Par Matthew Pinch
Washington, 8 octobre 2026 (Panorama Papers) – Jamais l’aile gauche du Parti démocrate n’avait abordé des élections de mi-mandat avec une telle vigueur. Portée par l’impopularité record de Donald Trump et le mécontentement économique, elle espère non seulement aider l’opposition à reprendre le contrôle du Congrès, mais aussi remodeler durablement la ligne du parti.
Les signes s’accumulent. Pour la première fois, plusieurs sièges très disputés au Sénat et à la Chambre auront des candidats d’extrême gauche comme investis démocrates — des membres des Democratic Socialists of America (DSA) et d’autres progressistes qui ont fait tomber des sortants historiques lors des primaires. Le Wall Street Journal note que le flanc gauche du parti n’a jamais été aussi ascendant.
L’enthousiasme joue pour les démocrates : selon un sondage CBS, 84 % des démocrates et 82 % des indépendants déclarent qu’ils iront « certainement » voter, contre 77 % des républicains. Sur la question du « bulletin du Congrès » — pour quel parti voteriez-vous ? — les démocrates affichent en moyenne neuf points d’avance, un niveau historiquement suffisant pour gagner des sièges.
Le Cook Political Report projette un gain net démocrate de cinq à quinze sièges à la Chambre — de quoi reprendre la majorité, sans raz-de-marée. Chuck Schumer, chef de la minorité au Sénat, va plus loin et prédit une possible prise du Sénat, citant des courses devenues compétitives au Texas — où le démocrate James Talarico affronte le républicain Ken Paxton —, au Michigan avec Abdul El-Sayed face à Mike Rogers, et même au Kansas, qui n’a pas élu de sénateur démocrate depuis 1932.
« On gagne quand ils perdent », résume le sondeur démocrate John Anzalone : « C’était le gars censé réparer l’économie, et il l’a en fait aggravée. » Les Américains blâment massivement le président pour la flambée des prix et s’opposent à la guerre américaine en Iran.
Mais la marque démocrate reste faible : 38 % d’opinions favorables seulement, au plus bas depuis des décennies. Les républicains misent sur leur avantage financier et sur la peur du DSA chez les indépendants. « Il ne fait aucun doute que les électeurs indépendants veulent mettre un frein à Donald Trump, mais ils ne pensent pas non plus que ce Parti démocrate — avec la montée du DSA — mérite d’être aux commandes », argue le stratège républicain Brad Todd.
Donald Trump lui-même, en tournée de l’Alabama à l’Oklahoma, reconnaît les vents contraires : « Qu’on ait un grand président ou non, républicain ou démocrate, ils ne font pas bien aux midterms. » Reste à savoir si la vague bleue deviendra tsunami — et si la gauche, en cas de victoire, imposera sa révolution au parti.
Sources : AFP ; USA Today ; Wall Street Journal ; CNN.
