Par Sandra Embollo
Face aux approches classiques centrées sur les taux d’intérêt ou les garanties, le dirigeant a déplacé le débat vers l’équité territoriale. Il a rappelé que les potentiels économiques sont largement répartis à travers le pays, tandis que les capitaux restent concentrés dans les métropoles, freinant l’industrialisation durable.
Pour y remédier, M. Siddiki a préconisé un changement de paradigme : logique territorialisée contre centralisée, partage du risque contre culture de la garantie, écosystème différencié contre guichet unique. Il a esquissé sept propositions, dont un « Pacte national pour le financement territorial » associant État, Régions, Union européenne et acteurs privés, ainsi que des Fonds régionaux d’investissement adaptés aux spécificités de chaque zone (agropastoral, mines, industrie, services numériques).
Il a également plaidé pour le financement de chaînes de valeur complètes (cacao, coton, élevage, bois, énergie) et la création d’un mécanisme national de partage du risque incluant garanties et blended finance. Il a appelé à allonger les horizons de financement pour l’industrie et les infrastructures, et a suggéré une « Facilité Cameroun–Union européenne pour les territoires » ciblant les régions les moins financées et les PME industrielles.
S’adressant au gouvernement, à l’Union européenne et aux banques (BEI, Proparco, FMO, Apecam), M. Siddiki a insisté sur une territorialisation des politiques financières, estimant que la prochaine étape des réformes (Vision 2035, SND30, décentralisation) doit être cette adaptation locale. Il a invité les investisseurs – aux côtés du MINFI et des universitaires – à saisir les relais de croissance que représentent Maroua, Garoua, Ngaoundéré ou Bertoua, affirmant que l’avenir du Cameroun se joue aussi hors des métropoles, dans la capacité à révéler le potentiel de chaque territoire.
