Par Joël Onana
Yaoundé, 8 octobre 2026 (Panorama Papers) – Le Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN) sonne l’alerte. Dans un communiqué publié le 5 octobre, son porte-parole national Christian Ndjock Nkongo affirme que certains militants du parti — notamment originaires de l’Ouest et issus de la communauté bamiléké — feraient l’objet de menaces, d’intimidations et d’ostracisme en raison de leurs choix politiques : leur soutien à Cabral Libii et leur refus de soutenir Maurice Kamto.
« Nous assistons à ce qui laisse des prémices d’un affrontement ethno-tribal », a déclaré Christian Ndjock Nkongo, évoquant une « campagne à caractère ethno-tribal ». Le communiqué du parti estime que lorsque l’appartenance ethnique commence à peser sur le choix politique, « ce sont les prémices d’une escalade et d’une confrontation ethnique » qu’il faut collectivement empêcher.
Le responsable politique affirme que certains militants craindraient désormais pour leur sécurité et que leurs familles seraient également préoccupées. « Des parents de camarades ont saisi le Directoire du parti », a-t-il ajouté.
Pour tenter de prévenir une aggravation, le Pcrn appelle les institutions compétentes à se saisir de l’affaire : la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme — la Commission Musongue, présidée par Mafani Musonge —, la Commission des droits de l’homme du Cameroun (CDHC), présidée par James Mouangue Kobila, invitée à « prendre la mesure de ces faits préoccupants ».
Cette sortie intervient quelques jours après la démission retentissante de Nourane Fotsing — Nourane Foster, députée du Wouri-Est — qui avait quitté le Pcrn le 26 septembre en dénonçant elle-même des attaques personnelles et des propos visant certaines communautés.
Ces allégations restent unilatérales et non établies. Mais elles témoignent d’une crispation du débat politique camerounais autour de l’appartenance ethnique, à quelques jours d’échéances décisives. Le Pcrn dit privilégier une démarche « pédagogique et orientée vers l’apaisement » : « Oui à la détente politique. Oui à l’apaisement. Mais non à l’ostracisme des droits et libertés fondamentales. »
