Home Opinion Politique Tchad > Disparition d’Idriss Deby Itno: La classe politique et la société civile scrutent les menaces
Politique - 4 semaines ago

Tchad > Disparition d’Idriss Deby Itno: La classe politique et la société civile scrutent les menaces

Allié de premier plan du Cameroun dans la lutte contre Boko-Haram, la mort du numéro tchadien laisse un grand vide sécuritaire surtout au moment où une horde de rebelles menace de marcher sur Ndjamena.

Le Conseil militaire de la transition tiendra-t-il face à ce défi ? Là est toute la question. La crainte est de voir le Tchad devenir une nouveau Lybie aux portes du Cameroun. Une situation très pénible à envisager.

L’opinion livre la perception de cette menace.  Dans les colonnes qui suivent, indépendamment des chapelles politiques et autres, c’est la protection du Cameroun qui occupe les esprits.

Léopold DASSI NDJIDJOU

Réactions

Benoît Feudjieu, communicant Rdpc

« Multiplier d’efforts et mobiliser encore et encore plus de moyens »

Benoît Feudjieu. Conseiller municipal de Yaoundé 7, communicant Rdpc

« L’Afrique centrale perd ainsi un homme courageux qui ne semblait jamais reculer face à une menace, le Cameroun perd un allié stratégique dans la sécurité de nos territoires. On se souvient des incursions de Boko Haram en 2014 où le Cameroun manquait le droit de poursuites lui permettant de repousser l’ennemi dans sa base au Nigeria, pour parvenir ,il a fallu le soutien des forces armées tchadiennes conduites par ses soins, de cette union est née la Force mixte multinationale composée de 03 pays Tchad, Cameroun et Nigéria sans appui extérieur, la première en Afrique noire. Ceci illustre à suffir le vide que le Cameroun peut connaître dans la coopération militaire avec le Tchad non seulement dans cette lutte contre Boko Haram ou pour repousser les djihadistes, mais aussi des éventuels fronts. Panafricain  actif qu’il était, le Cameroun perd aussi un allié dans le combat de l’indépendance monétaire, de la liberté du peuple africain, un allié dans la recherche de l’effectivité de la  libre circulation en zone Cemac. Le Cameroun qui a déjà une armée bien structurée devra multiplier d’efforts et mobiliser encore et encore plus de moyens pour assurer la sécurité de la sous-région au  regard de sa position géostratégique  au golfe de Guinée. »

Mamadou Mota, premier Vice-président du Mrc

« prendre toutes les mesures afin de protéger nos frontières »

Mamadou Mota, Vice président du Mouvement pour le renaissance du Cameroun, Mrc.

« Le président Deby est le président qui s’est personnellement impliqué dans la lutte contre les terroristes de Boko Haram, allant parfois lui-même coordonner les combats au front. L’on se souvient d’ailleurs l’an passé de son séjour avec les soldats de l’armée nationale tchadienne dans le lac Tchad, combattant les insurgés de Boko Haram. Il y a près de 4 ans, le Tchad avait appuyé l’armée camerounaise dans la lutte contre Boko Haram en fournissant des milliers de soldats armés d’armes à la  pointe de la technologie. La présence massive de l’armée tchadienne a dissuadé Boko Haram d’attaquer la ville de Kousseri et de Mora. Aujourd’hui quoi qu’un conseil national de la transition soit mis sur pied, personne ne peut prédire des lendemains meilleurs surtout que même au sein de l’armée il y a des clivages. Il faut noter que le président tchadien est impliqué dans la résolution de la crise centrafricaine et sa disparition brutale aura des conséquences et inéluctablement l’on assistera à une autre vague de réfugiés centrafricains qui traverseront nos frontières. Il est reconnu que toutes les fois que le Tchad est en crise, le niveau de violence dans les deux régions du septentrion à savoir Maroua et Garoua augment, les armes et les dignitaires rentrent par ces deux régions parfois avec beaucoup d’argent. Les autorités camerounaises devraient prendre toutes les mesures afin de protéger nos frontières contre tout mouvement suspect et les populations aussi doivent s’investir dans la surveillance de la frontière tant elle est si poreuse ».

Douvaouissa Aïssa, député Undp du Mayo Louti dans le Nord, présidente de la Commission dew Affaires culturelles, sociale et familiale.

Douvaouissa Aïssa, député Undp du Mayo Louti dans le Nord, présidente de la Commission dew Affaires culturelles , sociale et familiale.

