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Interview - 1 novembre 2021

Écosse > Cop 26: Mamadou Mota analyse la situation climatique mondiale

Le vice-président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun ( Mrc), voit me sommet de Glasgow du Cameroun.

Le Cop26 s’est ouvert ce dimanche 31 octobre 2020 à Glasgow en Écosse pour trouver des solutions urgentes à la crise écologique. Vous êtes à Maroua, comment se manifeste cette crise dans la vie quotidienne?

vous savez le changement climatique est l’un des défis les plus préoccupant de notre contemporanéité, il est le vécu quotidien des populations de Maroua comme le prédisent tous les experts en la matière. Située en zone sahelo-soudanienne, Maroua connait des sécheresses qui sont de plus en plus rudes, des températures sont de plus en plus chaudes même au moment où l’on attend les températures basses. Les vents violents aux conséquences désastreuses sont de plus en plus fréquents. Il faut dire aussi que la pluviométrie depuis 60 ans a drastiquement été réduit et nous assistons a des retours tardif de pluie et des départs tantôt précoces, tantôt tardif ce qui ne favorise en aucun cas les activités socioéconomiques des populations dont l’essentielles reposent sur l’agriculture, l’élevage et la pêche.

A votre observation, est-ce qu’une réponse idoine est apportée à la détresse des populations sinistrées?

Les inondations sont fréquentes et pour la seule année dernière dans le mayo sava, il y a eu des dégâts énormes dus a ce phénomène allant jusqu’à des pertes en vies humaines, on dénombre 10 morts, 5442 cases détruites, 1039 Ha de champs de sorgho détruits. Tout ceci influence gravement la sécurité alimentaire et les moyens d’existence des populations déjà suffisamment affaiblies par la pauvreté et la faim pourtant évitables grâce à une bonne politique agricole mettant les petits producteurs au centre de l’action.

La recrudescence du paludisme consécutive aux températures favorisant la prolifération de l’anophèle femelle tue en grand nombre les enfants surtout de moins de 5 ans et cela dans un calme indifférent des autorités qui d’ailleurs n’ont pas de statistiques à ces sujets car les enfants meurent à la maison sans soins préalables. Il faut dire qu’aujourd’hui les températures favorisent la prolifération des ennemis de culture et que le retour des criquets migrateurs aux caractères dévastateurs n’est à exclure. Nous vivons le changement climatique quotidiennement comme une fatalité dans une violence sans pareil.

A ces différents sommets de l’Onu sur la protection de la planète, avez-vous la conviction que l’Afrique et le Cameroun ont droit au chapitre? Pourquoi selon vous?

La réponse du gouvernement camerounais aux préoccupations de la population a toujours été une approximation dans l’improvisation. C’est un gouvernement réactionnaire qui préfère subir que prévenir. Il est surprenant que le gouvernement camerounais ait un plan national d’adaptation au changement climatique qui malheureusement n’est pas mis en œuvre. Aucune réponse n’est apportée dans le sens de préparer les populations à s’adapter au changement climatique ou a en atténuer la production de Ges. Le Cameroun dans sa contribution nationale déterminée a élaborée des idées des projets qui sont restées des idées comme vous le constatez comme moi. Le gouvernement attend uniquement les fonds extérieurs pour apporter un soulagement aux populations surtout de cette zone du pays si peuplée mais où se concentre aussi les misères les plus inhumaines. Pourtant nous avons des banques et des assurances, des entreprises (Sodecoton, Cimencam, Brasserie) à qui le gouvernement devraient demander un engagement climatique afin de donner un coup de main dans l’adaptation que les populations s’activent depuis des décennies à performer qui malheureusement aujourd’hui ne répond plus efficacement aux défis climatiques de l’heure . Il ressort donc que, non seulement la réponse est inexistante, apporter une réponse n’est même pas une priorité du régime actuel.

