Par Matheo Enrique
Brasilia, 1er octobre 2026 (Panorama Papers) – Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a signé, le 25 septembre, une mesure provisoire interdisant l’exploitation, la promotion et la publicité des paris à cote fixe, qui comprennent les paris sportifs et les casinos en ligne. Les sites et applications concernés devront devenir inaccessibles au Brésil à partir du 6 octobre.
Le gouvernement présente cette interdiction comme une réponse aux conséquences financières et sanitaires du jeu. Les nouveaux dépôts sont déjà interdits. Les utilisateurs disposent jusqu’au 5 octobre, à 23 h 59, pour retirer volontairement leur argent, avant un dispositif de remboursement des soldes restants par les établissements bancaires.
La décision provoque une mobilisation des clubs de football et des sociétés de paris, dont les contrats de sponsoring occupent une place importante dans le championnat. Selon le quotidien Folha de S.Paulo, ces partenariats ont rapporté environ 1,03 milliard de reais aux clubs de première division en 2025, soit 7,2 % de leurs recettes totales. Leur disparition fragilise les budgets et oblige les équipes à rechercher de nouveaux financeurs.
Les clubs et les associations du secteur ont engagé une offensive judiciaire et parlementaire pour obtenir une révision de la mesure. Certains cherchent à suspendre leurs contrats de sponsoring dans l’attente d’une éventuelle décision du Congrès ou de la justice. Les professionnels alertent également sur les conséquences pour l’emploi, tandis que des estimations rapportées par UOL évoquent plus de 15 000 postes menacés dans le secteur des paris.
L’endettement des ménages constitue l’un des principaux arguments du gouvernement. Toutefois, les sources consultées ne permettent pas d’établir que plus d’un foyer brésilien sur deux est endetté à cause des paris sportifs. Les données sur l’endettement général ne permettent pas d’attribuer toutes ces difficultés au jeu.
Cette interdiction marque un revirement après la légalisation des paris sportifs à cote fixe en 2018 et leur réglementation sous Lula en 2023. Annoncée à quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle du 4 octobre, elle doit être approuvée par le Congrès dans un délai maximal de 120 jours pour rester en vigueur.
