Accueil OpinionInterview Cameroun > Assemblée nationale: “Nous sommes satisfaits de la décision de suppression des micro-projets parlementaires contrairement à ce que certains pourraient penser”.

Cameroun > Assemblée nationale: “Nous sommes satisfaits de la décision de suppression des micro-projets parlementaires contrairement à ce que certains pourraient penser”.

C'est la position exprimée par l'honorable Adamou Youmo Koupit 48 heures après l'adoption, par l'Assemblée nationale, du projet de loi de finances 2023.

Par panorama papers
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Entretien avec Serge Aimé Bikoi

Dans un entretien exclusif accordé au rédacteur-en-chef du web média “Panorama papers”, Le député Udc de la circonscription électorale du Noun situe le contexte dans lequel cette modalité a été approuvée par l’ensemble des élus de la nation, en expose les contours et précise, concrètement, l’appui parlementaire au député qui va, dès l’année prochaine, remplacer la dotation en micro-projets parlementaires.

  1. Confirmez-vous la suppression des micro-projets parlementaires dans la loi de finances 2023?

Oui je confirme effectivement la suppression de la ligne dédiée aux micro-projets parlementaires dont bénéficient, jusqu’ici, les parlementaires de notre pays.

  1. Quelle est la réaction des parlementaires relative à cette innovation contenue dans la loi de finances 2023?

Je dois dire que, comme la majorité de mes collègues députés, nous sommes, plutôt, satisfaits de la décision contrairement à ce que beaucoup pourraient penser. Nous sommes, plutôt, satisfaits de la décision parce que c’était, pour nous, une sorte d’hypocrisie d’État, qui mettait en difficulté des députés par rapport à leur base électorale dans leur circonscription électorale. La Constitution de la République du Cameroun a défini notre mission et c’est sans équivoque. Le parlement légifère et contrôle l’action du gouvernement. Ça voudrait dire que nous sommes là pour faire les lois qui vont servir à ceux qui sont au front de répondre aux besoins de l’amélioration des conditions de vie quotidiennes des citoyens. Et puis après, nous contrôlons si le travail gouvernemental se fait dans le respect de l’éthique, dans l’intérêt général de la population et dans le respect des lois que nous avons votées. Voilà les deux missions constitutionnelles dévolues au parlement! Maintenant, l’on a cru que les députés pouvaient également intervenir dans l’amélioration de la vie quotidienne des compatriotes, en investissant. L’on a donc fait une dotation conséquente, laquelle s’évalue à huit millions de Fcfa. Et tout le monde le sait. Aujourd’hui, lorsque vous regardez la mercuriale du Cameroun, il faut se poser la question : qu’est-ce qu’un député peut bien faire comme micro-projets au profit de la population avec les huit millions. Mais comme l’opinion sait qu’il y a ça, cela fait que les députés soient l’objet de toutes les sollicitations imaginables. Et depuis l’entame de la 10ème législature, l’on observe comme une inflation des sollicitations dont les députés font l’objet. C’est tout le monde qui va toucher le député. La raison est qu’il a l’argent qu’on lui donne pour pouvoir aider la population. Ça va dans tous les sens. Ceux de nous qui ne parviennent pas à supporter ce stress sont souvent obligés d’aller encore ponctionner dans leur indemnité mensuelle pour pouvoir faire des petites réalisations en termes de micro-projets sur le terrain ou alors de se battre autrement.

  1. Les députés font-ils l’objet de critiques par rapport à toutes ces exigences des populations locales?

Justement, ces députés font souvent l’objet de plusieurs critiques parce que lorsque les députés, pour pouvoir faire ce que l’on pense qu’il est en devoir de faire, s’exercent parfois dans les commerces, dans la prestation, l’on dit ce sont les députés qui sont là, ils font les marchés publics. Effectivement, ceux qui le disent ont raison puisque ça rentre dans le régime d’incompatibilités. Mais face à la pression sociale au niveau de sa circonscription électorale que ailleurs, qu’est-ce qu’il peut bien faire? Soit notre État pense que le député peut et doit contribuer, de manière directe sur le terrain, à l’amélioration des conditions de vie des citoyens en réalisant des micro-projets, et qu’on lui fasse une dotation conséquente, soit on le restitue dans sa mission et on ne l’implique pas dans ça. Ceux qui ont la mission d’investir pour le public ont le budget conséquent pour ça, c’est le maire et le maire a, à sa disposition, le budget. C’est le président du Conseil régional qui a, à sa disposition, un budget pour cela. Ce sont aussi les ministres et les ministres ont les budgets pour cela. Donc, quand on vient au parlement et que l’on pense que le député doit aller, lui aussi, investir, il faut qu’on lui donne les moyens conséquents comme on a donné à ceux qui sont appelés à faire ce genre d’intervention. Si on ne le fait pas, qu’on le laisse dans sa mission constitutionnelle. Et cela n’est que normal comme cela.

  1. Comment avez-vous donc accueilli cette décision de la suppression des micro-projets parlementaires dans la loi de finances 2023?

