Par Zobel A Mbon
Riche en débouchés commerciaux, il impose cependant des normes de qualité et de conformité particulièrement strictes. Pour relever ce défi, des entrepreneurs et investisseurs du pays se sont réunis à Douala pour un séminaire de formation de deux jours.
La rencontre a été initiée par Émilie Siewé, promotrice du cabinet ALA ( American Liaison in Africa). Membre de la Chambre de Commerce des États-Unis. L’objectif était d’outiller les patrons de Pme, véritables moteurs de l’économie locale, avec des connaissances qui leur permettront de se conformer aux exigences internationales, et plus précisément à celles du marché américain.
L’État aux côtés des entrepreneurs
Placée sous le parrainage du gouvernement, la rencontre a été lancée par Achille Bassileken III, Ministre des Petites et moyennes entreprises, de l’Économie Sociale et de l’Artisanat, représentant le Premier Ministre, Chef du Gouvernement.
L’enjeu national est de conquérir le marché américain qui constitue un véritable levier pour la montée en puissance des pme locales. La stratégie 2035 du Cameroun vise l’émergence d’au moins 55 entreprises de taille importante, capables de rivaliser à l’international.
Pour traduire cette ambition en actes, une plateforme digitale nommée Glowy a été mise en place avec des partenaires américains. Son rôle est de mettre en relation directe les producteurs camerounais et un réseau d’acheteurs aux États-Unis, sans intermédiaire.
Pendant deux jours, les travaux de Douala ont transmis aux entreprises, coopératives et Pme, un kit d’outils concrets, afin de leur permettre de saisir les contraintes du marché, de se mettre en conformité et de devenir suffisamment attractives pour décrocher des contrats b2b directs à travers Glowy.
Le membre du gouvernement a ensuite recentré le débat sur l’essentiel : transmettre les normes, la réglementation et les standards sanitaires en vigueur aux États-Unis.
” Vous le savez, c’est l’un des marchés les plus rigoureux au monde. Mais c’est également un marché qui regorge de créneaux très profitables pour les produits et services “Made in Cameroon”.”
Un effet de levier vers l’Europe et la Zlecaf
Cette session a transmis des compétences stratégiques aux Pme. Elles peuvent désormais viser des parts de marché aux États-Unis tout en respectant les règles. L’autre atout majeur réside en ce qu’ une entreprise conforme aux exigences américaines, parmi les plus sévères, pourra plus aisément s’imposer en Europe, dans la Zlecaf(Zone de Libre-Échange Continentale Africaine) et sur d’autres marchés ouverts aux exportateurs camerounais.
Le ministre a exprimé le souhait que chaque participant reparte avec des méthodes pratiques et des outils immédiatement exploitables, tout en confirmant le soutien ferme de l’État aux opérateurs qui visent l’international.
“Nous débutons à Douala, vitrine économique du Cameroun. Puis, cette caravane de transfert de compétences va se poursuivre : prochainement à Yaoundé, ensuite dans les régions du Nord, puis à Limbe et dans d’autres pôles économiques.“
Exporter vers les États-Unis n’est plus réservé à une élite. Beaucoup de Pme l’ont déjà testé via l’Agoa – African Growth and Opportunity Act). Il s’agit maintenant de consolider ces acquis, d’élever le niveau de compétences et de donner aux entreprises camerounaises les moyens de s’implanter durablement outre-Atlantique.
Douala referme ses portes, mais la tournée ne fait que commencer. Avec Glowy comme trait d’union et l’appui des pouvoirs publics comme guide, l’objectif de 55 entreprises nationales à l’horizon 2035 se précise. L’export vers les États-Unis cesse d’être une utopie. Il devient, étape après étape, une option concrète pour les petites et moyennes entreprises camerounaises.