« Il y aura une affluence des réfugiés du côté de Kousseri »

« La mort du président du Tchad est pour nous une grande perte en Afrique centrale et au Tchad. Sa disparition est une perte car vous avez vu l’ampleur des engagements qu’il a pris pour lutter contre la secte Boko Haram. Cette secte qu’il a repoussée et qui a permis aussi en quelconque sorte de protéger nos frontières communes. Il ne lésinait pas à se mettre au front lui-même, pour protéger l’intégrité de son pays. Nous sommes menacés parce que lorsque ton voisin est en insécurité, toi aussi, tu ne dors pas. Il faut dès lors surveiller encore plus les frontières pour parer à toute éventualité. Il est vrai que nous avons déjà dans notre pays des déplacés internes et les réfugiés dans la partie est, l’Extrême-Nord du Cameroun.  Avec ce qui se passe Tchad, il y aura une affluence des réfugiés du côté de Kousseri. Tout ceci au moment où nous sommes dans le Covid-19. L’économie va battre de l’aile. Voilà des menaces qui pèsent sur le Cameroun ».

Koupit Adamou, député Udc du Noun

« Le Cameroun est appelé très rapidement revoir ses dispositifs sécuritaires »

Koupit Adamou, Député de l’Union Dé,ocratique du Cameroun (Udc), à l’Assemblée nationale du Cameroun.

« Rappelé à Dieu au moment tout le monde s’attendait le moins, la mort du Président Maréchal du Tchad, Son Excellence M. Idriss Deby Itno, aura une conséquence sur la géo sécurité en Afrique Centrale et dans le G5 Sahel. Étant sur plusieurs fronts sécuritaires avec le Tchad et un rôle stratégique important du Président Idriss Deby, le Cameroun est appelé très rapidement revoir ses dispositifs sécuritaires sur ces fronts et le long de la frontière terrestre pour éviter toute surprise négative. Les menaces de Boko Haram, de la rébellion centrafricaine et même de l’embrasement de la rébellion interne du Tchad, avec la remise en cause des accords de gestion et de la surveillance du pipeline peuvent être redoutés et notre gouvernement doit en ce moment doubler la vigilance et la prudence et reste en éveil jusqu’à ce que la situation se stabilise au Tchad ».

Cyrille Rolande Bechon Directrice exécutive, Nouveaux Droits de l’Homme

« Une crise humanitaire supplémentaire du fait du mouvement des populations »

Cyrille Rolande Bechon, Directrice exécutive de nouveau droit de l’homme Cameroun.

« Ce qui se passe au Tchad ce n’est pas que la mort d’Idriss Deby Itno, c’est bel et bien un coup d’État. Il faut bien relever pour le rappeler que toute prise anticonstitutionnelle du pouvoir politique dans un État est un coup d’État. L’union Africaine et tous les États partenaires du Tchad, dont le Cameroun devraient condamner la prise du pouvoir par la junte militaire et exiger le retour à l’ordre constitutionnel. Quant aux menaces pour le Cameroun, il faut craindre avant tout une crise humanitaire supplémentaire du fait du mouvement des populations fuyant les hostilités. On peut aussi craindre un relâchement dans la lutte contre le terrorisme »

Hyomeni Paul Guy Coordonnateur National Réseau Camerounais des Organisations des Droits de l’Homme (Recodh)

 « Les autorités du Cameroun doivent redoubler de vigilance » 

« Les pays du Bassin du lac Tchad font face depuis des années à des défis sécuritaires du fait entre autres des exactions de Boko Haram. La bonne collaboration entre le Tchad et le Cameroun a contribué à réduire ces exactions. L’engagement du président Deby en la matière était très apprécié. Sa mort risque de créer une instabilité politique au Tchad, instabilité dont peuvent se servir les terroristes pour créer plus de chaos. Par ailleurs si une instabilité s’installe au Tchad, cela va entraîner un flux de populations vers le Cameroun avec de nombreuses conséquences y compris sur les plan sécuritaire et des autres droits de l’homme. Les autorités du Cameroun doivent redoubler de vigilance ».

Vincent Ntuda Ebode, le Coordonnateur du Creps

« Le Cameroun doit se sentir concerné au premier plan »

« La situation est préoccupante en Afrique centrale que ce soit par rapport à ce qui se passe en Rca ou par rapport à la lutte contre Boko Haram ou par rapport à la gestion de la stabilisation du Tchad. Nous allons dans une phase d’incertitudes qui à mon sens mérite d’être analysé de très près pour que les acteurs majeurs qui sont encore là anticipent sur un certain nombre d’éventualités parce qu’on sait comment réagit un Etat mais on ne sait pas comment réagit un groupe armé, les rebelles ou les terroristes. Le Cameroun doit se sentir concerné au premier plan. Nous sommes liés dans une alliance économique mais aussi dans une alliance sécuritaromilitaire. Le Cameroun doit considérer que si son premier allié est attaqué cela signifie qu’il est aussi attaqué ».

Propos recueillis par Léopold DASSI NDJIDJOU

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