Accueil PolitiqueAmérique États-Unis > Assaut du Capitole: Le chef de la milice Oath Keepers reconnu coupable de “sédition”

États-Unis > Assaut du Capitole: Le chef de la milice Oath Keepers reconnu coupable de “sédition”

Le fondateur des Oath Keepers, Stewart Rhodes, et un autre membre de cette milice d'extrême droite ont été, mardi, reconnus coupables de "sédition" pour leur rôle dans l'assaut du Capitole à Washington. Ils encourent jusqu'à 20 ans de prison.

Par panorama papers
0 commentaire 822 vues

Par Sandra Embollo

Après deux mois de procès et trois jours de délibérations dans un tribunal fédéral à Washington, Stewart Rhodes, le fondateur des Oath Keepers, et un autre membre de cette milice d’extrême droite (Kelly Meggs), sont devenus mardi 29 novembre les premiers participants à l’assaut du Capitole du 6 janvier à être reconnus coupables de “sédition”.

Les douze jurés ont acquitté trois autres membres des Oath Keepers de ce chef d’inculpation extrêmement rare, passible de 20 ans de prison. Les cinq hommes ont tous été reconnus coupables d’entrave à une procédure officielle. Leur peine sera prononcée au printemps 2023.

Ce verdict nuancé représente une victoire pour les procureurs qui enquêtent depuis bientôt deux ans sur l’attaque. Le procureur Matthew Graves, qui supervise l’ensemble des poursuites pénales, a déclaré qu’il 

réaffirme la force de notre démocratie et des institutions qui la protège, y compris notre système judiciaire”.

C’est “une victoire pour l’État de Droit”, ont ajouté les élus démocrate Bennie Thompson et républicain Liz Cheney, qui dirigent l’enquête parlementaire chargée de faire la lumière sur le rôle de Donald Trump dans l’assaut.

Un chef d’inculpation rare

Le 6 janvier 2021, les prévenus avaient attaqué le temple de la démocratie américaine avec un millier d’autres partisans de Donald Trump, au moment où les élus certifiaient la victoire du démocrate Joe Biden à la présidentielle.

Plus de 870 personnes ont été arrêtées et une centaine ont écopé de peines de prison, notamment les auteurs de violences contre les policiers. Mais, jusqu’ici, personne n’avait été reconnu coupable de “sédition”.

Ce chef d’inculpation, qui émane d’une loi adoptée après la guerre de Sécession pour réprimer les derniers rebelles sudistes, implique d’avoir planifié l’usage de la force pour s’opposer au gouvernement. Il se distingue de l’insurrection, au caractère plus spontané.

Difficile à prouver, il a été très peu utilisé : la dernière condamnation pour sédition a été prononcée en 1998 contre des militants islamistes responsables d’un attentat à la bombe contre le World Trade Center à New York cinq ans plus tôt.

Un rôle nié par Stewart Rhodes

Pendant le procès, les procureurs ont montré que Stewart Rhodes avait commencé à rallier ses troupes dès novembre 2020. “On ne va pas s’en sortir sans guerre civile”, leur écrivait-il deux jours après la présidentielle sur une messagerie cryptée.

Dans les semaines suivantes, il a, selon eux, dépensé des milliers de dollars pour acheter des appareils de vision nocturne, des armes et des munitions, et a stocké cet arsenal dans un hôtel de la banlieue de Washington. Le Jour-J, casqués et équipés de tenues de combat, ils étaient entrés dans le Capitole, en formation de combat.

Stewart Rhodes était lui resté à l’extérieur, mais selon les procureurs, il avait dirigé ses troupes avec une radio “comme un général sur le champ de bataille”.

À la barre des témoins, cet ancien militaire de 57 ans connu pour son cache-œil noir et ses diatribes enflammées, a nié avoir “planifié” l’assaut du Capitole et a jugé “stupide” que des membres de sa milice s’y soient joints. Il a soutenu que la “mission” des Oath Keepers était d’assurer la sécurité de la manifestation convoquée par Donald Trump pour dénoncer des “fraudes électorales” (dont l’existence n’a jamais été établie).

Ancien diplômé en droit de l’université Yale, ce quinquagénaire au parcours sinueux a fondé les Oath Keepers en 2009, en recrutant d’anciens soldats ou policiers, initialement pour lutter contre l’État fédéral jugé “oppressif”. Comme d’autres groupes radicaux, cette milice a été séduite par le discours anti-élites de Donald Trump.

à Lire Aussi

Laisser un Commentaire

About Us / QUI SOMMES NOUS

Comme son nom l’indique, Panorama papers est un site d’information générale qui traite l’essentiel de l’actualité mondiale dans ses grandes lignes. Nous possedons également une chaîne Youtube où vous retrouverez de grandes interviews et d’autres vidéos d’actualité. Panorama papers est un produit PANORAMA GROUP LLC. Nous travaillons avec nos propres moyens (sans mécène), pour vous servir une information libre et crédible.

NOUS CONTACTER

Revue de presses du 01 02 2023

© Copyright 2022 – PANORAMA GROUP LLC  All rights reserved. Deasigned by Adama Fofere Namen