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France > Maurice Kamto à l’Assemblée nationale: Le régime Biya aux abois

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Il y a d’abord eu, pour ne commencer que par là, ce téra meeting en plein Paris début février, où il a mobilisé en un temps record, plus de gens que lors d’un match de football. Des Camerounais, des Africains, des Français,  des Européens, tous accourus Place de la république dans la capitale française, pour que le Pr. Maurice Kamto les entretienne sur son projet de sortie de l’ornière d’un pays enfoui quelque part dans la foret équatoriale d’Afrique, qu’un dictateur indécrottable ne cesse d’enfoncer dans les ruines de plus en plus enténébrées  de la sauvagerie et de la barbarie,  s’appuyant sur le fait que ses éléments armés, à force d’agiter -au nom de la loi- la mort et la prison comme les seuls sorts possibles des “mal pensants”,  a fini par zombifier complètement les citoyens de ce pays, au point qu’ils en sont à penser que la malchance qui s’abat sur eux depuis l’avènement du successeur de “l’illustre prédécesseur” est une punition céleste qu’ils doivent accepter de bonne grâce.

Il y a eu, avant et après Paris, de nombreux cas de figure où Kamto s’est vu dérouler le tapis rouge, autrement dit, des situations où il a reçu les honneurs  de l’homme d’État qu’il est, n’en déplaise à ceux qui gouvernent à sa place. C’était bien sûr dans des pays où son adversaire qui tient par la force les rênes du pouvoir à Yaoundé, n’a pas besoin qu’on lui fasse un dessin pour qu’il comprenne qu’il y est persona non grata.

Passons !

Il restait cependant que lors de son passage en France fin janvier-début février, Maurice Kamto qui n’avait pas pris de rendez-vous avec des officiels français, n’en avait rencontré aucun.

Ceux qui n’ont découvert que depuis samedi dernier, et crient  urbi et orbi, que le Cameroun n’est pas un département d’Outre-mer (DOM), ni un Territoire d’Outre-mer (TOM) et encore moins une sous-préfecture française perdue sous les tropiques, en avaient fait un motif de satisfaction et le criaient à tue-tête : et comment Kamto n’avait rencontré aucun responsable de la France gouvernante, même pas un adjoint au maire.

Difficile de savoir quel épisode de ce feuilleton fou les observateurs ont manqué, mais il parait que le meeting du 1er février 2020 sur les bords de la Seine ont permis à Paris de se faire une idée exacte de qui vaut quoi au Cameroun, ce qui a permis au président français de parler sans crainte de ce chef de l’État à qui il a dit « pas de rencontre à Lyon avec un Kamto pas libéré », et a permis à la présidente de la Commission des Affaires Étrangères de l’Assemblée nationale française de recevoir avec pompes le  leader camerounais le plus populaire de tous les temps. Comme quoi, même si c’est “ici” que tout se passe, ce qui se passe là-bas n’est pas moins significatif en termes de points marqués ou à marquer.

De toute façon, il se trouve que lundi, contrairement aux rodomontades  des souffleurs de chaud et de froid sur le “froid glacial” dont seraient empreintes les relations entre l’Hexagone et le tireur de penalty -qui ne cesse de semer la panique dans les buts adverses  où la seule idée de son nom met tout le clan en émoi- Monsieur Kamto a rencontré la présidente de la Commission des Affaires Étrangères de l’Assemblée nationale française, la député et ancienne ministre Marielle de Sarnez, avec qui il a discuté, selon des indiscrétions de la situation politique camerounaise marquée depuis octobre 2018 par une crise de légitimité à la tête de l’État, d’une part, et d’autre part, par les massacres en régions anglophones où les forces de défense et de sécurité camerounaises ont été transformées en machines à tuer, pour contrer un mouvement sécessionniste à travers lequel le régime de Yaoundé croit entrapercevoir « l’agenda caché » du processus de son renversement. Seule chose qui le préoccupe d’ailleurs plus que toute autre, le Cameroun dut-il disparaitre de la surface de la terre.
Agenda de la député française Marielle Lebel de Sarnez, lundi 24 février 2020

Un malheur ne vient jamais seul

Le président français qui fait des révélations fracassantes et scandaleuses sur la petitesse d’un régime  dont l’armée (ou plutôt des “soldats maliens” –dixit Issa Tchiroma- et autres sécessionnistes ayant volé et porté des uniformes de l’armée camerounaise –dixit René Sadi-) tue les femmes  et les enfants,  musèle par emprisonnement adversaires politiques, militants des droits de l’homme et journalistes, qu’il ne libère que sous pression, notamment pour jouir du bonheur de serrer la main à un président français (“gamin” par-dessus le marché) et lui rendre compte de la manière dont s’est déroulé  le « Grand Dialogue national » et la libération de Kamto, toutes choses  à lui instruites avant toute rencontre à Lyon…, voilà de manière non exhaustive, la situation à laquelle est réduit le très souverain président de la souveraine-patriotique-nationaliste-république-indépendamment-dépendante du Cameroun, qui, les thuriféraires du régime ne le répéteront plus jamais assez,  n’est pas, soit dit en passant, et ne sera jamais, ni un DOM, ni un TOM, ni une sous-préfecture de la France : à paniquer,  comme une queue de serpent coupée du corps de l’animal, mais cherchant par réflexe une victime à frapper.

Fort de ce qui précède, des analystes avertis osent avancer qu’a posteriori, lorsqu’on reçoit de tels coups diplomatiques en l’espace de 72 heures, on en tire les conclusions nécessaires au lieu d’entrainer avec soi dans le chaos tout un peuple. «  Plus vrai que faux  » , a constaté à son tour un militant du parti au pouvoir commentant les manifestations bruyantes organisées lundi  sur instigation par les “jeunesses… biyaiennes” en gestation  devant l’ambassade de France à Yaoundé.


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