Europe LA UNE Société panorama 2 janvier 2020 (0) (2263)

France > Transport aérien: Air France accusé de mauvaises pratiques sur ses vols en direction de l’Afrique.

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Marie Gisèle Kamanou, docteur en mathématiques, employée dans une institution internationale affirme qu’elle est décidée à trainer Air-France-Klm en justice notamment pour «violation aggravée des conventions internationales de l’Iata», l’Association Internationale du Transport Aérien, (en anglais, International Air Transport Association), ainsi que pour «traitement disproportionné sur ses vols en direction du continent africain.»
Elle a annoncé la nouvelle au cours d’une rencontre avec des journalistes le 12 décembre 2019 à Yaoundé. Une série de dysfonctionnements et d’incidents avec la compagnie qu’elle déclare avoir déjà emprunté une vingtaine de fois notamment pour ses voyages entre les villes de New York aux Etats-Unis, et Yaoundé au Cameroun où elle possède des résidences, l’ont finalement poussé à prendre cette décision.
La goutte d’eau qui semble avoir fait déborder le vase est l’incident survenu le 03 décembre 2019 à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen. Ce jour-là Gisèle Kamanou est allé jusqu’à s’en prendre physiquement à l’agent d’Air-France Cameroun, Armand Mboueme Ayangma chargé de la supervision d’un vol de la compagnie.
Ce dernier a déposé une plainte contre elle le lendemain dans les services du commissariat de police de l’aéroport, dans laquelle il relate que Madame Kamanou est entrée dans son bureau proférer des insultes à son endroit. Elle lui a ensuite asséné des coups sur le visage, tout en jetant par terre son ordinateur posé sur sa table ainsi que tout son matériel de travail.
Pour sa part, Marie Gisèle Kamanou sans nier ces faits, soutient qu’ils sont parcellaires et sélectifs et ne renseignent donc pas suffisamment sur l’origine du conflit.
Selon elle, s’agissant spécifiquement de l’incident du 03 décembre, tout est partie d’une longue attente de ses bagages, plus de trois heures de temps après être arrivée et la nuit était de plus en plus avancée, plus de 23 heures, heure locale.

Dame Kamanou, Victime de Air France

Rendue à la police aéroportuaire pour se plaindre, on lui conseillera de se rapprocher plutôt du bureau d’enregistrement de Air France et c’est une fois là bas après avoir fait part de son scepticisme à la police, qu’elle va tomber sur un agent de la compagnie qui l’avait empêché de prendre un vol en août 2019 ainsi que sa fille mineure qui avait des examens scolaires à passer aux Etats-Unis, sous prétexte qu’elles étaient arrivées à l’aéroport en retard .
Ce qui était faux affirme Madame Kamanou qui soutient qu’elles sont arrivées bien avant 20h30, qui était l’heure limite fixée par Air-France à ses passagers pour arriver à l’aéroport soit 01h30 minutes avant le décollage de l’avion alors que les conventions internationales demandent que cela se fasse 01 heure avant, et que par ailleurs, les agents d’ Air-France ont continué ce soir là à vendre des tickets aux voyageurs arrivés après elles.
« Je lui ai rappelé l’incident, il s’est énervé et a commencé à m’engueler, en me disant que Air France a des lois, me poussant ainsi à agir comme j’ai fait », poursuit-elle.
«Comme nous étions arrivés à l’incompréhension, il fallait résoudre ça par l’incompréhension. Ce comportement irraisonné était dicté par la raison», se justifie-t-elle.
En effet Madame Kamanou affirme n’être pas toujours entrée en possession de plusieurs de ses bagages après avoir été transportée par Air France. Et à chaque fois, les responsables de la compagnie lui disent d‘envoyer ses plaintes via internet, ce qu’elle a souvent fait sans obtenir satisfaction.
Tout cela est cependant subsidiaire pour elle qui souligne que son action vise à mettre à nu au-delà de sa personne, les mauvaises pratiques d’Air France sur ses vols en direction du continent Africain; des pratiques discriminatoires et irrespectueuses comme la disposition d’un autre contrôle de sécurité à l’entrée de l’avion ou la non prise en considération des conditions hygiéniques à l’intérieur des vols en direction de l’Afrique particulièrement au sud du sahara.
Il s’agit pour elle d’un reflexe de néocolonialisme pratiqué avec l’aide des employés africains. Et c’est pourquoi elle entend porter l’affaire devant les juridictions américaines et la justice camerounaise si possible.
Après avoir été victime d’une « alerte » lancée par Air France contre elle qui l’a retardé au Cameroun pendant plusieurs jours, ce qui a poussé d’autres compagnies aériennes à refuser de la transporter, Madame Kamanou a finalement pu voyager pour les Etats-Unis depuis.
Contacté, Air France Cameroun n’a pas donné suite à notre sollicitation.


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