Accueil PolitiqueAfrique Présidentielle 2025 | Cameroun: Maurice Kamto dénonce des coups d’État électoral et militaire

Présidentielle 2025 | Cameroun: Maurice Kamto dénonce des coups d’État électoral et militaire

Le leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), a étayé à la force des arguments cet état des choses au cours d’une conférence de presse au siège de son parti à Odza, un quartier de Yaoundé, le vendredi 10 mai dernier.

Par panorama papers
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Maurice Kamto au cours de la Conférence de presse

Par Léopold DASSI NDJIDJOU

Dix arguments pour faire la lumière sur le coup de force d’Elections Cameroon (Elecam) dans le but bien compris de frustrer le peuple camerounais souverain de sa liberté de choisir ses dirigeants. Maurice Kamto, a remis cela sur la table, tout en sollicitant des dirigeants en change de l’organe indépendant chargé de l’organisation, de la gestion et de la supervision du processus électoral de rendre dès à présent leur tablier, à défaut pour l’Etat de les y contraindre. « Nous sommes en face d’une grave violation des lois électorales que Erik Essouse, le Dg des élections et Monsieur Enow Abrams Egbe, président du Conseil électoral, ont commise. Alors que la loi garantit l’indépendance d’Elecam, afin de le mettre à l’abri de tout soupçon, ce sont ses principaux dirigeants qui organisent sa soumission, son inféodation au pouvoir Rdpc. Ce qui est une faute grave qui doit être sanctionnée, aussi bien par le Conseil électoral que par le gouvernement. Le Dg d’Elecam et le président du Conseil électoral ont trahi leur serment. Ils doivent démissionner ou être démissionnés pour protéger ce qui peut l’être encore », a martelé la challenger de Paul Biya à l’élection présidentielle de 2018. Dans cette brèche, il a réitéré qu’en 2025, les Camerounais auront l’exceptionnelle occasion « de se débarrasser d’un régime qui ne leur aura épargné ni la souffrance, ni l’humiliation, ni les injustices de toutes sortes, depuis plusieurs décennies. De façon très simple,  il s’agira pour les électeurs camerounais aux différentes élections à venir, de dire à ce régime à bout de souffle, incompétent, corrompu et déprimant, stop, ça suffit. Nous n’en voulons plus de la souffrance, des assassinats non élucidés. Ça sera un vote pour la dignité et la renaissance, ou pour la résignation et le désespoir ». Pour Maurice Kamto, il s’agit d’un coup d’État préventif du régime, pour tenter de conjurer le sort qui lui revient au regard de la situation désastreuse où il a plongé le pays, et que les vieilles recettes comme le tribalisme et la corruption, ne fonctionnent plus. Ainsi « le pouvoir s’est lancé dans la préparation d’un coup d’État électoral préventif. Oui, le Dg des Élections d’Elecam, M. Erik Essouse et les membres du Conseil électoral, sont en train de perpétrer sous nos yeux, et ceux de la Communauté Internationale, un authentique coup d’État électoral. » « L’action criminelle des organes dirigeants de cette instance qu’est Elecam, censée être l’organisateur impartial du jeu électoral, a toujours assumé les  multiples violations de la loi électorale,  Il foule au pied la Constitution du Cameroun avec l’objectif clairement affiché de permettre au Rdpc, une fois de plus, de se maintenir  illégalement et illégitimement au pouvoir. Voici la longue liste au demeurant non exhaustive et illégaux  posés par les dirigeants d’Elecam dont l’objectif est de fausser les résultats de ces élections au profit du Rdpc ». Il a par ailleurs déclaré avec emphase que le régime est conscient des enjeux des élections qui se profilent à l’horizon, et dont il entrevoit l’issue au regard de l’extraordinaire prise de conscience des Camerounais. « Il en est apeuré et paniqué fait feu de tout bois. »

