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Cameroun > Patricia Tomaïno Ndam Njoya: Conjurer le mauvais sort des violences électorales

C’est la quintessence du message de celle qui porte la triple casquette de maire de de Foumban, présidente du Syndicat des communes du Noun et président national de l’Udc. C'était lors de la célébration des deux militants condamnés à vie en première instance à Foumban et acquittés en appel à Bafoussam.

Par panorama papers
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Par Léopold DASSI NDJIDJOU

« Les scènes surréalistes que nous avons vécues à Foumban le 9 février 2020 avec mort d’homme le jour des élections, si ne sont pas endiguées, peuvent se généraliser et embraser le Cameroun lors des échéances à venir »,

assène la patronne de l’Union démocratique du Cameroun (Udc) dans la salle des actes de la commune bondée de monde.

On le comprend de go, elle est partagée entre le sentiment de satisfaction né de l’acquittement de ses deux militants injustement condamnées pendant plus de trois ans et un sentiment de crainte d’embrasement si rien n’est fait lors des prochaines échéances électorales.

En effet, les deux frères utérins, Mongbet Ousseni dit Rambo et Njoumen Voui Iliassou dit Grand Mao, reçus dans la liesse populaire à la Commune de Foumban ont été incarcérés depuis le 12 mars 2020 et condamnés à vie par le tribunal de Foumban pour

« meurtre, apologie du meurtre, violence en matière électorale, séquestration en coactions ».

Pour que le vote ne soit plus une occasion où les Camerounais trouvent la mort, comme régulièrement rappelé par l’Udc aux autorités du pays, Patricia Tomaïno Ndam Njoya a réitéré certains points de cette demande redondante. Permettre qu’un huissier de justice puisse exercer le jour des élections pour constater les infractions électorales, mais à ce sujet elle regrette qu’aucune suite n’a été donnée par les demandes faites auprès du tribunal de Foumban par exemple. Il y a aussi le renforcement des capacités d’Elecam.

Par exemple, retient-on, il faut lui donner les moyens de la police le jour des élections, les moyens de faire régner l’ordre, de protéger les camerounais, de protéger leur vote le jour des élections, de préserver la paix.

« De plus en plus, les populations aspireront à protéger leur vote contre les fraudes organisées et parrainées par ceux qui usent de ces façons sans vergogne depuis longtemps », ou bien « J’invite les populations à garder plus de vigilance ; à rester plus que jamais déterminés à poursuivre sous toutes les formes, la quête de l’État de droit pour le triomphe la justice pour tous »,

rappelle l’édile de la ville de Foumban au faîte des questions électorales au Cameroun.

Est-il encore besoin de rappeler qu’elle est le Porte-parole de la Plateformes des 7 partis de l’opposition dédiée à la réforme consensuelle du système électoral ? Elle enchaîne sur ces réformes demandées mais qui n’arrivent toujours pas, en indiquant que la participation citoyenne commence par-là, que le progrès durable passe par là.

« Chères populations de Foumban, nous sommes bien obligés de continuer à veiller sur notre droit et devoir citoyens absolus qui est le vote, comme nous l’avons appris à le faire »,

lance-t-elle à l’audience conquise du haut de la chaire.

Dans la foulée, elle appelle les uns et les autres à garder à l’esprit l’idéal de fraternité, de juste et de progrès en prélude à la célébration de la fête nationale. Elle a par ailleurs offert un recueil de documents des témoignages liés aux péripéties électorales,

« pour un devoir de mémoire, pour une contribution à la paix au Cameroun par le respect des valeurs de justice, de liberté, de solidarité chères à la ville de Foumban ».

Ajoute-t-elle à l’audience conquise du haut de la chaire.

La Cour d’appel de Bafoussam encensée

« Nous venons donc saluer cette décision de la Cour d’appel, prise unanimement par le collège des juges constitué à cet effet et le Parquet général près la Cour d’appel de l’Ouest »,

se réjouit la présidente du Syndicat des communes du Noun.

Elle poursuit en saluant le triomphe de la vérité, de la justice, tout en souhaitant au nom des populations,

« un agréable retour à ces deux citoyens, désormais entièrement libres. Ils vont retrouver leur Koupa-Matapit natal ».

Bien plus, elle ne tarit pas d’éloges sur ce verdict en appel à la Cour d’appel de Bafoussam en parlant de

« sentence salutaire, salvatrice, courageuse, rassurante, pour les républicains, démocrates, citoyens patriotes que nous sommes ».

Par la suite elle précise qu’elle remercie et félicite tous ceux et celles qui ont manifesté leur solidarité agissante,

« soutenant ainsi moralement pendant trois ans, ces deux frères durant leur détention sévère pour des motivations égoïstes ».

Il y a lieu aussi d’ajouter qu’étant incarcérés, les deux acquittés du jour, ont perdu leur mère. Un peu comme pour brosser un état d’esprit de la population de Koupa-Matapit suite à ce douloureux évènement, Patricia Tomaïno Ndam Njoya souligne que « les démocrates républicains patriotes et citoyens libres de Koupa disent non au bourrage, non à l’intimidation, non au parti pris des autorités administratives le jour du vote, oui à la transparence, oui au libre choix ». Pour rappel, suite aux élections couplées du 9 février 2020, municipales et législatives, il y avait eu mort d’hommes à Koupa-Matapit, à une douzaine de kilomètres du centre de Foumban. Ce jour-là, des bureaux de vote étaient « troublés » à plusieurs reprises par un « groupe de personnes identifiées » dans la contrée qui a fini selon des témoins par saccager et emporter des urnes. Les électeurs et la population livrés à eux-mêmes se sont dressés contre ces groupes d’assaillants.

