Par Hyppolite Ikome
Selon l’analyste Jason Bigond, PhD en sciences politiques, la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro par l’armée américaine pourrait s’inscrire dans une stratégie plus large visant à exercer des pressions sur d’autres régimes jugés dictatoriaux, parmi lesquels le Cameroun. Le pays, dirigé depuis 43 ans par Paul Biya, est décrit comme un État où les libertés sont régulièrement violées et les opposants éliminés, emprisonnés ou contraints à l’exil, notamment Issa Tchiroma, déclaré vainqueur de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025 avant d’être écarté du pouvoir.
Bigond indique que les États-Unis, tout comme la France, pourraient promouvoir un processus de transition politique dans ces pays, similaire à celui envisagé au Venezuela après l’arrestation de Maduro, en s’appuyant sur le vainqueur réel d’un scrutin contesté et en appelant à la mise en place d’un gouvernement d’union nationale. L’expert cite des contacts diplomatiques récents, dont un appel du secrétaire d’État américain Marco Rubio à Paul Biya après sa prestation de serment, interprété comme un signal de pression diplomatique.
Selon l’analyse, Paul Biya pourrait anticiper cette pression en organisant une conférence nationale souveraine visant à créer un consensus politique et à mettre en place une transition de trois ans sans sa participation, ce qui permettrait d’éviter des sanctions ou une humiliation internationale. L’article souligne la similitude entre les situations du Venezuela et du Cameroun, avec des dirigeants évincés, exilés ou emprisonnés et des contestations sur la légitimité des élections.
Les tensions entre gouvernements africains et puissances occidentales autour de la gouvernance, de la transparence électorale et des transitions politiques sont récurrentes. Les récentes opérations au Venezuela et les déclarations de responsables américains et français mettent en lumière l’attention portée par la communauté internationale aux régimes considérés comme autoritaires, tout en suscitant des débats sur l’ingérence extérieure et la souveraineté nationale.
