

Par panorama
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Par Serge Aimé Bikoi

En attendant l’approbation de Lanacome, force est de constater que le gouvernement camerounais a péché, depuis des années, en laissant pourrir la situation liée à l’invasion des produits cosmétiques non-homologués au Cameroun.

A quoi sert la réglementation en vigueur si l’on n’arrive pas à contrôler et à réguler le marché des produits cosmétiques, diététiques et des compléments alimentaires au Cameroun? C’est, en effet, la question qui taraude l’esprit des consommateurs et des observateurs de la scène publique nationale et internationale. Le ministre de la Santé publique (Minsanté) a, certes, pris des décisions officielles consistant à sommer les promoteurs des produits de beauté de se conformer à la loi en vigueur. Question de faire certifier et d’avaliser la nomenclature des ingrédients éclaircissants dont ils disposent dans leurs fabriques. Mais ce qui est curieux, c’est que le gouvernement camerounais n’a pas décidé, parallèlement, de suspendre l’importation de l’hétérogénéité des ingrédients de beauté existants dans les circuits commerciaux.

Or, c’est au port de Douala et de Kribi que transitent les produits embellissants issus des pays étrangers. Depuis plusieurs années, il y a un arrivage massif des savons, des laits de toilette, des lotions, des crèmes, des gels, des mèches, des vaselines, tout autant que des compléments alimentaires, dont le rôle consiste à éclaircir la peau ou, du moins, le teint des femmes africaines et, singulièrement, des femmes camerounaises en butte, aujourd’hui, à l’aliénation culturelle consécutive à l’option pour la sublimation du blanc. Signe de l’entretien permanent de la mythification et de la mystification de la race blanche et du complexe de la colonisée lié à la légitimation de la supériorité de l’être blanc. Du coup, il y a, ces dernières années, un basculement dans la promotion de la “peau noire masque blanc”, pour emprunter l’expression de Frantz Fanon. Vu la permanence de l’importation massive des produits cosmétiques et diététiques variés, le gouvernement camerounais attaque la résolution de l’équation de la résorption des produits non-conformes, problème de santé publique, en saisissant le serpent par la queue. Pourtant, il est impératif de traquer le taureau par les cornes et d’esquinter, pour ainsi dire, le serpent par la tête. En réalité, tant que le gouvernement ne va pas suspendre l’importation de ces objets décapants, Manaouda Malachie aura beau infliger les sanctions draconiennes à ces entrepreneurs économiques, mais le problème de leur circulation dans les arcanes et circuits commerciaux va prospérer coûte que vaille. Surtout qu’il existe, au Cameroun, un libéralisme économique à outrance né de l’implémentation des contraintes de l’idéologie néo libérale. Dans la dynamique des importations, chaque maillon de la chaîne bénéficie de ses prébendes et de ses dividendes dans le processus de partage. Ce business créé et alimenté, depuis des lustres, par la valse des acteurs gouvernementaux et des entrepreneurs économiques ne va pas faire tomber ses rideaux aujourd’hui tant les ramifications sont énormes. Le serpent de mer des importations des produits cosmétiques, diététiques et des compléments alimentaires est, in fine, difficile à éradiquer. Chacun(e) est mouillé jusqu’au cou.

Il y a, dans la même veine, une litanie d’actions et d’activités frappées du sceau d’interdiction depuis des années par certains ministres de la République, mais sur le terrain, elles prospèrent sans coup férir sans que des sanctions ne soient infligées aux contrevenants. Restons dans le giron médical ! l’État du Cameroun s’obstine, depuis des années, à éradiquer la vente des médicaments de rue, mais malheureusement, ces remèdes continuent de circuler et d’être vendus dans le gazon, mieux dans le marché noir. Cette excroissance est, de surcroît, entretenue par des médecins de formation et de profession, qui sont les détenteurs des centres de santé et des circuits de vente dans le marché noir. Le ministre du Commerce (Mincommerce) a, quant à lui, décidé, ces dernières années, de l’interdiction de la vente des whiskies en sachets, mais ces alcools variés continuent de coloniser les étals commerciaux des villes camerounaises au mépris de la loi en vigueur. Il y a même plusieurs variétés de whiskies en sachets qui naissent chaque jour et qui entraînent des dangers en matière de santé publique. “Tombeau” est, par exemple, une variété qui est abondamment vendue dans les lieux de deuil sans que cela n’offusque plus d’un. L’interdiction d’une typologie de plastiques par le ministre de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable (Minepded) est un autre exemple non respecté par les autorités compétentes. Jusqu’à ce jour, ces plastiques investissent tous les circuits commerciaux. La litanie des exemples est loin d’être exhaustive.

Au demeurant, nonobstant l’annonce des sanctions coercitives à l’endroit des tenanciers des produits cosmétiques, diététiques et des compléments alimentaires, l’existence de plusieurs plateformes numériques contribue à la circulation et à la commercialisation desdits ingrédients. De millions d’internautes, qui sont des clientes de ces promoteurs, envoient, tout simplement, des messages à leurs vendeurs et entrent en possession des produits décapants. Du coup, le tour est joué et les produits sont alors commercialisés sans tenir compte des risques et périls sanitaires que ces clientes encourent au quotidien.

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