Vous savez tout dépend du rapport de force. Nous devrons avoir droit au chapitre si nous contribuons autant que les pays riches malheureusement, l’Afrique et le Cameroun vont à la CoP26 à Glasgow avec des attentes sur le bilan des engagements pris par les pays développés envers les pays en développement et émergents lors de la CoP21 : celui d’un de transfert de 100 milliards de dollars dès 2020. Il faut toutefois noter que cet objectif des 100 milliards de transferts, d’une forte portée diplomatique et symbolique, n’est lui-même en aucun cas un étalon des besoins d’investissement des pays en développement pour un développement décarboné. Les pays devéloppés sont les gros pollueurs et eux contribuent comme ils veulent, nous sommes les plus vulnérables au changement climatique alors que nous ne polluons pas autant que les pays développés. Le flux des fonds c’est des pays développés vers les pays les moins avancés et cela nous porte préjudice. Toutefois, l’Afrique peut avoir droit au chapitre si elle forme un bloc et des plans d’adaptation à la hauteur de l’enjeu. Malheureusement aujourd’hui très peu de pays africain surtout en Afrique centrale prennent ce problème au sérieux. L’an passé à cause de la covid 19, il n’y a pas de conférence de partie mais avez-vous entendu parler de changement climatique au Cameroun? Ce phénomène si dangereux semble être pour le gouvernement du Cameroun plus une exigence que leur ait imposé l’extérieur qu’un potentiel danger anéantira l’effort de la population si rien n’est fait. J’ai peur que l’Afrique subisse plutôt ces crises actuelles et celles à venir qui va sans doute cornaquer des millions des petits paysans dans l’extrême pauvreté

Pensez-vous que le ministère de l’environnent, de la protection de la nature et du développement durable (Minepded) joue sa part de partition dans cette affaire?

Honnêtement je pense que non. Hélé pierre est ministre depuis plus de 40 ans, peut-être qu’il est le plus intelligent de toutes les générations qui se sont succédées dans le mayo Kani je n’en sais rien mais par rapport au changement climatique, j’ai honte de me prononcer car son action a consisté uniquement à planter des neem sur des vertisols avec l’appui des communes et les résultats sont si alarmants. On ne peut pas planter des arbres dans une zone où la pluviométrie dure à peine 4 mois sans penser à un système d’approvisionnement en eau. Il faut aussi relever que dans les zones sahélo-soudanienne la divagation des animaux domestiques est un frein majeur au reboisement ta t les terres reboisées sont des pâturages communautaires. Que fait-il pour les populations du littoral camerounais qui subissent déjà les montées d’eau de la mer ? Absolument rien. A ce niveau, il est coincé entre le Ministère de l’urbanisme et les multiples collectivités mises sur pieds par Paul Biya. Il y un véritable problème de chevauchement des institutions.

Il est urgent qu’il pense à créer un comité interministériel qui devrait lui monter des projets bancables et susceptibles d’êtres financés par les différents bailleurs dont le plus important aujourd’hui est le Fonds vert climat.

Le ministère aurait intérêt à se rapprocher des organisations des nations unies qui sont des entités accréditées ayant des compétences avérées dans le financement climatique mais vous savez qu’il préfère son bureau feutrés que de tout faire pour capter la multitude de fonds a notre porter .

Lutter contre le changement climatique ce n’est pas que s’appuyer uniquement sur certains aspects du littoral Cameroun et de la forêt encore que la, il n’a pas de moyens d’interdire la coupe sauvage des bois car c’est un autre ministère qui le gère. D’empêcher l’agriculture itinérante qui détruit gravement les forêts. Que peut-il faire de l’exploitation minière à l’Est du Cameroun qui détruit notre biodiversité et notre forêt? J’ai cherché, le Cameroun n’à profité que de 135 millions de Fvc pour le readiness mais c’est assez insignifiant. Tous les financements Redd se sont soldés par des échecs cuisants. Les pays de l’Afrique de l’ouest même le Tchad à côté font mieux que nous. Notre contre-performence ne peut être imputable qu’à lui et à ses amis qui le maintiennent à ce poste.

