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Mali > Transition et réformes politiques : Assimi face à d’autres gros défis

Alors que le pouvoir du Colonel Assimi Goïta vient de lancer le processus de rédaction d’une nouvelle Constitution, des interrogations fusent sur l’opportunité même de ces…initiatives, non sans réticences politiques.

Par panorama
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Par Joël Onana

Tant dans le cadre de rencontres politiques portes closes que lors de séances de débats publics, des voix commencent à s’élever sur l’inopportunité de certaines réformes politiques et institutionnelles envisagées par le pouvoir de transition.

En effet, de nombreux Maliens semblent se résoudre aujourd’hui à ne penser qu’à « des élections libres, transparentes et crédibles », le plus rapidement possible. « La Transition a pris du temps et il urge maintenant de lancer le turbo vers le retour à l’ordre constitutionnel normal », soulignent plusieurs ténors politiques et de la société civile. Les uns et les autres se disent convaincus que c’est ce retour à la normalité qui permettra au pays de renouer avec sa marche vers le développement et la stabilité. C’est cette normalité, jure un universitaire, qui soulagera les populations, car il impliquera la redynamisation de la coopération, avec la reprise de divers projets de développement.

Pour certains avocats et responsables politiques, il est inconcevable que le président de la Transition initie une nouvelle Constitution. Car, relèvent-ils, si des pouvoirs légitimes comme ceux des présidents Alpha Oumar Konaré, Amadou Toumani Touré, Ibrahim Boubacar Kéita ont été, presque tous, empêchés de réviser la Constitution actuelle, celle issue de la révolution démocratique de 1992, au nom de quoi, c’est le pouvoir d’exception du Colonel Assimi Goïta qui initiera une nouvelle loi fondamentale pour le Mali, dans le contexte actuel de diverses incertitudes.

Cette prise de position semble pilotée par Me Kassoum Tapo et certains acteurs sociopolitiques, qui redoutent que le nouveau texte constitutionnel ne conduise même à remettre en cause certains principes cardinaux acquis. On cite par exemple le principe du multipartisme intégral, des principes fondateurs de la République et même des libertés démocratiques.

C’est dans ce sens qu’une prise de conscience s’opère au sein de l’opinion pour freiner les ardeurs du pouvoir de transition dans sa dynamique dite de refondation de l’Etat malien. Et des leaders politiques comme Me Mountaga Tall du CnidFaso Yiriwa Ton, Oumar Ibrahim Touré de l’Apr, Tiébilé Dramé du Parena, Nienkoro Yeah Samaké du Pacp sont très  réservés quant à apporter un accompagnement au pouvoir de Transition à changer les pratiques constitutionnelles et institutionnelles, sans en avoir suffisamment discuté avec l’ensemble des forces vives du pays.

Et le premier hic est que tous ces dirigeants politiques refusent au chef de la Transition la possibilité de se présenter candidat à la prochaine élection présidentielle. Je déconseille au Colonel Assimi Goïta de vouloir se lancer dans la course à la prochaine élection présidentielle », déclarait Yeah Samaké du Pacp, la semaine dernière, lors d’une émission télévisée. Alors que Oumar Ibrahim Touré de l’Apr indiquait que cette éventualité ne serait pas une bonne chose pour la fin de la transition, même si la loi électorale entrevoit qu’un militaire désireux de briguer un poste électif doit simplement démissionner de l’armée quatre mois avant le scrutin. Contre cette possibilité, les uns et les autres disent à haute voix que la Charte de la transition souligne clairement qu’aucun dirigeant de la transition ne peut être candidat lors des prochaines élections. Et Nienkoro Yeah Samaké de relever que le chronogramme de la transition est trop surchargé qu’il lui demande que le pouvoir renonce tant à la réforme constitutionnelle qu’à celle touchant à la réorganisation territoriale.

Toute cette levée de bouclier préfigure de vents forts d’hostilité ou, du moins, de gros défis auxquels le pouvoir de transition du Colonel Assimi Goïta va faire face dans sa volonté de réformer l’Etat malien. Sauf qu’avec une dose suffisante de discussions entre les forces sociopolitiques du pays, le pouvoir peut parvenir à convaincre les réticents sur la nécessité d’un nouveau départ sur les options politiques existentielles du Mali. Cela passera alors par la recherche d’un véritable nouveau pacte social et politique, qui n’est pas encore acquis.

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Revue de presses du 06 12 2022

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