LA UNE Opinion Sciences panorama 29 avril 2020 (0) (322)

Covid-19 et représentations collectives dans le monde

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Le pays de Paul Biya est le 5ème en nombre de décès derrière l’Algerie, l’Egypte, le Maroc et l’Afrique du Sud. Face donc à la pandémie du Covid-19, les croyances et les traditions populaires ont le vent en poupe. De nombreuses plantes ont prouvé leurs vertus préventives ou curatives contre plusieurs maladies. Mais, aucune thérapie naturelle n’a encore montré scientifiquement son efficacité et son efficience contre le Covid-19.

Les croyances et les représentations collectives ont joué un rôle dans toutes les épidémies et à toutes les époques. Partout dans le monde, l’on assiste à un attachement viscéral aux traditions populaires pour se protéger contre la maladie du coronavirus. Des amulettes au Mexique, de l’ail bouilli dans l’eau au Maghreb, du pouvoir magique de quelques ingrédients antiviraux et antigrippaux dans la région de Ghardaïa en Algérie. A la quête de recettes traditionnelles, beaucoup croient au pouvoir miraculeux des plantes renforçant leur immunité. Question de se protéger contre le Covid-19. La grande popularité de toutes ces pratiques a incité l’Orgamisation mondiale de la santé (Oms) à publier, en ligne, des conseils pour en finir avec des idées reçues comme moyens de guérison du Covid-19. Nous citons quelques exemples de conseils : manger de l’ail peut-il aider à prévenir l’infection par le coronavirus? Selon l’Oms, l’ail est un aliment sain qui peut avoir certaines propriétés antimicrobiennes. Cependant, rien ne prouve que sa consommation préserve du Covid-19.

Une autre fake new démentie par l’Oms. L’huile de sésame empêche le coronavirus de pénétrer dans l’organisme. A ce jour, aucune preuve scientifique ne valide les propriétés antivirales de l’huile de sésame vis-à-vis de l’agent infectieux Sars-cov2. Actuellement, en Chine, un sirop utilisé pour ses propriétés antivirales et antibactériennes et pour renforcer le système immunitaire à base de chèvrefeuille, de scutellaire chinoise et de forsythia a eu une grande notoriété auprès de la population chinoise et a été considérée comme la panacée contre le Covid-19.

Un déchaînement collectif a suscité une rupture de stocks de remèdes naturel et a poussé les autorités chinoises à contraindre les scientifiques et les médias à publier l’information selon laquelle ce remède ne pouvait ni guérir, ni prévenir le Covid-19.

Paradoxalement, en médecine occidentale, la chloroquine (molécule connue comme un antipaludique et actuellement expérimentée contre des maladies immunes telles que le lupus et des maladies rhumatoïdes) a été proposée comme traitement contre cette pandémie.

Serge Aimé Bikoi. Journaliste sociologue. Rédacteur en chef à Panorama papers. Journaliste du développement.

Les premiers résultats ont été publiés dans la revue Bioscience Trends à partir de 100 patients ayant montré une efficacité et une efficience apparentes et une innocuité acceptable pour le phospate de choloroquine contre la pneumonie associée au Covid-19. Il est donc temps de cesser de considérer les croyances et les représentations collectives en termes de recettes traditionnelles comme des vérités évidentes. Pourtant, elles doivent, au préalable, être passées au cribble de la rationalité scientifique.


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