Par Mon’Esse
Les descentes menées sur le terrain par les équipes de la Société camerounaise d’électricité (Socadel), le nouvel opérateur du secteur dans le pays, ont permis d’identifier environ 3000 cas de fraude en seulement trois semaines rien que dans les métropoles politique et économique du pays, Yaoundé et Douala.
Selon le gouvernement, les chiffres liés à ce phénomène s’estiment à 60 milliards francs de pertes par an.
Face à ce constat alarmant, le ministre de l’Energie, Gaston Eloundou Essomba, pense que le recouvrement des recettes à travers la traque des fraudeurs devient un axe majeur de redressement du secteur : «En effet, la multiplication des vols de courant et des raccordements illégaux s’apparente à une véritable hémorragie financière qui doit impérativement cesser, si l’on veut sécuriser les budgets d’investissement futurs.»
Il s’agira donc, pour la Socadel au cours des 100 premiers jours, de mener une lutte acharnée contre la fraude, à travers l’intensification des opérations coup de poing dans tous les quartiers, de jour comme de nuit, pour traquer les fraudeurs, a-t-il annoncé jeudi lors d’une prise de parole publique.
Le gouvernement a indiqué qu’il accompagnera cette dynamique avec la mise en place d’une brigade nationale de lutte contre la fraude, avec pour mission de traquer les fraudeurs jusqu’à leurs derniers retranchements.
Par ailleurs, au niveau même du gouvernement, des mesures sont d’ores et déjà annoncées pour le traitement en priorité des factures d’électricité des entités publiques, au même titre que les salaires des agents publics, afin d’éviter au maximum l’accumulation des impayés de ces entités, autre plaie de l’opérateur d’électricité.
Considéré comme l’un des chantiers majeurs du plan de restructuration 2026-2028 de l’ex-Energy of Cameroon (Eneo), repris par le gouvernement voici quelques semaines, son budget d’investissement, à titre d’illustration, était de 53 milliards de francs en 2024, après 33,3 milliards de francs une année plus tôt.
