Par Joël Onana
S’il est reconnu coupable, il risque la prison à vie. Un chef de gare, accusé d’être à l’origine d’une catastrophe ferroviaire qui a fait au moins 43 morts, va témoigner jeudi 2 mars devant la justice à Larissa, ville de Grèce centrale la plus proche de l’accident.
Cet homme âgé de 59 ans a été interpellé mercredi et poursuivi pour “homicides par négligence” et pour avoir provoqué des “blessures corporelles”.
Il doit expliquer comment un train transportant 342 passagers et dix employés des chemins de fer, reliant Athènes à Thessalonique dans le nord du pays, a pu être autorisé à emprunter la même voie qu’un convoi de marchandises.
Les deux trains se sont heurtés frontalement alors qu’ils se trouvaient sur la même voie depuis plusieurs kilomètres.
Sous la violence du choc survenu peu avant minuit (22 H Gmt), dans la nuit de mardi à mercredi dans la vallée de Tempé, les locomotives et les wagons de tête ont été pulvérisés et les conducteurs des deux trains tués sur le coup.
“Tout montre que le drame est dû, malheureusement, principalement à une tragique erreur humaine”, a dit mercredi soir le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, alors que la polémique enfle dans le pays sur l’état du réseau que beaucoup jugent vétuste.
Racontant avoir rencontré des proches de victimes lors d’une visite sur les lieux puis à l’hôpital de Larissa, Kyriakos Mitsotakis a indiqué : “Ils m’ont demandé + pourquoi? +”.
“Nous leur devons une réponse honnête”, a-t-il ajouté lors d’une brève intervention télévisée enregistrée. Il a décrété un deuil national de trois jours.
Contacté par l’Afp, le groupe public italien Ferrovie dello Stato (FS), qui contrôle la société des chemins de fer Hellenic Train, privatisée en 2017, n’a pas fait de commentaires dans l’immédiat.
Des habitants ont manifesté à Larissa portant des banderoles ! “La privatisation tue”.
“C’était le train de la terreur”, a déclaré aux journalistes Pavlos Aslanidis, dont le fils est porté disparu ainsi qu’un de ses amis.
Le président du syndicat des conducteurs de train Ose, Kostas Genidounias, a dénoncé le manque de sécurité, selon lui, sur cette ligne qui relie les deux principales villes de Grèce.
“Toute (la signalisation) est faite manuellement. C’est depuis l’an 2000 que les systèmes ne fonctionnent pas”.
s’est-il emporté sur la chaîne de télévision Ert.
Pour Nikos Savva, un étudiant en médecine originaire de Chypre, “un seul homme ne devrait pas payer pour tout un réseau ferroviaire malade”.
“Nous connaissons depuis 30 ans quelle est la situation”, a ajouté le médecin de l’hôpital de Larissa, Costas Bargiotas.
Le ministre grec des Transports, Kostas Karamanlis, a présenté sa démission.