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Politique - 6 mai 2021

Tchad > La dévolution du pouvoir: Entre démocratie et dynastie

Ce qu’on a vu au Tchad s’est déjà produit dans plusieurs pays d’Afrique à l’instar du Gabon et du Togo. Et le même scénario se prépare manifestement au Cameroun et en Guinée Equatoriale.

Comme au Togo ou au Gabon, le Tchad vient de rentrer dans le cercle des pays dont le fils est venu à remplacer son papa au pouvoir. Un phénomène que beaucoup d’intellectuels africain ont du mal à accepter, et que certain ne vont pas du dos de la cuillère pour stigmatiser. « C’est un système de reproduction de Bourdieu mais dans sa dimension impudique. Une telle attitude fragilise tout effort de démocratisation puisque cela consacre la dynastie, mieux la dynastie monarchique », décrie Aristide Mono, Politologue camerounais.

Anti-démocratique et anticonstitutionnelle, On est très souvent surpris de voir l’ancienne tutelle coloniale se hisser parmi les premiers pays à valider ce mode de transmission du pouvoir, chaque fois qu’il a eu lieu et selon les cas. Si la France s’était opposé à la transmission du pouvoir au Gabon à Ali Bongo, ça n’a pas été le cas chez les Deby.

« cela signifie que nous ne sommes pas encore débarrassés des systèmes postcoloniaux fondé sur le patrimonialisme dont l’une des spécificités est la privatisation de l’État, une personnalisation de la chose publique. L’Etat dans cette logique est une propriété de l’homme aux affaires et de son clan y compris celui familiale»,

Regrette Aristide Mono.

Dès lors, il est désormais question d’assurer la continuité et la garde du bien familiale qu’est devenu le pays après de longs règnes au pouvoir. D’où la nécessité de positionner son propre fils pour être sûre à 100% de la continuité.

“En effet le pays ayant été érigé en propriété de l’ordre au pouvoir, il est normal qu’on pense à le léguer aux proches qui doivent assurer la continuité de la gestion. C’est dans ce sens qu’on peut mieux lire les logiques de la « parentocratie », le royaume des fils à papa, et sa sédentarisation en Afrique francophone”,

Ironise Aristide Mono.

“président-papa”

Très souvent confondu en patrimoine privée de la famille présidentielle, le pays est géré comme un bien privé. Du coup, les ministres et autres cadres de la république sont obligé de se comporter comme des enfants de la famille présidentielle, pour espérer avoir les grâces du prince.

“Tous les mécanismes d’alternance démocratique qui sont sur le pluralisme ; politique et la sacralité de la souveraineté du peuple sont neutralisés par le président-papa et son clan, car gouvernés par d’autres appréhensions de l’État qui sont celle d’une écurie privée, familiale ou tribale”,

Conclut-il.

Il est facile de savoir s’il aurait transmission dynastique possible du pouvoir. C’est par exemple le cas en Guiné Equatoriale selon. 

“On subodore que le fils du Président actuel de ce pays est préparé pour succéder à son père car il est le Vice-président du pays. Sauf cataclysme, c’est le scénario de succession qui se dessine”

Souligne le Pr. Edmond Biloa, Vice-Recteur de l’Université de Yaoundé 2 et communicant du RDPC, le parti au pouvoir au Cameroun depuis 37 ans.

Par contre, au Cameroun, il n’y a que des rumeurs sur la succession de Paul Biya par son fils aimé, Franck Emmanuel Biya. Ce dernier s’intéresse beaucoup plus aux affaires qu’à la politique et est resté très loin des milieux du pouvoir jusqu’à lors.

“Ici, Franck Biya, fils du Président Paul Biya, n’est pas visible sur l’échiquier administratif ou politique”,

Affirme Edmond Biloa.

Même si une forte rumeur et même certains médias locaux annoncent le fils aimé du Chef de l’Etat comme son remplaçant.

“Paul Biya a dit dans une interview que le Cameroun n’est pas un royaume. Mais depuis quelque temps des Camerounais qui se font appeler franckistes militent pour l’arrivée de Franck Biya au pouvoir. Sans lire dans une boule de Crystal, il n’est pas facile d’imaginer un scénario qui pourrait aisément amener Franck Biya à la magistrature”,

explique Edmond Biloa.

« Toutefois, on ne peut jurer de rien. Dans l’état actuel des choses, pour opérationnaliser l’arrivée potentielle de Franck Biya au pouvoir, il faudrait qu’il soit présenté comme candidat à l’élection présidentielle par un parti politique. Le plus facile, c’est d’imaginer que son père en fasse le Président du RDPC qui a une très grande assise territoriale, suppute-t-il.  « Car si Franck créait une nouvelle formation politique, il lui serait difficile de battre le RDPC et les autres partis politiques. En tout cas, Paul Biya est au début de son mandat et il me semble très osé de parler en termes urgents de sa succession. Wait and see »,

conclut Edmond Biloa.

Le Mouvement des Franckiste est à la limite une nébuleuse sans véritable leader. Mais des individus seraient interpellés et interrogé par la police locale sur l’existence et les ambitions d’un tel mouvement. Pour le moment, aucun officiel, ni Franck Biya ne s’est officiellement prononcé sur ses véritables ambitions. Mais certains observateurs qualifient ce mouvement de ballon d’essai pour le fils du président.

Ilyass Chirac

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