Le coup d’État électoral d’Elecam 

 Voici les éléments qui montrent que le coup d’État électoral d’Elecam n’est pas une vue de l’esprit. Ainsi, il y a la privation de plus de la moitié des électeurs camerounais potentiels de l’exercice de leur droit constitutionnel. Les citoyens, par le gel délibéré du Corps électoral  autour de 7 millions d’électeurs depuis 10 ans en dépit de la croissance de la population camerounaise, qui est passée d’environ 20 millions d’habitants en 2012, où Elecam avait annoncé que le Corps électoral était d’environ 7.060.000 électeurs inscrits, à environ 30.000.000 en 2024, où le même Elecam annonce à la fin du premier trimestre, le chiffre de 7.144.000 électeurs inscrits. Ensuite, le Dg des élections minimise la mobilisation des Camerounais. Il  a eu à cet effet à faire une annonce préventive,  face à la mobilisation des Camerounais, qui s’inscrivent massivement sur les listes électorales, pourrait s’avérer vain selon lui pour modifier le corps électoral au nombre où il existe aujourd’hui. Sur 200.000 nouveaux inscrits par exemple, il ne pourrait rester que 50.000 après toilettage selon ses dires. Il y a aussi la violation continue de l’article 80 du Code électoral. Cet article fait obligation au Directeur général des élections de publier au plus tard le 30 décembre de chaque année, la liste électorale nationale, laquelle publication permet effectivement, de garantir un toilettage correct du corps électoral, de corriger les erreurs et permet aux inscrits dont les noms n’y figurent pas de faire des réclamations. Cette publication annuelle est toujours attendue depuis l’adoption du Code électoral en 2012. Par ailleurs, Elecam multiplie les obstacles logistiques et administratifsIlsvisent à neutraliser les inscriptions massives des Camerounais sur les listes électorales tels que l’indisponibilité des kits d’inscription alors que l’Etat alloue chaque année un budget conséquent à Elecam. Alors même que le Dg d’Elecam a annoncé depuis plusieurs mois que des kits de nouvelle génération ont été importés et attendent à la douane au port. Maurice Kamto a aussi évoqué les inscriptions sans délivrance de récépissé, ce qui est en totale violation de la loi, créant ainsi une réserve inconnue selon lui qui peut être au profit des membres du Rdpc, ou des personnes recrutées à cette fin qui vont voter le moment venu. L’autre argument est l’ouverturetardive des inscriptions au sein de la diaspora. Le constat est fait, a-t-il martelé, qu’à la fin du mois d’avril 2024, Elecam n’avait toujours pas ouvert les inscriptions sur les listes électorales au sein de la diaspora, c’est-à-dire quatre mois après le délai légal qui fixe le début des inscriptions le 1er  janvier de chaque année. Il poursuit en indiquant qu’à peine commencé en ce début de mai, les inscriptions sont interrompues pour cause de défectuosité récurrente des kits d’Elecam. C’est le cas en Suisse où l’ambassadeur a ordonné la suspension des inscriptions par un communiqué du 12 avril 2024 en attendant la réparation de ces kits par Elecam. Il a aussi pris le cas de la Grande Bretagne où prenant la liberté avec la vérité, l’ambassadeur a par un communiqué du 18 avril 2024, prétendu que les inscriptions sur les listes électorales avaient commencé le 1er  janvier 2024 conformément à la réglementation en vigueur mais que par un mauvais fonctionnement des kits d’Elecam, les inscriptions étaient interrompues. Il s’est de ce fait demander pourquoi est-ce qu’on veut priver les Camerounais de leur droit de participer aux choix des dirigeants de leur pays. Pourquoi veut-on frustrer les Camerounais de la diaspora d’un droit qui leur est reconnu par la loi de participer à l’élection présidentielle en attendant demain les  élections législatives ? Qui a peur des Camerounais? « Sans doute les mêmes personnes qui par une gestion calamiteuse du pays poussent la plupart d’entre eux à l’immigration et souhaitent qu’ils ne rentrent plus jamais dans leur pays », a-t-il lancé en guise de réponse à ses questionnements. L’obligation faite par Elecam au sein de la diaspora de présenter outre la carte consulaire (qui est l’unique pièce exigée), le passeport, est une violation de l’article 274 du Code électoral et de l’article 6 du décret du 8 août 2011 portant organisation des Camerounais de l’étranger. Il a aussi cité le non-respect  de la loi sur le nombre des sièges des députés par  circonscription électorale en fonction des résultats du recensement démographique de 2001, tout comme le refus d’inscrire les Camerounais en situation de détention provisoire ou condamnés dont la condamnation n’est pas privative des droits, en violation de la présomption d’innocence. Pour terminer, il a évoqué le flagrant délit de fraude de cartes électorales, par Elecam et les fonctionnaires de police. Il a de ce fait cité le cas de Massangam dans le Noun.

Le Minat, les dirigeants d’Elecam et le maire de Yaoundé 7 et l’objectif 12000.000 d’inscrits