Nous avons donc bien reçu la décision. Et nous nous sommes dits qu’il peut y avoir une logique pertinente de permettre aux députés de résoudre les problèmes qu’il peut constater au niveau de sa circonscription électorale. Mais, cela doit être clairement défini et conçu avec les moyens conséquents. Et qu’est-ce qu’on a pensé par rapport à cela? Les députés ont pensé, par exemple, à un droit de tirage rattaché au budget du ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), qui lui permettra de faire ses projets et ces projets-là bénéficient de l’appel d’offres conformément à la procédure prescrite par le Code général des marchés publics dans notre pays de sorte que le député soit maître d’ouvrage et le prestataire qui, gagnant le marché, peut aller réaliser la réfection de la route, la construction des forages, des bâtiments dans les écoles ou des hôpitaux. Bien, quand il aura terminé le travail, le député peut signer les documents certifiant que le travail est fait et puis le prestataire va toucher son argent au trésor sans que cet argent ne passe, de manière physique, entre les mains des députés, mais qu’il a le droit de tirage. Si l’on fait le droit de tirage, le budget serait donc en capacité d’intervenir comme maître d’ouvrage pour réaliser des projets au profit de la population. Mais tant qu’on ne le fait pas ainsi, qu’on laisse cette histoire de micro-projets qui, finalement, met le député en difficulté de pouvoir répondre aux multiples sollicitations dont il fait l’objet du fait que l’on diffuse, au sein de l’opinion, qu’il a une dotation pour aider la population et les gens pensent qu’il l’utilise sans aider cette population. Alors lorsque les députés ont observé cette suppression, le débat a eu lieu dans le cadre de l’adoption du budget. L’idée que je viens de vous communiquer là a été émise. Maintenant, si le gouvernement intègre cela, on le verra dans le budget de l’année suivante, c’est-à-dire l’année 2024 pour ceux et celles qui auront la grâce de Dieu d’être en vie. Je pense que c’est une bonne chose. Nous devons , dans notre pays, apprendre à faire que chacun(e) fasse le travail qui est le sien et veiller, tout simplement, à lui créer des meilleures conditions pour qu’il fasse le travail qui est le sien et apporter le rendement le plus optimal possible. Si chacun(e) fait son travail et reste dans son couloir, notre pays se porterait mieux que de penser que tout le monde peut faire la même chose et que chacun(e) peut faire au même moment. Je pense donc que c’est une bonne décision. C’est une belle orientation. L’on ne peut pas vivre éternellement dans le désordre. Nous devons comprendre que le Cameroun émergent va se faire dans la discipline, dans le respect des attributions des uns et des autres, mais également la création des conditions les meilleures pour que chacun(e) puisse faire mieux son travail avec le meilleur rendement qu’il soit capable d’apporter.

  1. Honorable Koupit Adamou, selon certaines grilles de lectures et certaines conjectures, il y aura, à la place des micro-projets parlementaires, une dotation d’entretien des cabinets parlementaires des députés. Cette idée est-elle avérée ?

Il y a l’idée d’accorder une dotation que l’on devait appeler appui parlementaire à chaque député. Ce n’est pas le financement du fonctionnement du cabinet parlementaire. Ça s’appelerait l’appui parlementaire au profit de chaque député. Maintenant, le montant de la dotation, étant donné que ce sont des doléances émises au cours des débats, l’on ne peut pas déjà estimer à combien ce sera. Mais ça a été convenu qu’on devrait accorder un appui parlementaire aux députés. Ce qui lui permettrait de faire face aux charges incompressibles liées à l’exécution de son mandat. Vous savez, par exemple, que l’Assemblée nationale accorde de dotation aux députés pour s’acheter des voitures. Le député a la voiture. C’est le seul qui, dans notre pays, peut avoir une dotation en véhicules sans appui en termes, par exemple, de carburant. Lorsqu’il doit carburer, ça doit être prélevé dans son indemnité mensuelle. Lorsqu’il doit faire sa réparation, c’est également là-bas. Lorsqu’il doit, peut-être, recevoir un ami, par exemple des journalistes comme vous, c’est dans son indemnité parlementaire qu’il doit puiser pour les désintéresser. Or, vous savez qu’au niveau du gouvernement, lorsque vous êtes même chef de service dans un ministère et qu’on vous donne le véhicule, il y a une dotation en carburant dont vous bénéficiez. Il y a une ligne, dans le budget, que l’on appelle “Entretien de véhicule”. Il y a également une ligne qu’on appelle “Réception”. Donc, c’est la même chose au niveau des communes et au niveau des conseils régionaux. Vous allez voir des lignes en dotation de carburant parce que le maire a le véhicule. Vous allez voir des lignes budgétaires dédiées à la réception des personnalités ou des invités du maire. Vous allez voir des lignes prévues pour l’entretien de la logistique et du véhicule. Si le parlementaire ne bénéficiait pas de ce genre de disposition qui, pourtant, est indispensable pour le bon fonctionnement ou pour la bonne exécution de son mandat. Donc, l’appui parlementaire, à mon sens, comme nous l’avons défendu, viendrait combler ce manquement. Maintenant, quelle est la taille de la dotation ? Pour l’instant, je ne peux rien en dire parce qu’il reviendra à l’appréciation du gouvernement et des membres de l’Assemblée nationale de voir ce que l’on accordera aux députés dans ce sens-là.

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