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Europe - 9 août 2021

Espagne > Diaspora camerounaise: Une manifestation prévue le 13 août divise fait trembler l’ambassadeur

L’ambassadeur a sorti un communiqué soulignant le manque de nécessité de ladite marche, alors que les manifestants continuent la mobilisation.

Sur la toile tournent aussi bien en boucle le communiqué de l’ambassadeur de la République du Cameroun en Espagne déclarant cette manifestation inopportune  et sans objet que les tracts appelant à une grande mobilisation devant la chancellerie. 

« L’ambassade du Cameroun auprès auprès du Royaume d’Espagne à Madrid porte à la connaissance de la communauté camerounaise vivant en Espagne, qu’il a été porté à son attention la parution dans les réseaux sociaux d’un post sous forme de tract appelant à une grande manifestation devant l’ambassade du Cameroun à Madrid le 13 août 2021 »,

annonce d’entame le représentant de Paul Biya en Espagne, Paulin G.R. Yanga, dans un communiqué signé le vendredi 6 août 2021.

Il poursuit en indiquant que l’initiateur de ce post, le nommé Joseph Bamou, citoyen camerounais résidant à Bilbao, « donnerait pour motif à son action l’impossibilité en Espagne de s’inscrire sur les listes électorales ». Ce dernier contacté par Le Messager, affirme qu’effectivement il y a une grande manifestation autorisée par l’Espagne à son initiative en tant que président de l’association humanitaire dénommée l’Union subsaharienne.

Il précise par ailleurs que l’ambassadeur n’est pas de bonne foi dans son communiqué car il sait pertinemment qu’il existe bel et bien quatre objets bien précis qui vont mobiliser les Camerounais résidant en Espagne le vendredi 13 août prochain à 11 heures précises devant l’ambassade à Madrid.

Sur le tract d’ailleurs, on lit, en-dehors de la problématique des inscriptions sur les listes électorales en Espagne, l’exigence de stopper  la guerre au NoSo, de stopper l’immigration illégale et la réforme consensuelle du système électoral. Tel que précisé par l’ambassadeur dans son communiqué, Joseph Bamou avoue être activiste engagé arrivé en Espagne en 2003, résidant effectivement dans la ville de Bilbao depuis 18 ans.

Il poursuit en indiquant que du haut de ses 47 ans, marié et père de 3 enfants, exercant la profession d’électrotechnicien, il est républicain et n’a jamais porté préjudice à aucune représentation diplomatique du Cameroun. Tout ce qui l’anime confesse-t-il, est que sa détermination pour le changement au Cameroun n’est plus à démontrer.

« Voilà pourquoi, peut-être les gens qui s’affairent pour que les choses ne changent pas au Cameroun me regardent d’un mauvais œil », conclut-il. Sur la question spécifique de l’inscription sur les listes électorales, il précise que depuis la dernière élection présidentielle de 2018, il n’y a plus jamais eu une quelconque inscription sur les listes électorales en dépit des multiples sollicitations auprès des de l’ambassade.

Il va plus loin en indiquant qu’en dehors de Berne en Suisse , toutes les représentations consulaires en Europe tiennent le même langage: « celui de dire que la machine d’Elecam est en panne, tantôt qu’il n’y a pas un représentant d’Elecam sur place pour nous inscrire », assure-t-il avant de révéler qu’il y a de cela trois ans qu’il est derrière les autorisatés consulaires et elles tiennent tout le temps le même langage.

Bien avant l’entrée en poste de Paulin G.R. Yanga il y a à peine 10 mois, il en avait précédemment longuement discuté avec les locataires de la chancellerie de l’époque, confie-t-il. Comme on le voit, tout est mis en œuvre pour que vendredi prochain, les Camerounais se mettent encore au devant de la scène internationale en manifestant contre le pouvoir, après les évènements de Genève, il y a quelques semaines.

Que feront les autorités espagnoles?

La position de l’ambassade à défaut de moyens l’égaux pour interdire une telle manifestation est

« que la manifestation projetée par Monsieur Joseph Bamou est inopportune et sans objet; et que l’argument invoqué par lui procéde de sa volonté de s’illustrer négativement comme à son habitude par des actions de nuisance à l’endroit des institutions camerounaises et de celui qui les incarne. »

L’ambassadeur, dans la foulée indique que les autorités compétentes espagnoles ont été saisies de la question et ne manqueront pas, comme à l’accoutumée, d’apporter leur soutien en vue de la protection des locaux de la Chancellerie et des personnels.

Plus encore, Paulin G.R. Yanga « appelle au patriotisme, à la clairvoyance et à la plus grande vigilance des compatriotes de bonne volonté, face à de telles manœuvres qui s’inscrivent dans une logique de pollution de l’opinion et n’ont pour but que de ternir l’image du Cameroun aux yeux de l’opinion publique de notre pays d’accueil ». Dans une telle situation, de toute évidence, les autorités espagnoles devront protéger l’intégrité des bâtiments de la chancellerie auxquels Joseph Bamou et les siens promettent ne pas y toucher parce qu’ils sont des républicains.

Par contre, elles laisseront probablement la manifestation suivre son cours selon les quatre objets définis dans la demande à moins de suivre l’exemple suisse qui avait dans un premier temps accordé l’autorisation de manifester à la diaspora camerounaise et de revenir par la suite sur leur décision pour déclarer la manifestation interdite.

Pour l’instant, tous les regards sont focalisés sur vendredi prochain à Madrid comme ce fut le cas sur Genève il y a quelques temps. Une seule question demeure. A quand les autorités camerounaises agiront-elles dans le sens de donner un dénouement heureux à toutes ces revendications sur la place publique occidentale ? C’est déjà un acquis que c’est l’image du pays qui est brocardée de toutes parts.

Léopold DASSI NDJIDJOU

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