« Je dénonçais le fait qu’en près de 10 ans, de janvier 2012 au 31 décembre 2022 et au cours de l’année 2023, Elecam déclarait n’avoir pu inscrire que 28000 personnes par an. Sans doute blessés dans leur orgueil, ses dirigeants ont-ils décidé de porter les inscriptions entre janvier et mars, à environ 50.000 nouveaux inscrits par mois. Ce chiffre se trouve largement en dessous de la réalité au regard de la grande mobilisation populaire pour les inscriptions qui se font sur les listes électorales. Tout observateur peut l’affirmer qu’au moins depuis le début de cette année. Dans le Littoral par exemple, selon les propres données statistiques d’Elecam, l’objectif  fixé Elecam en 2024, est d’inscrire 132. 684 nouveaux électeurs. Or au 1er  mai 2024, c’est-à-dire à mi-parcours, soit 4 mois sur les 8 mois durant les inscriptions, Elecam a au- delà inscrit 87. 072 nouveaux électeurs, ce qui signifie qu’il a déjà réalisé en 4 mois, 65,62% de son objectif pour 2024 dans le Littoral. Or la dynamique des inscriptions est ascendante dans le Littoral comme dans le reste du pays. Ce n’est donc pas seulement la réalisation de 100% de ses objectifs que nous attendons dans le Littoral mais le doublement de cet objectif. Le corps électoral attendu au Cameroun, à la fin des opérations d’inscription le 31 août 2024, est pour nous d’au moins 12.000.000 d’inscrits. Au-delà de la manipulation du nombre de Camerounais inscrits sur les listes électorales, le refus de publier le fichier national des inscrits sur les listes électorales, Elecam agit en parfaite complicité avec le Rdpc, le gouvernement de la République et quelques acteurs politiques. Dans un style qui lui est propre, Monsieur le ministre de l’Administration territoriale, au mépris de l’article 3 de la Construction qui dispose qu’en son article 3 que « les partis politiques et formations politiques concurrent à l’expression du suffrage », a dans un communiqué du 2 mai 2024, a ouvertement menacé « les hommes politiques véreux contre toute tentative manipulation pernicieuse…visant à troubler l’ordre public ». Il annonçait avoir instruit les autorités administratives de ne plus tolérer les inscriptions faites par certains politiciens en quête de notoriété. Aux termes de l’alinéa 1, de l’article 4 du Code électoral, Elecam est un organisme indépendant, chargé de l’organisation, de la gestion des élections et de la supervision du processus électoral et référendaire. Elecam jouit d’une personnalité juridique et jouit d’une autonomie de gestion. Alors d’où vient-il que le Minat, militant parenté du Rdpc, « reçoive », sans les membres de la Commission électorale, le président du Conseil électoral et le directeur général des élections ? Tous militants non affranchis du Rdpc pour une concertation sur le déroulement des inscriptions sur les listes électorales dans la perspective des élections  à venir dans notre pays?  Elecam, organe supposé indépendant, comment a-t-il pu aller soumettre le processus électoral, dont il a légalement la charge au Minat qui est un acteur du processus électoral, au même titre que les partis politiques au point où celui-ci se permet de déclarer dans un communiqué  qu’il a noté avec satisfaction que le processus électoral était normal ? D’où vient-il que le Minat doit se mettre au-dessus des autres acteurs? S’il veut être candidat, qu’il présente sa candidature. Le fait qu’il soit Minat, fait de lui acteur. Il faut arrêter la confusion et l’esbroufe ! Il faut arrêter le m’as-tu-vu ! Cela n’impressionne personne. En parfaite synchronisation avec le Minat, dans la même journée du 2 mai 2024, le Maire Rdpc de Yaoundé 7, Monsieur Augustin Tamba, a contraint par la menace et la violence, les militants du Mrc qui invitent les gens à venir s’inscrire sur les listes électorales à décamper des lieux, ceci en violation de la Constitution qui donne la liberté d’aller et de venir à tout Camerounais et de résider où il veut sur le territoire national. Le maire n’a pas le pouvoir de police judiciaire pour demander aux militants de partir. Ou de produire une curieuse carte de résidence. Exiger un tel document aux citoyens dans leur propre pays, finit d’établir le désarroi du régime et ses dérives tribalistes qui avaient atteint son point d’orgue en 2018, dont le pays souffre encore de ses relents, allons-nous encore souffrir de ces dérives ? »

Le coup d’Etat militaire en question

En pleine conférence, Maurice Kamto a fait projeter une vidéo abondamment partagée sur internet où on voit un soldat en rupture de ban  annoncer que ses supérieurs lui ont demandé de participer à un coup d’Etat. Il n’en dit pas davantage surtout qu’il ne cite pas les noms des commanditaires. A côté de ceci, le leader du Mrc a cité la prolifération des annonces des communicateurs du Rdpc sur les plateaux de Tv, où sans ambages, ils annonçaient que si le candidat du Mrc arrivait à remporter l’élection présidentielle de 2025, il y aurait automatiquement un coup d’Etat au Cameroun pour lui empêcher d’accéder au pouvoir. Car selon eux, l’Armée qui a été régulièrement traitée de tous les noms d’oiseaux, n’accepterait pas que ceux qui l’ont traitée de milice et autres soient leurs chefs. Un autre communicateur du Rdpc, en faisant l’apologie du coup d’Etat, a annoncé pour sa part que si le candidat du Mrc arrive au pouvoir porté par le Mrc ou un autre parti politique, il y aura un coup d’Etat. Que par contre si les présidentes du Pcrn, du Sdf, de l’Upc arrivaient au pouvoir, l’Armée ne s’y opposerait pas. Par ailleurs, Maurice Kamto a indiqué avoir porté plainte contre ces affirmations sans qu’il y ait aujourd’hui une suite donnée à sa plainte. Cette hypothèse fait penser à ce qui s’est passé récemment au Gabon, où alors que Ondo Ossa était annoncé vainqueur à l’élection présidentielle, il y a eu coup d’Etat parce que le président sortant voulait s’accrocher au pouvoir pour autant, le vainqueur n’a nullement été rétabli dans sa victoire.

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