Que fait-il quand il va à l’assemblée nationale ? Défendre son budget et c’est tout. Il devrait exiger qu’il y a des lois sur le changement climatique et un groupe de travail parlementaire sur les questions de changement climatique. Mais hélas!

Aucun comité à la primauté encore moins à la présidence, qui semble s’intéresser plus à l’organisation de la Can. Aux ministères des finances et au minepat, il devrait avoir des experts de haut niveau en chargement climatique. la encore un flou exaspérant . J’ai peur que ce ministre ne soit plus dangereux que le changement climatique.

Quelle est votre regard sur le plan d’adaptation climatique du Cameroun ?

A l’étape actuel, j’ai un regard pessimiste car rien ne bouge, le plan national d’adaptation au changement climatique sera actualisé sans avoir été mis en oeuvre , il en est de même pour la contribution déterminée au niveau national. Aujourd’hui on devrait voir des petites Stations météo à la disposition des agriculteurs et des informations météo en permanence afin qu’ils puissent se préparer aux éventuels aléas mais très rarement ces informations sont fournies pour les grandes villes uniquement mais l’essentielle de la population camerounaise est en campagne. La météo est gérée par le ministère des transports et c’est un handicap majeur pour les agriculteurs qui non aucun trait d’union avec ce ministère. L’espoir se trouvera dans la societé civile si elle prend en main cette situation. Là aussi la multitude des Osc camerounaise est la croix rouge du rdpc et ont ensemble un caractère spécifique : l’inertie.

Il est question de mettre sur la table une enveloppe de 6900 milliards de dollars. Quelle part pour le Cameroun?

Malheureusement rien, et la nature même du financement climatique a défini le flux des fonds, il ira des pays développés vers ceux les moins avancés quoique ces financements soient additionnels.

Depuis le Cop21 à Paris en 2015, voyez- vous les efforts du Cameroun pour protéger l’environnement.

L’effort est là. Il a consisté déjà a élaboré un plan national d’adaptation au changement climatique, la contribution déterminée au niveau national aussi a été élaborée mais la mise en œuvre tarde . La sensibilisation de la population camerounaise au sujet du changement climatique devrait être un impératif absolu mais hélas vous le remarquerez aussi, il manque de personnel au minepded et ce ministère n’a pas de service déconcentré au niveau communal. Les mairies aussi n’ont pas de ressources humaines capables de prendre le relais. Il y a tant à faire pour le bonheur du peuple que ce que le gouvernement camerounais fait actuellement ne peut être satisfaisant. Il faut bien redoubler d’efforts et établir un diagnostic sérieux du changement climatique sur l’ensemble du territoire.

Si vous aviez un conseil à donner au gouvernement, que diriez-vous ?

On ne conseil qu’un gouvernement qui écoute, celui ci semble être complètement sourd. Toutefois, ce gouvernement doit penser une loi sur le changement climatique, créer une taskforce a la présidence et a la primauté en change du suivi du changement climatique. Il faut des experts dans les ministères des finances et de la planification, un comité interministériel que présidera le minepdep ou on aura les experts de du minepia, minader, mintransport, onacc, minfof, les banques et assurances et les Osc.

Il faut aussi sensibiliser les camerounais qui n’ont pas une idée des catastrophes à venir consécutif au CC.

La gouvernance du changement climatique souffre au Cameroun et il faut aussi revoir l’action de la jeune, des femmes et des peuples autochtones dans l’adaptation au cc.

Et à la population dans son ensemble?

Le peuple doit s’approprier le changement climatique afin que l’adaptation soit facile . La résilience dépend tant de la population et qu’elle soit placée au cœur de la politique nationale en matière de cc. Il faut bien s’accommoder a l’évolution du temps avec ce que cela comporte comme évolution technologique, électronique etc.. que le peuple doit aussi assimiler.

Propos recueillis par Léopold Dassi Ndjidjou

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