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Subventions sur les carburants > Cameroun: Le Fmi met le véto et donne jusqu’en fin d’année au gouvernement pour afficher les prix de l’essence à la pompe

L'institution de Bretton Woods exerce une pression sur le gouvernement s'il ne souhaite pas assister au gel de la validation des différentes revues du programme triennal en cours. Interrogé sur cette situation conjoncturelle qui courrouce le Fmi, un Économiste jette un regard sur deux volets aidant à la compréhension de l'opposition du Fmi aux subventions de l'État sur les produits pétroliers.

Par panorama
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Par Serge Aimé Bikoi

Suite au décret du Président de la République du Cameroun du 2 juin 2022 portant rectification de la loi de finances 2022, la subvention sur les produits pétroliers a été portée à 600 milliards de Fcfa si bien que la réaction du Fonds monétaire international (Fmi) ne s’est pas faite attendre. En effet, le Fmi a enjoint le gouvernement camerounais de lever cette subvention d’ici à la fin de l’année 2022. Selon les spécialistes des Sciences économiques et de la Gestion, deux tableaux se présentent et permettent de décrypter l’opposition de cette institution monétaire Internationale aux subventions de l’État relative aux carburants. Le premier tableau est d’ordre social,ainsi que l’affirme Edmond Kuate:”Le premier tableau est d’ordre social. Et c’est la préoccupation majeure du gouvernement. C’est pourquoi le gouvernement tient à ce que la subvention soit maintenue parce qu’une levée de la suspension porterait le coût à près de 1200 Fcfa. Ce serait le prix normal”.

Si le premier tableau traitant du volet social est la préoccupation majeure du gouvernement camerounais, le second tableau, explique l’Economiste, est celui de la dette, qui est la principale inquiétude du Fmi. “Quand on parle de subvention, ce sont les allègements fiscaux. Dans la structuration des prix du carburant, c’est le gouvernement qui collecte près de 70% des parts fiscales et réduit certaines lignes fiscales pour pouvoir accorder ces 600 milliards aux marketeurs. Le FMI souhaite que ces 600 milliards de Fcfa soient collectés et soient utilisés aux fins d’assurer le service de la dette”.

Pour bien cerner son rôle, l’institution de Bretton Woods agit comme un huissier de justice qui fait des sommations au gouvernement après le constat des défaillances en matière de gestion budgétaire. Sous programme avec le Fmi, le pays a déjà, par exemple, injecté plus de 120 milliards de Fcfa dans le soutien des prix des produits pétroliers à la pompe. Toute chose qui courrouce, au plus haut point, l’institution monétaire Internationale en ce sens qu’elle voit une grande partie des efforts du Cameroun s’orienter vers le financement de ce que consomment les populations locales. E. Kuate situe, par la suite, l’historique de la naissance du programme triennal dans lequel est engagé le Cameroun depuis 2016 et que le pays n’a pas pu réaliser en raison de la survenue de la pandémie du Covid-19. C’est pourquoi le programme a été renouvelé jusqu’en 2023. A l’état actuel, quelles peuvent en être les conséquences au cas où la poussée inflationniste s’accroît davantage ? A cette question, E. Kuate réagit:”C’est la question brûlante de l’heure. Mais la chance que nous avons, c’est que l’énergie qui est l’instant principal de la production globale, parce que l’économie , c’est l’énergie transformée, si jamais il y a un surplus d’un franc sur les prix des carburants, la poussée inflationniste va connaître une montée exponentielle et tous les prix vont grimper en cascade. La situation sociale sera intenable. Imaginez le prix à 1200 Fcfa, cela signifie que le taxi va passer certainement à 700 Fcfa au moins; le transport interurbain(nous payons 3000 Fcfa pour les classiques), ça va passer probablement au prix du Vip et le prix du Vip passera du simple au double”.

Cette montée inflationniste, au-delà, risque de déboucher sur des tensions sociales. Mais la question qu’il faut se poser est celle de savoir si le gouvernement a des coudées suffisamment franches pour résister à l’injonction du Fmi. Et E. Kuate de répondre :”Aujourd’hui, les indicateurs ne nous permettent pas de voir clair. Normalement, depuis 2016, l’on aurait dû , lorsque nous sommes entrés dans le programme d’ajustement budgétaire avec le Fmi, entreprendre un certain nombre de réformes qui devaient nous permettre de mettre un peu plus de rigueur et de discipline dans notre budget de manière à pouvoir assurer le service de la dette sans avoir à gémir. Mais a l’heure actuelle, est-ce que nous pouvons encore le faire pour tenir tête au Fmi ? Vous voyez que ça devient, de plus en plus, difficile. Je crains que d’ici la fin d’année, le gouvernement n’ait pas d’autres choix que de céder à cette injonction du moins en partie. Peut-être ne va-t-il pas lever à 100% cette subvention, mais il va lever, au moins, la moitié. Et a partir de ce moment, si la situation sur le marché international continue, reste permanent avec des fluctuations au niveau des coûts du baril, ça veut dire, tout simplement, que d’ici à 2023, le gouvernement sera, au moins, obligé de céder, en partie, à l’injonction du Fmi, en levant, de moitié, la subvention. Ce qui portera donc, au moins, à 800 Fcfa le prix du carburant et j’avoue que ça va toujours faire grincer les dents”, conclut l’Economiste.

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