Amérique Economie LA UNE panorama 15 novembre 2020 (0) (288)

Etats-Unis > Un gars nommé Joe: La vision transformative de Joe Biden

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L’Amérique et la naissance de la Superpuissance Africaine. C’est la vision de Joe, et une fois qu’il sera président, ce sera l’avenir de l’Afrique!

Au Delaware, tout le monde connait “Joe”. Pour un homme ayant un tel talent et de telles réalisations, le vice-président “Joe” Biden est plutôt modeste, charmeur, authentique et tendre. Jamais, depuis le décès de Ted Kennedy, une figure publique américaine n’avait mieux saisi la fondamentale et impardonnable réalité de la mort. Toutefois, sa foi et son espoir inébranlable l’ont conduit à célébrer la vie.

“Il vaut mieux allumer une bougie que de maudire l’obscurité”.

En Amérique, tout le monde a la possibilité de prospérer, d’évoluer et de se développer. Du moins, c’est ce qu’il y a sur l’étiquette. Malheureusement, ce n’est pas la réalité. Tous ne naissent pas avec les mêmes avantages. Tous ne sont pas élevés et aimés de la même manière en tant qu’enfant. Tous n’ont pas été traités avec la même dignité que tout le monde mérite. L’Amérique, c’est aussi bien la terre des rêves, que la terre de ceux qui “ont” et de ceux qui “n’ont pas”.

Mais il y a là, aux Etats-Unis, une caractéristique unique et sans doute salvatrice. Les Américains soutiennent l’outsider. Ils l’encouragent et l’applaudissent – même si ce n’est que depuis les gradins. Mais Joe, c’est autre chose. Au collège Joe était une star du football américain. Il apprit que pour mener les choses à bien, il ne suffisait pas d’être un cheerleader – il fallait être un combattant. Alors, Joe est devenu un dur avec un gros cœur.

Les vrais hommes n’abandonnent jamais leurs blessés. Et d’une certaine manière, nous sommes tous blessés – alors, les vrais hommes n’abandonnent jamais personne derrière.”

Durant des décennies, le sénateur du Delaware, Joseph Biden a soutenu le renforcement des liens économiques, politiques et sociaux entre l’Afrique et les Etats-Unis. Aujourd’hui, à l’heure où l’Afrique commence à toucher du doigt son potentiel, la vision de Biden promet de devenir réalité. Ce sera “le Meilleur des Mondes”, qui influencera le continent africain tout entier. Ce faisant, il démontrera au monde l’approche unique de Biden dans l’élaboration de la croissance économique.

Dès 1986, l’empressement du sénateur Biden à développer des relations authentiques entre les peuples des Etats-Unis et de l’Afrique était évident. Il avait répudié le président Ronald Reagan pour son soutien au régime raciste de l’Afrique du Sud. Biden mit en évidence le fait que Reagan avait non seulement minimisé les maux de l’oppression raciste de l’Afrique du Sud, mais avait fermement refusé d’imposer des sanctions à un gouvernement dont l’existence même dépendait de l’Apartheid. Aussi incroyable que cela puisse paraître, le président Reagan décrit toute possible sanction américaine comme étant “immorale et totalement répugnante”. Alarmé par le soutien du racisme par Reagan, Biden est passé à l’offensive. Au cours d’une audience du Sénat, Biden dit aux fonctionnaires de l’administration qu’il considérait les politiques américaines d’alors comme étant répugnantes.

Dans un contraste saisissant, il “admirait inflexiblement”, l’incroyable retenue dont faisaient preuve l’activiste anti-apartheid, l’archevêque Desmond Tutu. Envahi d’une furieuse exaspération, Biden cria presque lorsqu’il fit remarquer que les collègues pacifistes de l’archevêque Tutu se faisaient “piller, emprisonner et tuer” par le gouvernement raciste de l’Afrique du Sud. Etant donné l’époque et la popularité immense de Reagan, c’était osé et politiquement dangereux. Néanmoins, Biden a tenu ferme.

L’exigence de Biden d’imposer des sanctions contre Prétoria allait bientôt porter ses fruits. En moins d’un mois après cet échange, le Congrès Américain commença à débattre de ce qui allait devenir le Comprehensive Anti-Apartheid Act. Biden savait qu’étant donné la dépendance de l’Afrique du Sud de l’aide américaine, une telle législation allait en définitive mettre un terme à l’apartheid. Quand la loi passa la chambre des représentants ainsi que le Sénat, le président Reagan opposa son veto. Menant la charge, Biden demanda que le veto soit annulé par les deux chambres du Congrès. Quand cela fut réalisé, cela marqua un moment historique. Les historiens auront noté, que c’était l’unique fois durant le 20ème siècle, qu’un président en exercice aura été aussi vivement réprimandé sur sa politique étrangère.

