Par Sandra Embollo
L’affaire débute le 10 septembre dans le département du Dja-et-Lobo. Vêtus de chasubles portant les inscriptions Orange Money, les deux suspects se présentent dans plusieurs localités, notamment Metet, Mvoutessi, Nsimi, Mfouladja et Meyitsoto, auprès de responsables de points de transactions et de particuliers.
Selon les enquêteurs, ils prétendent participer à une campagne de promotion de l’opérateur. Ils proposent notamment de transformer des cartes SIM ordinaires en cartes commerciales, en promettant aux utilisateurs de meilleures possibilités de revenus sur les transactions.
Cette offre leur permet, d’après la gendarmerie, d’obtenir temporairement les téléphones de leurs interlocuteurs. Ils effectuent ensuite des opérations frauduleuses sur les comptes de monnaie électronique. Plusieurs victimes découvrent la disparition de leurs fonds après leur départ.
Des suspects présentés comme d’anciens agents
Les plaintes déclenchent une enquête du Service des recherches judiciaires et de la lutte contre le grand banditisme de la Première Région de gendarmerie. Un premier suspect, âgé de 28 ans, est arrêté à Mbalmayo. Les investigations conduisent ensuite à l’interpellation d’un second homme, âgé de 29 ans.
Les enquêteurs indiquent que les deux mis en cause ont reconnu les faits et déclaré pratiquer cette activité depuis plusieurs années. Des perquisitions à leurs domiciles permettent de retrouver plusieurs puces Orange ainsi que des effets portant les marques de l’entreprise.
Selon le lieutenant Akoa Mveng Donald, chargé de l’enquête, les suspects sont d’anciens agents d’Orange Cameroun licenciés pour des faits d’escroquerie. Cette présentation de leur parcours émane de la gendarmerie ; les éléments transmis ne comportent pas de confirmation de l’opérateur.
L’identité professionnelle au cœur du stratagème
Le mode opératoire décrit repose sur une apparence professionnelle, une offre présentée comme avantageuse et la remise volontaire du téléphone. La connaissance des services de monnaie électronique attribuée aux suspects constitue, selon les enquêteurs, un élément ayant facilité la mise en confiance des victimes.
Les deux hommes ont été présentés au procureur de la République près le tribunal de grande instance de Sangmélima. Les informations disponibles ne précisent ni les qualifications pénales retenues ni les suites judiciaires données à leur présentation. Ils restent présumés innocents.
