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Afrique - 3 semaines ago

Tchad > Soutien au Cmt: Emmanuel Macron pédale dans la choucroute

Après avoir reçu à déjeuner Félix Tshisekedi, président de la Rdc et de l’Union africaine, le numéro un français a fait une pirouette, explicitant davantage son implication dans le drame tchadien.

« Je suis pour une transition pacifique, démocratique et inclusive. Je ne suis pas pour un plan de succession et la France ne sera jamais au côté de celles et ceux qui font ce projet. Le temps est venu de lancer un dialogue politique national, ouvert à tous les Tchadiens. C’est ce qui est attendu aujourd’hui du Conseil militaire de transition (Cmt). C’est la condition même de notre soutien »,

lance Emmanuel Macron sur le perron de l’Elysée.

Comme on le constate, le chef de l’Etat français avoue ouvertement son soutien au coup d’état constitutionnel, à la condition qu’il y ait un dialogue politique national ouvert à tous les Tchadiens. Comment le chantre de la démocratie a-t-il pu cautionner une violation aussi flagrante de la constitution ? Peut-on s’arranger, s’entendre, pour marcher sur la loi fondamentale votée par le peuple souverain du Tchad au nom de quelque valeur ou intérêt ? Si la constitution établit de manière claire et précise le mode de dévolution du pouvoir au sein de l’Etat en cas de la vacance constatée du pouvoir, qui d’autre peut le transgresser sans s’attaquer directement à la souveraineté du Tchad ?

L’Assemblée nationale, en se dessaisissant de ses responsabilités, librement ou forcée, a montré la grandeur de la fragilité des institutions politiques dans ce pays et en partant dans les pays francophones d’Afrique. C’est elle en réalité qui est le plus à plaindre dans ce coup d’état. Pour remédier à cette fâcheuse situation, il serait indiqué que le pouvoir constituant dans les pays, sécurise davantage les institutions appelées à assumer l’intérim en cas de vacance ou d’indisponibilité constaté au sommet de l’Etat.

De ce point de vue, on peut être mesuré dans la virulence vis-à-vis du pouvoir français. Même s’il avoue avoir donné sa caution au coup d’état constitutionnel au Tchad, ne dit-il pas qu’il a donné son soutien au Cmt dans cette entreprise ?, c’est bel et bien l’Assemblée nationale qui fait écran et légalise en quelque sorte le coup.  Pendant qu’il tenait ce discours, les rues tchadiennes étaient à feu, à sang et à gaz lacrymogène,  bariolées des discours on ne peut plus clairs.

« Les Tchadiens, debout, disent : non à la transmission du pouvoir du père au fils ; oui au retour à l’ordre constitutionnel par un pouvoir civil immédiatement ; non au soutien de la France au système Deby père, fils et sans les populations ; oui au dialogue inclusif pour organiser une transition civile limitée dans le temps ; oui à la libération des prisonniers de guerre et au cessez-le-feu pour sauver les vies. Ta liberté naîtra de ton courage »,

lisait-on hier sur une des banderoles brandies par les manifestants dans les rues de Ndjamena.

 La réaction conciliante du Cmt

En s’adressant hier à ses compatriotes depuis la prise du pouvoir il y a une semaine, Mahamat Déby Itno a tenu à calmer le jeu. Il a rassuré tout le monde par un discours rassembleur et apaisant.

 « Le Conseil militaire de transition en appelle à une union sacrée autour de notre unique patrimoine qui est le Tchad. Tous nos compatriotes, en exil, pour une raison ou une autre et qui sont loin de leurs terres, doivent rentrer au pays pour le bâtir ensemble. Leurs frères, leurs fils, leurs parents les attendent comme nous les bras ouvert dans l’esprit de paix et de réconciliation »,

a-t-il lancé avant d’ajouter que les Tchadiens doivent continuer à faire preuve de responsabilité, de sagesse et de lucidité face à toutes les épreuves et à tous les obstacles.

« Comme le Maréchal du Tchad Idriss Déby Itno ne cessait de le répéter, il n’y a pas un Tchad de secours ou un Tchad de substitution. Le Tchad est un, unique, indivisible, irremplaçable et inaltérable »,

a-t-il rappelé à ses concitoyens.

Il aussi insisté sur l’appel au sens de responsabilité de toutes les Tchadiennes et de tous les Tchadiens. Il a de ce fait souhaité que dans un sursaut patriotique, les Tchadiens taisent les rancœurs et les incompréhensions, transcendent les intérêts égoïstes et surmontent les divisions pour se concentrer sur l’essentiel, l’intérêt supérieur du Tchad. Par ailleurs, on ne va pas oublier la Déclaration publiée le 21 avril et signé par Mahamat Bichari, le porte-parole des partis politiques de l’opposition démocratique au Tchad, où il était fait état de la mise en garde à Macron entre autres.

« Les présidents et secrétaires généraux des partis politiques de l’opposition démocratique, mettent en garde les autorités françaises notamment le président français Emmanuel Macron, le ministre des affaires étrangères Jean Yves Le Drian et les généraux de l’Armée française de ne pas s’immiscer dans les affaires intérieures du Tchad »,

lisait-on au point quatrième sur sept que comptait la Déclaration.

Le premier point condamnait avec fermeté le coup d’état institutionnel opéré par les généraux après la mort du président de la République ; le deuxième rejetait toute dévolution monarchique du pouvoir au Tchad. La Déclaration se concluait par une menace implacable :

« Le non-respect de ces points pourrait amener lesdits signataires à appeler la population à un soulèvement populaire »,

menace qui a été mise  à exécution hier.  

Léopold DASSI NDJIDJOU

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