La lutte contre l’apartheid n’était qu’un exemple du respect de Biden pour la démocratie en Afrique. Le leadership féroce du sénateur se poursuivit sans relâche. Suite à son voyage en Afrique en 2004, le sénateur m’a écrit une lettre. Il y dit, qu’il était “extrêmement alarmé” par les rapports de carnages et d’oppression dans la province soudanaise du Darfour. Il me décrit de quelle manière les hélicoptères de combat bombardaient des villages pacifiques. Il dit que les milices, soutenues par le gouvernement, massacraient sans discrimination des civiles désarmés. Dans sa lettre, il me dit qu’ils “employaient la politique de la terre brulée”. Il écrivit, que celles-ci n’incluaient pas seulement le meurtre d’hommes innocents mais également le viol méthodique de femmes, et de manière horrible, la manière dont ils brulaient des enfants vivants devant leur parents.

En 2004, de nombreux Africains pris d’amertume, criaient que les Etats-Unis, avec toute leur puissance militaire et économique, avaient tout simplement refusé de s’en mêler pour mettre un terme au génocide du Darfour. Une fois de plus, Biden prit l’offensive de la part de l’Afrique. De la seule manière, qui lui était possible à l’époque, il soutint vigoureusement la législation américaine pour aider ces victimes impuissantes d’oppression politique. Biden introduit le Comprehensive Peace for Sudan Act. C’était un fonds de 200 millions de dollars qui aida plus d’un million de victimes de la guerre au Darfour. Au-delà de ça, Biden a également appelé les Etats-Unis et la communauté internationale à intervenir. Il rappela au monde les provisions de la Convention de Genève sur le Génocide. Biden dit que les 200 millions de dollars n’étaient que le début de l’engagement des Etats-Unis auprès du peuple soudanais. Il savait que cette aide à elle seule n’était pas suffisante, alors il commença à persuader, encourager et même cajoler les hommes d’affaires américains à augmenter les importations aux Etats-Unis depuis l’Afrique. Il argumenta que ceci donnerait le signal que l’Amérique tentait d’atténuer, par tous les moyens, le terrible cauchemar politique et militaire qui avait frappé le Darfour.

En 2006, après un voyage en Afrique et au Moyen-Orient, il raconta au reporter du Delaware News Journal qu’il avait “été en enfer plusieurs fois”, citant sa visite à un camp au Tchad qui était situé au milieu du désert. Il était rempli de plus de 30 000 réfugiés ainsi que leur bétail. Le grand nombre de personnes fit qu’il était quasiment impossible au Tchad de faire face au défi de ces conditions terribles et inhumaines. Il ne suffisait pas qu’il n’y ait pas de logement. “La pauvreté” n’était pas le bon mot pour décrire la situation. Le dénuement total, impitoyable et affamé était le lot de ces Africains. Leur situation était si terrible “qu’il leur est même difficile d’articuler (ces défis effrayants)”. Non seulement Biden utilisa les mots pour exprimer sa profonde sympathie, mais vous pouviez le voir sur son visage. Vous saviez que cela venait de son cœur. Aussitôt, Biden dépêcha ses représentants auprès des gouvernements africains pour les aider à décrire leurs horribles problèmes au monde. Il a instamment demandé à ce qu’ils réclament formellement une assistance à l’OTAN.

Aujourd’hui, sur le point de devenir le prochain président des Etats-Unis, Joe Biden souhaite renforcer un esprit de coopération multinational entre Washington et les nations africaines émergentes. Il ne souhaite pas que les Etats-Unis, ou que d’autres puissances économiques développées, utilisent les mêmes vieilles tactiques, jadis utilisées par les puissances coloniales. A contrario, il a développé une approche basée sur le principe d’avantages réciproques. Typique de Biden, au moment même où il esquisse son magnifique sourire, vous savez que le monde sera témoin de cette politique étrangère américaine si spéciale, de type Win-Win. Le même genre de politique économique éclairée qui revigora l’Europe et le Japon après la Deuxième Guerre Mondiale.

