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France > PSG-Leipzig: Sergio Rico, prêt pour le grand frisson?

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Le Psg va affronter Leipzig, ce mardi à Lisbonne, en demi-finale de la Ligue des champions (21h, sur RMC Sport 1). Un match pour l’histoire que les Parisiens vont aborder avec Sergio Rico dans les buts. En l’absence de Keylor Navas, le portier espagnol de 26 ans va vivre l’un des plus grands moments de sa carrière.

Un match pour écrire l’histoire qui se disputera sans Keylor Navas. Le gardien costaricain s’est blessé lors du quart de finale face à l’Atalanta Bergame (2-1). Sa lésion au biceps fémoral l’empêchera de tenir sa place au stade de la Luz.

En son absence, c’est Sergio Rico qui va prendre du galon. Au moment le plus chaud de la saison. Prêté par le FC Séville depuis l’été dernier, le portier espagnol a prolongé de deux mois son contrat (qui expirait fin juin) pour participer au Final 8 de la C1. Il ne doit pas le regretter. Reste maintenant à répondre présent sur le terrain. Pour l’un des plus grands moments de sa carrière.

Charbonnier: “Ce sera un combat mental pour lui”

“Il sait qu’il va jouer donc il a le temps de s’y préparer, mais il a aussi plus de temps pour gamberger, observe Lionel Charbonnier, membre de la Dream Team Rmc Sport. A voir comme il va gérer cette situation. Ça dépend de sa personnalité. Est-ce que cette titularisation va le galvaniser ou est-ce que ça va le liquéfier à l’approche du match? Ce sera un combat mental pour lui.”

Un combat que le gardien de 26 ans n’était pas vraiment programmé pour mener. Même si, en tant que doublure, il s’est préparé à toutes les éventualités, ce duel en haute altitude sera forcément spécial pour lui.

“Il a très peu d’automatismes avec sa défense. Il doit le compenser en se mettant très vite dans la peau d’un titulaire, estime Charbonnier, champion du monde 1998 avec les Bleus. Il faut qu’il rentre en leader dans le stade, qu’il parle avec ses défenseurs et qu’il soit très autoritaire. C’est lui qui doit commander dans les seize mètres. Il doit prendre le rôle d’un patron.”

Une solide expérience européenne

Un costume que Rico a déjà endossé à Séville. Entre 2015 et 2018, le portier longiligne (1,95m) a été le dernier rempart de sa ville natale. Avec pas mal de réussite. De quoi se forger une solide expérience du haut niveau. Notamment sur la scène européenne. Sous le maillot andalou, il a disputé 22 matchs de Ligue des champions (tous comme titulaire). Avec quelques performances notables, comme les confrontations en poules face à la Juventus en 2015 et l’OL en 2016. Sans prendre de but (une victoire 1-0 et un nul 0-0 à chaque fois).  Il y a aussi cette qualification inoubliable en quart de finale contre Manchester United en 2018.

Au total, Rico a bouclé quatorze matchs de Coupe d’Europe sans encaisser de but. Il a aussi disputé treize rencontres à élimination directe. Beaucoup en Ligue Europa. Une compétition que le numéro 2 du PSG a remporté deux fois. En tant que titulaire lors de la finale face au FK Dnipro en 2015 (1-0), puis sur le banc durant l’épopée de 2016. Autant dire qu’il ne débarque pas comme un illustre inconnu face à Leipzig. Reste tout de même son maigre vécu avec Paris. Depuis son arrivée le 1er septembre dernier, l’Espagnol n’a disputé que neuf matchs avec les champions de France. Seulement deux en Ligue 1: une sortie encourageante à Brest en novembre (victoire 2-1) et une soirée complètement manquée à Bordeaux fin février, avec une grosse bourde au passage (victoire 3-2).

A l’aise au pied et dans les airs

Mais il a aussi participé à deux rencontres de Ldc. En étant titulaire au Parc des Princes face à Galatasaray, mi-décembre, lors de la dernière journée des poules (5-0). Puis en entrant en fin de match contre l’Atlanta. Cent-onze minutes durant lesquels il n’a pas encaissé de but. C’est toujours ça de pris pour la confiance. Fort de ses 111 apparitions en Liga et de sa saison en prêt réussie à Fulham (2017-2018), Sergio Rico sait de quoi il est capable.

“Il est assez calme, c’est un gros point fort lorsqu’on attaque une demi-finale de Ligue des champions, note Charbonnier. Il est très bon sur les sorties aériennes. Balle au pied, il se débrouille comme un chef. C’est un gardien de niveau européen, il est fiable sur sa ligne, dans ses sorties. Il est moins explosif que Navas mais il sait le compenser par ses propres qualités.”

Ne pas penser à être le héros

Des qualités qui l’ont mené jusqu’à l’équipe d’Espagne. Entre l’été 2015 et début 2017, il a joué le rôle de numéro 3 avec la Roja. Avec en point d’orgue, une entrée en jeu à un quart d’heure de la fin lors d’un amical en Corée du Sud en juin 2016 (victoire 6-1). Sa seule sélection jusqu’ici. S’il a des compétences certaines, le gardien andalou a aussi quelques lacunes. Comme sa tendance à dégager du poing ou ses sautes de concentration, qui ont poussé Séville à s’en séparer. Et le public du stade Ramon Sanchez-Pizjuan à le prendre en grippe lors de la saison 2017-2018. Au point d’être suppléé par David Soria lors du quart de finale de C1 face au Bayern Munich. Après l’exploit de Manchester United.

Cette demi-finale avec le Psg peut lui permettre de franchir un cap sur le plan personnel. Et se repositionner comme une valeur sûre en Europe. Eric-Maxim Choupo-Moting a montré contre la Dea que tout le monde peut avoir son heure de gloire. A condition de ne pas se focaliser là-dessus.

Il ne faut pas y penser, tranche Charbonnier. S’il pense à être le héros, ça ne va pas marcher. Il connaît sa valeur. Il doit jouer comme il sait le faire, en relativisant les choses. Parce qu’à vouloir surjouer ou être quelqu’un d’autre, on risque de passer à travers. Il faut qu’il aborde ce rendez-vous avec sérénité. En se servant peut-être du scepticisme de certains pour montrer de quoi il est capable!”

Alexandre JAQUIN


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