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Politique - 3 semaines ago

Guinée-Conakry > Coup d’état: Plus dure sera la chute.

Le président de Nouveau droit de l’homme-France (Ndh), se prononce. Il revient largement sur le passé du président déchu

Le Président Alpha Condé était l’ami de bien des militants français des droits de l’Homme: Bernard Kouchner, le professeur Edmond Jouve, Jean-Pierre Chevènement, Pierre André Wiltzer… il était même un fidèle cotisant de Ndh, pour lequel nous avons lutté durant des années afin qu’il puisse être démocratiquement élu à la tête de son pays, la Guinée-Conakry.

Une amitié fidèle, non négociable tant «Alpha» était responsable, cultivé, démocrate …
Ce militant, issu de l’université français eétait notre alter ego africain depuis plusieurs décennies lorsque, après la dictature sanguinaire de Sékou Touré, père de l’indépendance, sous la férule de Lansana Conté, il décida avec courage de rentrer au pays où, bien entendu, le despote l’incarcera, ce qui provoqua notre protestation unanime. On ne touche pas à une icône. A fortiori à une icône démocratique.

Jacques Chirac, alors Président de la République devant se rendre en visite officielle à Conakry où notre ami et camarade était emprisonné, Ndh lui demanda d’intervenir officiellement pour la libération d’Alpha Condé, ce qu’il fit sans barguigner. Du grand Chirac qui ne mégotait pas-sauf avec son paquet de Gitanes.

Le tyran de Conakry l’insulta, pour toute réponse, lui faisant remarquer que lui, pour sa part, ne se mêlait pas des droits de l’Homme en France…
Notre cheminement avec le grand Alpha Condé se poursuivit jusqu’à des élections libres qui lui permirent d’accéder au pouvoir. Et avec quel mérite après plus de trois décennies de combat pacifique contre un régime sanguinaire.

Mais, immédiatement, le nouveau président coupa les ponts avec ses amis, sauf quelques uns, par pur intérêt. Il rompit, par principe, nombre de contrats en cours avec des entreprises étrangères mais n’engagea pas toutefois son pays, riche en minerais, sur la voie du développement.

Son pouvoir devint personnel, voire répressif(sans toutefois reprendre à son compte la tradition ubuesque de ses prédécesseurs). « Alpha n’était plus notre ami»,de par sa volonté de rupture unilatérale «Tristes tropiques» eut écrit Claude Lévi-Strauss.

Nous n’étions pas encore cependant au bout de notre effarementcar ,au lieu de se retirer du pouvoir au terme de deux mandats, comme le stipulait la Constitution de la Guinée, il fit modifier la loi suprême afin, comme d’autres potentats africains, de briguer un troisième mandat.

Notre ami et Président d’honneur, Léopold Sédar Senghor, Président du Sénégal, lui, avait au contraire fait le sage choix de se retirer de la vie politique.

Aujourd’hui, Alpha Condé a été déchu de sa fonction présidentielle par une bande de putschistes qui prétendent se soucier de son sort. Dont acte.

Peut-être repartira-t-il en exil vers la France qu’il connaît mieux que quiconque. Mais, cette fois, qu’il ne compte plus sur notre amitié fraternelle qu’il a lui-même reniée. D’autant que, s’il ne fut pas un tyran à son tour, il est loin d’avoir été le démocrate qui aurait été un modèle pour une Afrique en quête d’avenir.

Pierre Bercis, Président de Nouveux Droits de l’Homme -France

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