Une des clés de la vision de Biden est que, de même que la Chine, l’Afrique doit développer sa propre et vitale industrialisation durable, qui sera réellement transformationnelle. Démontrant que de tels efforts transformatifs sont, à la fois, désirables, inspirant et mutuellement bénéfiques, il donne l’exemple de la Côte d’Ivoire. En transformant son industrie du cacao, la Côte d’Ivoire a créé quelque 10 000 emplois en Pennsylvanie. Imaginez. En poursuivant sa propre transformation économique, cette modeste nation d’Afrique de l’Ouest a créé 10 000 emplois en Amérique.

La vision de Biden est simple. Les Usa mettront en place les mécanismes critiques nécessaires pour faciliter l’accès aux marchés américains. Simultanément, il incitera les secteurs public et privé américains à investir directement en Afrique pour qu’elle transforme ses ressources naturelles en des produits essentiels à valeur ajoutée, pouvant être exportés vers l’Amérique. En combinant une injection de capitaux avec un accès à un énorme marché aux Usa, l’Afrique pourra transformer ses vastes matières premières en produits à plus haute valeur ajoutée – sur le sol africain. La seule manière de créer les emplois à salaire élevé et la richesse c’est d’augmenter la productivité. L’Afrique ne sera plus un esclave économique à la merci des aléas des prix du marché des matières premières indifférenciées. Au lieu de “subir un prix” sur le marché des matières premières, elle pourra “fixer le prix” sur une base durable à valeur ajoutée.

Biden comprend clairement que les échanges commerciaux entre les Usa et l’Afrique vont jouer un rôle vital et décisif dans cette relation gagnant-gagnant. D’une manière importante, la vision de Biden est de non seulement utiliser l’investissement direct de capitaux, mais il pense que l’Amérique peut et doit déployer ses ressources en propriété intellectuelle dans les zones industrielles africaines, ainsi que les zones de prospérité économiques à travers le continent. Aujourd’hui, ces enclaves de développement économique sont largement sous contrôle des investisseurs chinois, pas des Africains. Ils sont opérés de manière à maximiser les intérêts chinois, ce sont typiquement des transactions à sens unique. Le problème est que ces zones et parcs constituent les semences économiques qui au final feront germer les environnements économiques qui sont nécessaires à une émergence des entreprises africaines sur le long terme, qui sera compétitive à l’échelle mondiale.

La vision de Biden est qu’avant longtemps, les USA compteront sur les échanges commerciaux avec l’Afrique pour diversifier les chaines d’approvisionnement de l’Amérique. L’Afrique ne produira pas que des biens de consommation mais aussi des produits industriels qui pourront être assemblés et usinés en Afrique. Ceux-ci incluent les produits évidents tels que la nourriture et les vêtements mais incluront également des produits tels que des téléphones portables, des pièces automobiles et les produits pharmaceutiques que l’Amérique importe actuellement de la Chine. Ces produits essentiels proviendront de nations africaines de plus en plus intégrées, opérant depuis une Zone de Libre-Echange du Continent Africain parrainée par les Usa. Etant donné que la croissance économique américaine est centrée sur le consommateur et le secteur des services, plutôt que celui des biens manufacturés, elle requiert des partenaires commerciaux synergiques. Dans sa quette du partenaire parfait, l’Afrique représente le meilleur espoir pour l’Amérique.

En 2006, alors que j’étais le président de l’African Association of Delaware et le trésorier du Immigrants Council of Delaware, Biden m’a dit que bien que l’Amérique ait déjà eu un impact important sur l’Afrique, le meilleur restait à venir. Plus que jamais, Joe Biden est déterminé à ce que les Etats-Unis et l’Afrique aient un impact réciproque plus important et plus équilibré, dans une économie mondiale du futur, de plus en plus intégrée.

Au moment où l’administration Obama-Biden était sur le point de passer le pouvoir en 2017, Biden dit au Forum Economique Mondial : “La globalisation n’a pas été bienfait. Elle a creusé le fossé entre ceux qui mènent la course en tête et ceux qui luttent pour s’accrocher au milieu ou qui tombent au fond… Cependant, les échanges commerciaux à l’international et une plus grande intégration économique ont sorti des millions de personnes des pays émergents d’une pauvreté abjecte – améliorant l’éducation, étendant l’espérance de vie, ouvrant de nouvelles opportunités”.

Maty Sene Alassane, Economiste


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