Par Serge Aimé BIKOI
À la lumière des récents bouleversements historiques à la tête du parlement camerounais, Project C prend acte de l’élection de l’honorable Théodore Datouo comme président de l’Assemblée nationale en remplacement de Cavaye Yeguie Djibril et de l’élection de sa Majesté Aboubakary Abdoulaye, Lamido de Rey Bouba, comme président du sénat, succédant à Marcel Niat Njifenji. Bien que ces transitions soient attendues depuis longtemps, elles ne représentent pas le renouveau authentique que les Camerounais exigent avec force. Pour Eric Chinje, promoteur de Project C, il ne s’agit là que d’un simple remaniement d’intérêts enracinés, insuffisant pour relever les défis profonds auxquels notre pays est confronté.
“Depuis des décennies, explique-t-il, la direction de nos institutions législatives est marquée par l’âge avancé, la santé déclinante et un sentiment d’épuisement généralisé. Ce dont le Cameroun a besoin, en ce moment crucial, ce n’est pas simplement la rotation de figures familières, mais une transformation complète et fondamentale”.
Project C appelle tous les Camerounais à enclencher un processus constitutionnel inclusif, transparent et participatif, à un dialogue national rassemblant toutes les voix -anglophone, francophone et au-delà. Cette organisation exige, dans la même veine, une Constitution qui reflète les aspirations et les besoins de tous les Camerounais. Le peuple camerounais doit être au centre de ce processus. C’est une occasion unique de revisiter et de repenser la loi fondamentale qui définit notre existence en tant que nation. E. Chinje relève que notre prochaine Constitution doit être faite pour le peuple, par le peuple et avec le peuple.
“L’époque des décisions exclusives, prises à huis clos, doit prendre fin, le destin du Cameroun ne peut être confié à une poignée de privilégiés”,
ajoute-t-il.
Le leader d’opinion pense que la voie à suivre exige que nous affrontions notre passé : élections volées ; crise anglophone non résolue ; corruption endémique ; détournement de deniers publics ; crises humanitaires persistantes et arrestations arbitraires. Le promoteur de Project C ajoute que ce ne sont pas des problèmes qui peuvent être résolus par des changements superficiels à la tête de l’État du Cameroun, mais qui nécessitent un véritable dialogue national, un dialogue qui inclut chaque Camerounais, quelle que soit sa région, sa langue ou son origine.
Les récents changements au parlement camerounais, bien que notables, demeurent insuffisants. Les Camerounais méritent bien plus que de simples gestes symboliques et un leadership recyclé. E. Chinje et ses pairs concluent à la thèse selon laquelle
“il est temps de transcender la simple gestion de l’État. C’est notre responsabilité historique de bâtir une nation. L’avenir du Cameroun ne doit pas se décider sans son peuple”.
