Par Idrissa Diallo Bah
Bissau, 8 octobre 2026 (Panorama Papers) – La transition bissau-guinéenne s’allonge. Les élections présidentielle et législatives prévues le 6 décembre devront être reportées, a déclaré jeudi le Premier ministre de transition Ilídio Vieira Té à la presse — sans fixer de nouvelle date. « Il n’y a pas de conditions pour la tenue des élections prévues le 6 décembre », a-t-il affirmé, selon Reuters.
Le chef du gouvernement avance deux raisons : les partis politiques n’ont pas tenu leurs congrès pour désigner leurs dirigeants, et les candidats potentiels ont manqué la date limite du 6 octobre pour déposer leurs dossiers auprès de la Cour suprême. La commission électorale nationale avait elle aussi prévenu que les conditions n’étaient pas réunies.
Ce report intervient dans un pays plongé dans l’incertitude depuis le coup d’État de novembre 2025, qui avait renversé Umaro Sissoco Embaló et interrompu le processus électoral avant l’annonce des résultats. Les militaires avaient installé le général Horta Inta-a à la tête de la transition et fixé le scrutin au 6 décembre 2026, avec l’objectif affiché d’un retour au pouvoir civil. En août, un référendum constitutionnel — approuvé à environ 70 % selon les autorités — avait renforcé les pouvoirs présidentiels.
La semaine dernière, les autorités avaient bloqué le retour d’Umaro Sissoco Embaló, exilé au Maroc, invoquant des raisons de sécurité nationale. L’ancien président avait pourtant annoncé son intention de rentrer et de se présenter.
La Guinée-Bissau, habituée des interventions militaires depuis son indépendance du Portugal en 1974, voit ainsi sa « transition d’un an » promise s’étirer. Les organisations régionales, Cedeao en tête, qui avaient exigé un retour rapide à l’ordre constitutionnel, suivront de près la fixation d’une nouvelle date — si elle vient.
Sources : Reuters ; Afp.