Réactions suite à l’acquittement.

Nsangou Arouna, chef de la famille des acquittés

« Ils n’étaient ni de près ni de loin concernés par cette tragique affaire »

« Je suis particulièrement reconnaissant, et je rends grâce à Dieu, à Paul Biya et à Patricia Tomaïno Ndam Njoya pour leurs actions multiformes qui ont contribué à la manifestation de la vérité. Les deux fils étaient incarcérés pour rien, car ils n’étaient ni de près ni de loin concernés par cette tragique affaire. Je remercie aussi la Cour d’appel de Bafoussam d’avoir rendu la justice en toute impartialité ».

Mongbet Ousseni dit Rambo, un acquitté

« On ne savait pas si l’ex-commandant de Koupa-Malapit nous piégeait ou pas »

« Je n’arrive pas toujours à comprendre comment on a pu m’accuser d’être parmi les assaillants qui étaient venus de Foumban à 12 km de Koupa-Matapit pour semer le désordre dans les bureaux de vote. Ce jour-là, j’étais dans mon bureau de vote. C’est le lendemain du jour de vote que j’ai appris ce qui c’était passé. C’est l’ex commandant de Koupa-Matapit qui était venu nous informer qu’il a eu un coup de fil que les gens de Foumban sont en route pour Koupa-Matapit. Comme il n’avait pas beaucoup de gendarmes à sa disposition, il nous a demandé de nous mettre en chemin pour qu’ils ne viennent pas aggraver davantage la situation à Koupa-Matapit. On ne savait pas si c’était un piège ou pas. Quand on était là-bas, il y avait des passants, on ne sait pas si quelqu’un nous avait filmé dans l’intention d’aller dramatiser que c’était nous les coupables. Deux semaines après cela, on est venu nous arrêter. Deux semaines après les élections. On était à quatre. Il y avait mon petit frère, mon cousin, un ami et moi. Ils sont venus nous arrêter. Ils n’étaient pas en tenue. On se disait que c’était les Ambazoniens. On ne savait pas où ils nous amenaient. Ils nous ont dit par la suite qu’ils nous emmenaient à Yaoundé, nous avions les yeux attachés. Le lendemain, on s’est retrouvé à la cellule de Bafoussam. Quand on nous a jugés en première instance à Foumban, on nous a condamnés à perpétuité. Après, on a fait l’appel grâce à Madame le maire de Foumban, on a eu à faire l’appel. On est allé à Bafoussam. Avant tout, je remercie la Cour d’appel de Bafoussam, qui a trouvé la bonne vérité qu’on nous accusait pour rien. Je remercie aussi le président de la République son Excellence Paul Biya pour les bienfaits de la justice sous sa houlette. Sans lui, on ne devait pas nous laisser et cela nous donne la joie. A Madame le Maire de Foumban, je ne sais quoi dire, je suis très ému. Je ne sais comment la remercier même si en sortant là-bas, j’ai perdu ma mère. C’est ce que Dieu avait prévu. Au tribunal à Foumban, deux personnes parmi les quatre que nous étions avaient été libérées. On disait qu’ils étaient Rdpcistes. Moi et mon petit frère qui sommes de l’Udc, on nous a condamnés à vie. Nous sommes à plus de trois ans de prison, cadeau. Je sais que ce que nous avons souffert vient des élites de Koupa-Matapit. Je ne peux pas citer les gens de Foumban parce que c’est toujours les gens de Koupa-Matapit qui sont allés monter ces choses-là, pour se blanchir devant les autorités du Noun, qu’elles n’ont rien à voir dans la mort des deux personnes à Koupa-Matapit. Lors des enquêtes, certains sont passés aux aveux en affirmant qu’on est venu leur donne deux millions pour qu’ils viennent déranger les élections ici à Koupa-Matapit. Je dis à nos camarades de l’Udc qu’ils continuent dans le même sens à supporter l’Udc, le parti qui connaît la valeur d’un homme, la valeur d’un militant. Qu’ils continuent ».

Njoume Voui Iliassou alias Mao, l’autre acquitté

« Les faits sont passés ailleurs et ils sont venus nous arrêter »

« J’étais incarcéré à la prison centrale de Foumban pendant trois ans et 3 mois. On nous accusait de meurtre d’apologie de crime, séquestration aggravée, trouble électoral. La mairie de Foumban me soutenait à chaque fois avec la présidente nationale. Je la remercie pour tous les bienfaits, de son soutien au début jusqu’à la fin. Je remercie aussi la justice camerounaise, surtout la Cour d’appel. En première instance nous avons écopé de la perpétuité et c’est après l’appel que nous avons été jugés non coupables. La Cour a exigé une libération immédiate sans conditions. Je remercie aussi le président de la République. Je prie tous les jeunes du Noun de s’aligner derrière l’Udc. Le jour qu’on m’a pris, j’étais mandataire de l’Udc. Les faits sont passés ailleurs et ils sont venus nous arrêter ».

Propos recueillis par L.D.N.

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