Par Hajer Elina
Le Cameroun s’oriente vers une révision majeure de sa Constitution, avec un projet attribué au pouvoir en place qui prévoit la création d’un poste de vice-président doté de larges compétences. Porté par le Rdpc et impulsé par le président Paul Biya, le texte devrait suivre un circuit parlementaire maîtrisé, de l’Assemblée nationale au Sénat.
Selon les dispositions évoquées, le vice-président coordonnerait l’action gouvernementale, assurerait la transmission des décisions présidentielles et concentrerait l’essentiel du pouvoir de signature. Il exercerait en outre une autorité directe sur le Secrétaire général de la présidence, marquant un rééquilibrage significatif au sommet de l’État.
Le projet inclut également un élargissement du Sénat à la diaspora ainsi que des ajustements du cadre électoral, dont l’hypothèse d’un scrutin présidentiel à deux tours, visant à renforcer la légitimité des institutions.
Dans ce contexte, la prorogation du mandat des députés est présentée comme une mesure technique destinée à éviter un vide juridique durant la transition constitutionnelle, sans recours à un référendum.
En parallèle, des interrogations persistent sur la gouvernance publique, alimentées par des soupçons de malversations dans l’exécution de certains projets d’infrastructures, notamment des travaux routiers financés mais non réalisés.
Au pouvoir depuis plus de quatre décennies, Paul Biya demeure l’acteur central du système politique camerounais. Les discussions sur la réforme constitutionnelle interviennent dans un climat d’incertitudes autour de la succession et de pressions croissantes en faveur d’une modernisation des institutions.
