Par Serge Aimé BIKOI
L’une des révélations faites ce lundi au cours de l’audience liée à l’affaire Martinez Zogo, c’est une indiscrétion relayée par Jean Pierre Ouloumou liée à l’absence du second commando, dont on soupçonne, depuis 2023, être à l’origine de l’assassinat de l’ancien chef de chaîne d’Amplitude Fm. Lors de la cross-examination, Me Clément Ananga, avocat de Martin Savom, qui a posé une série de questions au 33ème témoin de l’accusation, constate, visiblement, que l’accusation portée contre le second commando et imputé à son client, ancien maire de la commune de Bibey, disparaît. “Je crois que tout le monde, ici, avait été convaincu, à un moment donné, de l’existence d’un second commando qui serait finalement celui qui aurait ôté la vie à Martinez Zogo. Je crois qu’aujourd’hui, les certitudes et les convictions ne sont plus les mêmes. L’accusation sur cet aspect-là est en train de s’effriter. Vous avez entendu l’expert lui-même vous dire qu’on ne peut plus parler, aujourd’hui, d’un second commando”, indique Me Clément Ananga.
L’avocat de l’ancien maire de la commune de Bibey n’hésite pas à se réjouir de l’annonce de cette information tant d’aucuns avaient soutenu la thèse selon laquelle ce second commando avait été conduit par Martin Savom, son client. Malgré tout, des doutes continuent de subsister sur la crédibilité et la fiabilité de l’expertise de J.P. Ouloumou, dont certains avocats de la défense estiment que le rapport est teinté de légèreté et d’incongruités. À ce sujet, Me Ananga confie que tout dépend des intérêts visés par telle partie où telle autre partie.
“Personnellement, je suis un peu partagé. J’ai vu, par exemple, aujourd’hui un expert qui vous dit de ne pas considérer ce qui est écrit. Je n’étais pas d’accord avec ce qui était écrit. Mais la cross-examination s’est tellement bien passée que l’expert lui-même est revenu sur ce qu’il avait écrit. Vous avez vu comment il a dit. Ne lisez pas ça ! Effacez cette partie-là ! Je partage donc ce que l’expert a dit aujourd’hui. J’étais un peu sceptique par rapport à ce qu’il avait dit dernièrement”, conclut C. Ananga.
La cross-examination, suspendue à 15h et 48mn, vient de reprendre avec la poursuite du contre-interrogatoire de Léopold Maxime Eko Eko, ancien patron de la Direction générale de la recherche extérieure (Dgre). Durant l’intervention de l’ex-Dgre, les questions posées au témoin de l’accusation consistent davantage à chercher à savoir s’il n’y a pas, à proprement parler, un complot qui avait été ourdi dans les hautes sphères de l’État du Cameroun pour assassiner Martinez Zogo. Eko Eko exploite, notamment, les échanges entre Anabus 202, pseudonyme de M. Zogo, et des pontes du régime de Yaoundé, en l’occurrence le ministre d’État Secrétaire général de la présidence de la République et son épouse.
