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SPECIAL – Cameroun > An 40 du renouveau: Le secteur industriel toujours embryonnaire

Avec une place centrale dans l’ingénierie de l’émergence au Cameroun, les pouvoirs publics s’essaient à la planification des politiques de développement par les projets de construction des infrastructures, de réformes institutionnelles et de financement des entreprises.

Par panorama
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Par Léger Ntiga

La politique économique du Cameroun initialement basée sur le développement du secteur agricole a montré ses faiblesses à cause de nombreux facteurs. Parmi eux, la chute des prix des produits primaires et des produits agricoles non transformés. Des réalités qui ont entraîné le pays dans une crise quasi permanente. Raison pour laquelle le gouvernement a décidé depuis 2013 de procéder à la mise en place d’un nouveau plan de restructuration économique orienté vers le développement du secteur industriel. Le pays aspire désormais à devenir un «nouveau pays industrialisé.» Cette réorientation intègre de nouveaux plans d’industrialisation axés sur le développement du secteur des nouvelles technologies et aussi celui de la recherche.

Le gouvernement vise ainsi d’accroître le poids du secteur de la production manufacturière pour qu’il contribue à 25% du Pib. L’industrialisation devra ensuite permettre au pays d’entamer son décollage économique durable à l’horizon 2035. Pour autant, le développement industriel du Cameroun se trouve confronté à des problèmes majeurs d’ordre interne. Le pays souffre d’insuffisance de marché à cause de la faiblesse du pouvoir d’achat de la population locale. Un besoin chaque fois exprimé sans solution cependant. Au cours de la récente concertation entre les organisations de la société civile et le gouvernement, la question du pouvoir d’achat et du coût de la vie a une fois de plus été portée à l’attention des pouvoirs publics. Surtout que les populations susceptibles de consommer les biens produits au Cameroun, vit une hausse généralisée des prix, agrémentée par des pénuries parfois artificielles.

Sans électricité, pas d’industrie

Cette cherté des produits manufacturés au Cameroun, à laquelle se greffe la mauvaise répartition géostratégique des industries. La pénurie de mains d’œuvre et l’insuffisance des capitaux sont autant de freins à l’expansion du secteur industriel au niveau local. Mais la plus grande lacune du Cameroun, reste son offre tant insuffisante qu’instable d’électricité. A ce propos, le Bureau national de mise à niveau (Bmn) des entreprises au Cameroun fait savoir que «l’hypothèse de la croissance indique qu’une augmentation efficiente de la consommation de l’énergie contribue à la croissance de la production nationale. Elle est confirmée surtout dans les pays en voie de développement. Fondée sur cette idée, l’émergence économique du Cameroun passe nécessairement par l’augmentation en quantité et en qualité de l’offre en énergie électrique aussi bien pour les industries que pour les ménages.»

En clair d’après le Bmn, «sans électricité, pas d’industrie.» Ce secteur présente donc de nombreuses opportunités de croissance mais nécessite également le respect strict des normes. Ce qui passe, précise le Bmn, par «une mise à niveau des entreprises existantes». De ce point de vue, l’écart entre les objectifs déclarés, soit l’image présentée de lui-même par un régime soucieux de se construire une nouvelle légitimité, et les résultats atteints, soit les pratiques de l’État, informent sur les dynamiques du pouvoir dans le projet politique, économique et social de l’émergence. C’est notamment le cas avec toutes les infrastructures mises place dans le cadre des «grands projets» dont on attend réellement les résultats et l’amélioration des conditions de vie des populations.

Et pourtant, le Cameroun dont le sous-sol est des plus riches, foisonne de perspectives. Mais la faisabilité des affaires pose problème autant que la stratégie nationale de développement à l’horizon 2030 (Snd30). Qui fait dire que la vision du secteur industriel à l’horizon 2030 consiste à faire du Cameroun un fournisseur d’énergie électrique, des produits agro-industriels et de biens d’équipement notamment les meubles. «Nous devons donc plus que par le passé accorder une grande priorité à la transformation structurelle de nos matières premières, non seulement de gagner en valeur ajoutée, mais de réduire nos importations des biens et services tout en augmentant notre offre», martèle le ministre de l’Économie Alamine Ousmane Mey. Seulement, de nombreux défis jonchent cet itinéraire. Parmi eux: la transformation structurelle de l’économie nationale, le développement du capital humain et du bien-être, la promotion de l’emploi et de l’insertion économique. Auxquels il faut ajouter la gouvernance, la décentralisation et la gestion stratégique de l’État.

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