Par Ilyass Chirac Poumie
Dans un communiqué publié le 11 juillet 2026, Issa Tchiroma Bakary, qui se présente comme « Président élu », affirme avoir saisi la justice helvétique sur le fondement de la compétence universelle. Selon ses avocats, cette procédure s’appuie notamment sur la Convention des Nations unies contre la torture de 1984 et la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées de 2006.
Les plaignants indiquent que cette initiative fait suite à une première action judiciaire engagée en France le 12 juin 2026 sur des fondements juridiques similaires.
Selon le communiqué, la première plainte porte sur des crimes présumés commis lors de la répression des manifestations et contestations ayant suivi le scrutin présidentiel d’octobre 2025. Les requérants évoquent des arrestations arbitraires, des actes de torture, des disparitions forcées et des homicides qui auraient visé des opposants politiques et des militants.
La seconde plainte est consacrée à l’assassinat d’Anicet Ekané. Les plaignants estiment que ce dossier illustre ce qu’ils qualifient de « ciblage méthodique » de personnalités de l’opposition. À ce stade, les autorités judiciaires suisses ne se sont pas exprimées publiquement sur ces accusations.
Les documents cités par l’opposition désignent plusieurs anciens responsables de l’État camerounais, dont Paul Biya, Ferdinand Ngoh Ngoh, Paul Atanga Nji, Joseph Beti Assomo, Clément Atangana et Erik Essousse. Les plaintes viseraient également plusieurs responsables des forces de sécurité, identifiés individuellement par les plaignants.
L’opposition affirme que cette démarche vise à engager la responsabilité pénale individuelle des personnes qu’elle accuse d’avoir participé, à différents niveaux, aux violations alléguées des droits humains.
À ce stade, aucune mise en accusation ni décision judiciaire n’a été rendue par les autorités suisses. Les personnes citées dans les plaintes bénéficient de la présomption d’innocence. Les autorités camerounaises n’ont pas encore officiellement réagi à cette nouvelle procédure.
La compétence universelle permet, dans certaines conditions prévues par le droit international et le droit national, à un État de poursuivre les auteurs présumés de crimes particulièrement graves, tels que la torture, les crimes contre l’humanité ou les disparitions forcées, indépendamment du lieu où ces faits auraient été commis. Son application reste toutefois soumise à des conditions strictes et relève de l’appréciation des autorités judiciaires compétentes.
